La dernière bataille avant le repos, dans un océan de sable

Au lendemain et au surlendemain de l’exigeante étape Marathon, le Dakar 2026 propose ce jeudi 9 janvier une séquence à la fois stratégique et spectaculaire entre Hail et Riyadh. Avec 920 kilomètres au programme — dont 331 kilomètres chronométrés — cette étape 6 constitue la dernière occasion de faire parler la poudre avant la journée de repos, programmée à l’arrivée dans la capitale saoudienne.
Une étape charnière, où les organismes sont déjà lourdement sollicités, où la mécanique commence à payer les kilomètres, et où chaque pilote ou équipage arbitre en permanence entre attaque franche et gestion raisonnée.
« En dépit du réveil ultra-matinal, la plus longue étape du Dakar est aussi la plus savoureuse pour les amoureux des dunes. Le parcours du jour se déploie notamment dans le secteur de Qassim, où se donnent rendez-vous les amateurs de tout-terrain saoudiens. Les cordons s’étendent à perte de vue, quelquefois séparés par une vallée, où l’on continue de rouler sur du sable, tout au long de la spéciale. Une fois le chronomètre arrêté, il restera une longue liaison pour arriver dans la capitale et profiter de la journée de repos. L’heure des premiers bilans. »
Ce décor spectaculaire, fait de dunes immenses, de successions de cordons et de zones de sable profond, offre un terrain de jeu rêvé aux spécialistes du pilotage dans le mou — mais constitue aussi un piège permanent pour les moins lucides ou les moins précis.
Moto : Sanders en patron, Brabec et Benavides en embuscade
Chez les motos, la hiérarchie reste extrêmement resserrée avant le départ de cette sixième journée. Daniel Sanders (Red Bull KTM Factory Racing) arrive avec le statut d’homme fort, tandis que Ricky Brabec (Monster Energy Honda HRC) et Luciano Benavides (Red Bull KTM) se tiennent en quelques minutes.
Dans ce type de terrain très sableux, les écarts peuvent se creuser très vite. Les leaders doivent ouvrir la piste, gérer la navigation et éviter la moindre erreur, pendant que leurs poursuivants peuvent tenter des coups plus offensifs.
Tosha Schareina et Ignacio Cornejo restent également dans le jeu et peuvent profiter de la moindre défaillance pour revenir au contact.
Auto : Al-Attiyah, Ekström, Roma… un trio sous tension
En auto, cette étape longue et usante constitue un test grandeur nature pour les mécaniques comme pour les organismes. Nasser Al-Attiyah (Toyota Gazoo Racing) aborde la journée avec l’ambition de profiter du sable pour reprendre la main, tandis que les Ford de Mattias Ekström et Nani Roma entendent bien défendre leurs positions.
Carlos Sainz joue lui aussi une carte stratégique : attaquer pour recoller ou gérer pour préserver la voiture avant la suite du rallye.
Dans cette configuration, chaque choix de trajectoire, chaque arrêt dans une dune, chaque hésitation de navigation peut coûter très cher.
Une respiration attendue avant une deuxième semaine décisive
Au-delà du résultat brut, cette étape 6 marque surtout un moment clé du Dakar 2026. Après six jours de course, deux nuits sans assistance lors de la Marathon, et une accumulation de fatigue physique et mentale, la journée de repos à Riyadh représente une respiration indispensable.
Les corps récupèrent, les équipes révisent entièrement les machines, les stratégies s’ajustent, et chacun commence déjà à regarder vers la deuxième semaine, traditionnellement plus sélective encore.
Dans cet océan de sable du Qassim, certains tentent de marquer leur territoire. D’autres cherchent surtout à survivre. Tous savent que le Dakar ne se joue jamais vraiment avant d’avoir traversé cette première grande bascule.



