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Pont-Saint-Esprit : santé et solidarité, le “pont” comme boussole d’un mandat et d’une feuille de route

Pont-Saint-Esprit n’est pas seulement une ville au carrefour du Gard, de l’Ardèche, du Vaucluse, avec un lien naturel vers la Drôme. C’est aussi un symbole. Celui d’un pont qui traverse le Rhône depuis des siècles, « bien plus qu’un ouvrage d’art » : un passage, une rencontre, une connexion. C’est par cette image que l’équipe municipale sortante menée par Valère Segal a choisi d’ouvrir sa prise de parole consacrée à la santé et à la solidarité, deux axes présentés comme le cœur battant du projet spiripontain.

« Bâtir des ponts plutôt que des murs, créer des connexions plutôt que des fractures », résume le maire, radiologue de profession, glissant au passage une pointe d’humour sur les “fractures” qu’il connaît aussi dans son métier. Pour l’équipe, le pont est également « un symbole de changement » – aller d’une rive à l’autre – et « un symbole de continuité » pour le chemin engagé.

“Rêver demain” et embarquer la ville

Retour en 2024 : l’équipe dit avoir “rêvé” Pont-Saint-Esprit demain, avec une volonté de proximité et de confiance entre les habitants et leurs élus, à travers le dialogue, la participation citoyenne et le vivre-ensemble. Dans ce récit des “20 derniers mois”, l’orientation est claire : travailler avec les associations, les partenaires institutionnels (État, Région, Département, Agglomération) et en mobiliser de nouveaux pour mener « des actions à taille humaine » ayant « un impact réel, concret » dans la vie quotidienne.

Vérah Randrianasolonandrasana, adjointe chargée du social et de la solidarité inscrit cette politique dans la même logique que le symbole du pont : retisser des liens. « Elle vise à garantir que chaque quartier, chaque famille, chaque enfant puisse bénéficier des mêmes chances pour réussir et s’épanouir », explique-t-elle. Avec une ligne directrice : faire de l’espace public un véritable lieu de rencontre, de partage et de sécurité ; soutenir les écoles et les dispositifs éducatifs – notamment via le Programme de réussite éducative – et prendre soin des aînés par des services, animations et accompagnements adaptés.

Une politique sociale “structurée, ambitieuse et partenariale”

La méthode revendiquée est partenariale, articulée avec les institutions, le tissu associatif, les acteurs locaux et les habitants. « La véritable richesse de cette politique se mesure en parcours de vie, en réussite individuelle et collective », insiste l’élue, qui dit recevoir régulièrement des retours de seniors, de parents, de jeunes : « merci pour ces actions à taille humaine ».

Elle en profite pour saluer « l’engagement des femmes et des hommes qui, souvent dans l’ombre, travaillent au quotidien pour maintenir le lien social dans un contexte sensible et anxiogène ».

Des réalisations mises en avant : aînés, familles, jeunesse, cadre de vie

Plusieurs actions concrètes sont revendiquées en fin de mandature.

Pour les aînés :

  • la descente du service seniors au rez-de-chaussée pour renforcer l’accessibilité ;
  • la célébration des centenaires, initiative proposée par un agent municipal et soutenue par la collectivité ;
  • la mise en place des bons de Noël, présentés comme un double levier : élargir le nombre de bénéficiaires et dynamiser le commerce local ;
  • des ateliers d’initiation au numérique et des actions “seniors en forme”.

Pour les familles :

  • des sorties en car, inexistantes auparavant selon l’équipe, avec une logique de participation : destinations choisies par vote des habitants, organisées via l’espace de vie sociale ;
  • un plan pluriannuel de végétalisation du centre ancien, construit avec habitants, associations, élus, services municipaux et bailleurs sociaux ;
  • la création de deux aires de compostage collectif.

Pour les jeunes :

  • des actions autour de la lutte contre l’exposition aux écrans, dont un challenge “(…) sans écran” ;
  • le soutien aux projets du Conseil municipal des jeunes (CMJ), via un système de parrainage élu-jeune et quatre commissions thématiques : cadre de vie, solidarité, affaires scolaires, culture et festivités ;
  • des actions de prévention des addictions.

Dans les quartiers : Valère Segal revendique une démarche de terrain, avec rencontres, “remontées” et traductions en réalisations. Exemple détaillé : dans un quartier où l’arrêt de bus était jugé trop éloigné pour les familles, personnes âgées et enfants scolarisés, un nouvel arrêt a été créé, avec adaptation du circuit de navette en lien avec l’intercommunalité. S’ajoutent un réaménagement de parking, le recours à une caméra mobile contre les dépôts sauvages et des travaux sur une aire de jeux “en piteux état”.

