Vœux du centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze : une direction commune aux hôpitaux de Bagnols sur Cèze et Pont Saint Esprit annoncée

La cérémonie des vœux du centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze s’est tenue ce jeudi 8 janvier, dans un contexte à la fois exigeant et porteur d’espoir. Autour du directeur Jean-Philippe Sajus, du président de la commission médicale d’établissement (CME) Pierre Kovalevsky et du président du conseil de surveillance et maire de Bagnols-sur-Cèze Jean-Yves Chapelet, ce rendez-vous annuel a été l’occasion d’un moment de rassemblement, de bilan et de projection, « pour dire les choses avec clarté, responsabilité et confiance ».
D’emblée, la direction a rappelé le contexte sanitaire marqué par une forte tension épidémique, avec un appel renouvelé au port du masque obligatoire au sein de l’établissement : « Nous protégeons à la fois les patients et les professionnels », a insisté Jean-Philippe Sajus.
Une activité en forte hausse malgré un contexte national contraint
Dans un contexte national de fortes tensions sur les ressources humaines et financières, l’hôpital de Bagnols-sur-Cèze « tient parfaitement sa place ». L’activité progresse de 12 % par rapport à 2019, traduisant la montée en charge de l’établissement et sa centralité sur le territoire.
Cette dynamique est particulièrement marquée en chirurgie orthopédique et viscérale, confirmant « la qualité du plateau technique et l’engagement des équipes médicales et non médicales ». Le directeur a tenu à adresser une pensée appuyée à l’ensemble du personnel : « Ces résultats ne sont possibles que grâce à votre mobilisation collective et à votre attachement profond au service public hospitalier. »
L’établissement assume pleinement sa mission de service public, dans un territoire où le secteur privé s’est largement retiré, ce qui renforce encore sa responsabilité à l’égard de la population.
Des contraintes structurelles toujours lourdes
Malgré cette progression d’activité, l’hôpital reste confronté à un déficit structurel ancien, lié à un déséquilibre entre ressources et charges, à des partenariats privés déséquilibrés et au gel des tarifs dans un contexte d’augmentation continue des coûts.
« Ces difficultés ne sont en aucun cas le reflet d’un manque d’engagement des équipes », a souligné Jean-Philippe Sajus. « Elles appellent des réponses structurelles et un accompagnement durable des politiques de santé. »
L’Agence régionale de santé Occitanie a été associée à cette démarche, notamment pour accompagner financièrement l’établissement face aux tensions de trésorerie.
Des investissements majeurs et une transformation assumée
Malgré ces contraintes, les avancées sont nombreuses :
- l’arrivée d’un troisième scanner en mai et une demande en cours pour un quatrième,
- l’extension et la restructuration des urgences, avec des travaux menés en site occupé,
- la préparation de la restructuration du service de soins médicaux et de réadaptation (SMR), après le retrait de la clinique de La Garaud,
- le développement de la médecine de jour et du virage ambulatoire,
- le renouvellement de l’ensemble des autorisations d’activité, témoignant de la solidité du projet médical.
Autant d’éléments qui traduisent « une dynamique de transformation assumée », selon le directeur.
Le projet d’établissement 2025-2029 constitue désormais le socle de cette ambition : qualité des soins, continuité des parcours et territorialité renforcée. L’année 2026 sera celle de la consolidation et de la poursuite des grands chantiers structurants, avec notamment l’espoir de voir s’achever les travaux des urgences fin 2026.
Parallèlement, l’agrandissement des consultations externes et l’extension de l’IFMS sont programmés. Le chantier de l’institut de formation débutera dans les prochaines semaines afin d’améliorer sensiblement l’accueil des étudiants et l’attractivité de l’établissement.
Une vision médicale tournée vers le territoire
Pour Pierre Kovalevsky, président de la CME, la cérémonie était avant tout l’occasion de rendre hommage « à l’ensemble des communautés soignantes et des équipes du centre hospitalier. C’est grâce à vos efforts que nous parvenons à répondre aux besoins du territoire à ce niveau d’activité. »
Il a rappelé les défis majeurs : pénurie de professionnels de santé, contraintes financières, vieillissement de la population et évolution des modes de prise en charge. « Nous ne pouvons plus travailler comme avant. Il faut renforcer l’existant, développer certaines spécialités insuffisamment présentes, poursuivre la hausse de la gériatrie et de la médecine polyvalente, et adapter nos organisations au virage ambulatoire. »
Le renforcement de la médecine d’urgence, l’ouverture d’un service de médecine de jour, le développement de prises en charge alternatives en obstétrique, ou encore la prise en compte de l’augmentation des troubles neurologiques chez l’enfant jusqu’à 12 ans, illustrent cette adaptation permanente.
Le rapprochement avec Pont-Saint-Esprit : une logique de complémentarité
Autre axe structurant : la mise en place en 2026 d’une direction commune avec le centre hospitalier de Pont-Saint-Esprit. « Il s’agit de travailler en complémentarité totale, dans le respect de l’autonomie et de l’identité de chaque établissement », a insisté la direction.
Laboratoire commun, médecins partagés, scanner à venir à Pont-Saint-Esprit, infirmières de parcours communes : cette intégration progressive doit permettre de renforcer l’offre de soins sur l’ensemble du bassin de vie, tout en pesant davantage face aux grands centres hospitaliers régionaux.
Le soutien politique, un levier essentiel
Jean-Yves Chapelet, maire de Bagnols-sur-Cèze, président du conseil de surveillance et vice-président de l’agglomération, a livré un témoignage personnel fort : « Si je suis là pour vous parler aujourd’hui, c’est que vous m’avez permis de passer de très près du trépas à la vie. Cet hôpital, c’est le centre de la ville et de l’agglomération. »
Il a rappelé l’engagement de l’ensemble des 44 communes pour soutenir cet équipement essentiel, et les réflexions engagées dans le cadre de la révision du PLU afin de dégager du foncier autour de l’hôpital (stationnement, nouveaux locaux, extensions futures).
Le rapprochement entre les deux hôpitaux, longtemps freiné par des « querelles anciennes », est désormais engagé : « Quand on pèse lourd, on peut parler fort. Se rassembler, c’est se donner les moyens de peser face à Alès et au même niveau que Nîmes-Caremeau. »
Une année d’espérance
Au terme de cette cérémonie à la fois sobre, lucide et volontaire, le mot qui domine est celui de l’espérance. Espérance dans la capacité du service public hospitalier à se transformer, à rester fidèle à ses valeurs tout en innovant, et à continuer de répondre aux besoins d’un territoire en mutation.
« Votre attachement au service public fait la force de cet établissement », a conclu Jean-Philippe Sajus. « Je veux vous assurer de mon engagement constant pour porter vos demandes et construire, avec vous, une année de santé, de cohésion et de confiance collective. »



