Laurent Burgoa : une année 2025 marquée par l’eau, la solidarité et les libertés publiques, avant un agenda 2026 dense au Sénat

À l’occasion de ses vœux à la presse, le sénateur du Gard Laurent Burgoa a dressé le bilan de son activité parlementaire en 2025 et esquissé les grands axes de travail qui l’attendent en 2026. Entre commission d’enquête sur les eaux minérales, débats sociétaux majeurs, finances publiques et transition des territoires, l’élu revendique un rôle de sénateur « de terrain », attaché à la responsabilité et au dialogue.
2025 : l’année de la commission d’enquête sur les eaux minérales
Le temps fort de l’année 2025 pour Laurent Burgoa restera la présidence de la commission d’enquête sénatoriale sur les pratiques des industriels de l’eau en bouteille. Une mission qu’il dit avoir acceptée « par sens des responsabilités », malgré sa sensibilité territoriale sur le dossier.
Cette commission lui a permis, selon ses mots, de mieux comprendre le fonctionnement industriel du secteur, de travailler étroitement avec les services de l’État, et de contribuer à une meilleure coordination entre préfectures, agences sanitaires et administrations centrales.
Il salue la décision du préfet du Gard autorisant la microfiltration à 0,45 micron sur certains forages, dans l’attente d’un avis scientifique national sur les seuils acceptables, et appelle à ce que l’État dispose d’une base scientifique claire pour ses futures décisions.
Mais il regrette l’attitude des dirigeants de Nestlé Waters lors des auditions, jugeant leur posture « dénégatrice » et nuisible à la confiance.
Au-delà de la question industrielle, il identifie un enjeu majeur : la qualité de la nappe phréatique du Gard, qu’il considère comme un chantier de long terme nécessitant la mobilisation conjointe des collectivités, de l’État et des acteurs économiques.
Une implication forte sur les sujets sociaux et de solidarité
En 2025, Laurent Burgoa a également été rapporteur pour avis sur la partie « solidarité, insertion et égalité des chances » du projet de loi de finances, couvrant notamment l’aide alimentaire, le handicap, l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les violences intrafamiliales.
Il souligne l’importance de ces politiques publiques dans un contexte social tendu, et regrette que les arbitrages budgétaires nationaux ne reflètent pas toujours l’ampleur des besoins locaux, notamment pour les départements en difficulté.
2026 : ruralité, collectivités et grands débats sociétaux
Pour 2026, le sénateur annonce un programme chargé.
Il est engagé dans une mission de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales sur la transition et la ruralité, avec la rédaction d’un rapport attendu avant l’été. Cette mission doit notamment s’intéresser à l’adaptation des politiques publiques aux réalités des territoires ruraux, souvent confrontés à un empilement normatif jugé peu lisible.
Il suivra également de près deux grands textes sociétaux : les soins palliatifs et la fin de vie.
Sur les soins palliatifs, il se félicite des avancées visant à renforcer la prise en charge, notamment pour les enfants et les jeunes, et rappelle que certains départements ne disposent toujours pas d’unités spécialisées.
Sur la fin de vie, il revendique une position personnelle « ni dogmatique ni permissive », favorable à une évolution encadrée de la loi, avec des garde-fous stricts, une clause de conscience pour les soignants et un refus de toute dérive à l’étranger. Il plaide pour des débats apaisés et n’exclut pas l’idée d’un référendum.
Budget, institutions et responsabilité politique
Laurent Burgoa entend rester très vigilant sur les finances publiques en 2026. Il soutient l’adoption d’un budget, y compris par des procédures exceptionnelles si nécessaire, afin d’éviter une paralysie de l’État. Il défend la position du Sénat consistant à limiter la pression fiscale et à contenir les dépenses de fonctionnement.
Il alerte aussi sur les risques d’une défiance croissante envers les institutions, alimentée selon lui par une remise en cause permanente de la démocratie représentative et de son coût.
« La démocratie a un prix, mais le populisme en a un encore plus élevé », résume-t-il.
Une conception humaniste du rôle de sénateur
Enfin, au-delà des textes et des commissions, Laurent Burgoa revendique une conception très incarnée de son mandat : visites régulières dans les communes, rencontres avec les élus, interventions dans les écoles pour expliquer le rôle des institutions, et disponibilité vis-à-vis des citoyens.
Il refuse toute délégation excessive de la parole politique à des outils technologiques, notamment l’intelligence artificielle, et défend une politique fondée sur la relation humaine, la pédagogie et la responsabilité.
Pour lui, l’année 2026 devra conjuguer réformes nécessaires, protection des plus fragiles et respect des libertés individuelles, dans un contexte où, selon ses mots, « l’essentiel est de rester fidèle à une colonne vertébrale politique claire ».