Insertion et accès aux droits : formations locales et accompagnement numérique

Autre volet : l’insertion des personnes éloignées de l’emploi. La ville a mis des locaux municipaux à disposition via une location, afin d’accueillir des formations professionnelles “avec contrats à la clé”. Exemple cité : une préparation au métier de chauffeur de bus/transport en commun, avec une douzaine de Spiripontains en formation et des recrutements déjà effectifs. L’équipe évoque aussi :

  • des tables rondes et rencontres avec des secteurs qui recrutent ;
  • des visites d’entreprises locales ;
  • un développement de l’accueil de stagiaires en mairie, en partenariat avec France Travail ;
  • des actions en faveur des travailleurs handicapés.

Sur l’accès aux droits, le CCAS et les services municipaux mettent en avant des ateliers numériques pour accompagner les habitants dans les démarches en ligne (prestations sociales, services publics, paiements).

Santé : la “locomotive” pour sortir du marasme médical

Le volet santé occupe une place centrale dans la séquence. Constat posé : au début de l’été 2025, Pont-Saint-Esprit ne comptait plus « qu’un seul médecin » pour une ville d’environ 11 000 habitants, loin de la situation des années 2000 évoquée comme un repère par Valère Segal, été de liste « Réussir le Pont de Demain ».

Face à cette pénurie, Valère Segal explique avoir cherché à “créer une dynamique” pour rendre la commune plus attractive. Un guide de “parcours de soins” a été réalisé pour recenser les professionnels disponibles sur le territoire et orienter les patients dans une période où les démarches deviennent complexes.

Avec l’arrivée de nouveaux médecins, le maire mobilise une métaphore : une « locomotive » appelée à attirer progressivement d’autres “wagons”, autrement dit d’autres professionnels. Il répond aussi aux critiques : selon lui, l’existence de médecins ne signifie pas que tout le monde peut être pris en charge immédiatement. « Dire qu’il n’y a pas de train parce que le train est plein, ce n’est pas vrai. En revanche, dire qu’il n’y a pas assez de trains, oui. »

La maison de santé pluriprofessionnelle : un projet “de territoire”

La mesure structurante annoncée est la création d’une maison de santé pluridisciplinaire. L’équipe insiste sur la différence avec un simple cabinet : la logique serait celle d’une prise en charge globale, avec infirmiers, kinés, podologues, consultations assistées, téléconsultation, et des fonctions mutualisées (secrétariat, coordination), permettant à un médecin de suivre davantage de patients qu’en exercice isolé.

Le maire sortant défend aussi la pertinence du site envisagé, présenté comme stratégique : accessibilité, stationnement, proximité des secours, des forces de sécurité, capacité d’accueil d’un flux important de patients. Et il martèle : ce pôle n’aurait pas vocation à servir uniquement Pont-Saint-Esprit, mais l’ensemble du territoire, sans distinction d’origine communale.

Dans ce cadre, l’intercommunalité est explicitement citée : la santé est présentée comme un sujet à traiter à l’échelle de l’agglomération, avec un besoin de schéma de maillage (pôles complémentaires sur plusieurs secteurs) pour éviter un “chacun pour soi” municipal. L’équipe évoque aussi les financements possibles (Région, Département, ARS, Europe) et une démarche de labellisation, dans un contexte où le territoire est identifié comme prioritaire sur la carte de la santé.

Prévenir pour mieux vivre : sport-santé, alimentation, bien vieillir

Au-delà des médecins, l’équipe revendique une approche plus large de la santé publique :

  • conférences et actions de prévention (papillomavirus, risques cardio-vasculaires, burn-out, dépression) menées avec associations et CPTS ;
  • promotion de l’activité physique dans une logique sport-santé, “bien manger dès le plus jeune âge” ;
  • poursuite de dispositifs comme “seniors en forme”, les cours “savoir nager”, et le soutien au sport adapté (mobilité, autonomie, équilibre).

Sur le vieillissement, l’équipe sortante dit vouloir poursuivre une démarche vers le label “Ville amie des aînés”, engagée depuis l’été, avec ateliers participatifs. Parmi les besoins exprimés, l’idée d’un espace de vie dédié aux seniors, regroupant rencontres, accueil associatif et services administratifs.

S’ajoutent des projets de lutte contre l’isolement (visites à domicile), avec des pistes partenariales, notamment avec La Poste et son réseau, ainsi que des outils d’autonomie connectée. Enfin, l’équipe évoque la question des résidences seniors dans le cadre de la révision du document d’urbanisme.

Une feuille de route : prudence financière et adhésion des habitants

En conclusion, le cap affiché est celui d’actions “concrètes”, menées « avec prudence et patience », en sécurisant les financements et en recherchant l’adhésion des habitants. L’objectif final est formulé comme une promesse de ville : « vivante, dynamique et solidaire, où il fait bon vivre, bien travailler, bien grandir et bien vieillir ».

Pour l’élue au social, quel que soit l’avenir politique, le bilan humain prime : « changer des vies » reste « l’essentiel » et « le symbole » de son engagement. Une dernière manière, encore, de revenir au pont : celui qui relie les politiques publiques aux réalités quotidiennes.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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