Municipales 2026 à Bagnols-sur-Cèze : le PCF apporte son soutien à Philippe Broche

À un peu plus de deux mois des élections municipales de mars 2026 à Bagnols-sur-Cèze, le Parti communiste français (PCF) a officiellement annoncé, par la voix de son secrétaire local Elian Cellier, son soutien à la candidature de Philippe Broche et de sa liste « Ensemble, Changeons Bagnols ». Une décision actée lors d’une conférence de presse de la section communiste locale, qui a également confirmé la présence de trois de ses membres sur la liste du candidat, dans une logique affichée de large union à gauche face au Rassemblement national.
Pour les communistes bagnolais, le contexte politique local impose désormais des choix clairs.
Une union de la gauche jugée impossible
Si le PCF s’est longtemps prononcé pour une union des forces de gauche – un appel commun ayant été lancé le 18 juin par le PCF, le PS, le PRG et le mouvement de François Ruffin soutenant Jérôme Jackel –, les communistes disent avoir rapidement constaté l’absence de dynamique réelle. Après un rappel adressé le 20 novembre, les discussions se sont enlisées.
« J’ai rencontré Vincent Poutier, qui m’a indiqué que sa mission s’arrêtait là. Puis le Parti socialiste a désigné Sylvain Hill comme chef de file. Cinquante jours après sa nomination, malgré plusieurs relances, je n’ai jamais eu de réponse de sa part », regrette un responsable communiste. Une absence de dialogue interprétée comme un échec de la mission confiée au représentant socialiste, d’autant plus que celui-ci est jugé peu identifié par la population et n’a jamais revendiqué publiquement son étiquette politique.
Pour le PCF, l’équipe menée par Michel Cegielski, à laquelle Sylvain Hill est associé, porte par ailleurs « une large part du bilan de l’actuelle majorité ». « Quand on n’a exprimé aucune critique publique pendant 17 ans, il est difficile d’incarner une alternative crédible », tranche la section.
Philippe Broche, « l’alternative réelle »
Faute d’union à gauche, les communistes disent s’être tournés vers « la seule alternative réelle à l’équipe sortante », incarnée selon eux par Philippe Broche. « C’est aussi la seule liste capable de contrer la députée RN Pascale Bordes. Si Jean-Yves Chapelet se retrouve face au RN au second tour, il sera battu. Il faut absolument être au second tour », martèle le PCF.
Le parti met en avant la compétence des colistiers de Philippe Broche et sa capacité à impulser une nouvelle direction pour la ville. Trois membres du PCF figureront ainsi sur la liste : Élian Cellier, Marielle Izerd-Tortai et Corinne Cancel.
Trois profils, trois champs de compétences
Installée à Bagnols-sur-Cèze depuis 2008, Marielle Izerd-Tortai, retraitée de la fonction publique territoriale et communiste depuis 1978, explique avoir accepté la proposition de Philippe Broche « avec intérêt ». Engagée de longue date dans la gestion des collectivités, vice-présidente de l’association TER Rive Droite et investie à la Maison des Alternatives Solidaires (MAS), elle a notamment travaillé sur l’analyse des finances communales.
« En deux ans, la situation financière s’est nettement dégradée, malgré des discours rassurants. La dépendance à l’endettement devient préoccupante », alerte-t-elle, chiffres à l’appui, évoquant une dette fournisseur en hausse, un solde bancaire en chute libre et un recours accru à la trésorerie.
Corinne Cancel, retraitée de l’Éducation nationale après avoir enseigné au lycée de Bagnols-sur-Cèze depuis 1989, se dit motivée par « l’appauvrissement progressif des élèves et des habitants ». Militante communiste de longue date, issue d’une famille marquée par l’histoire de l’exil républicain espagnol, elle souhaite « mettre un frein à la peau de chagrin que devient la ville ». Engagée au sein du Conseil de développement (CODEV) de l’agglomération, elle dénonce un fonctionnement qu’elle qualifie de « chambre d’enregistrement », notamment sur les questions de désert médical ou l’installation de box de téléconsultation jugées inefficaces et coûteuses.
Enfin, Élian Cellier, membre du PCF depuis la chute du mur de Berlin, ancien élu à Laudun et installé à Bagnols-sur-Cèze depuis 2008, apportera son expertise sur les questions de mobilité et de finances publiques. Il pointe notamment les dérives liées à certains investissements structurants, comme la passerelle à 4 millions d’euros ou la gestion de l’eau, évoquant une situation de blocage entre l’agglomération et le SMEGA, « au détriment de l’intérêt général ».
Pour autant, le PCF assure aborder cette campagne « sans arrière-pensée ni ambition personnelle ». « Nous pensons que la liste de Philippe Broche est aujourd’hui la plus sérieuse. La multiplication des listes ne ferait que favoriser la qualification de la majorité sortante et le RN au second tour », conclut la section, déterminée à « faire bouger la ville » et à redonner à Bagnols-sur-Cèze « énergie, dynamisme et perspectives ».



