Bagnols-sur-Cèze : une cérémonie du 19 mars sous le signe du souvenir et de la transmission

En ce 19 mars, la Ville de Bagnols-sur-Cèze a rendu hommage aux victimes de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, à l’occasion de la journée nationale du souvenir et de recueillement. Une cérémonie empreinte d’émotion, marquée par les prises de parole des autorités locales et des représentants du monde combattant.
Un message officiel pour honorer toutes les victimes
La cérémonie a débuté par la lecture du message ministériel par Christine Muccio, adjointe au maire. Dans ce texte signé par Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, la Nation appelle à se souvenir « des victimes civiles et militaires, connues ou inconnues ».
Le message rappelle le lourd bilan de ce conflit longtemps qualifié d’« événements » : plus de 25 000 morts pour la France et près de 70 000 blessés. Il souligne également la reconnaissance progressive de cette guerre, officiellement nommée comme telle en 1999, ainsi que l’instauration de cette journée commémorative en 2012.
Au-delà des soldats, l’hommage s’est étendu à toutes les mémoires : harkis contraints à l’exil, Français d’Algérie déracinés, civils victimes des violences et familles marquées à jamais par l’absence de disparus. « C’est devant chacune de ces vies que nous nous inclinons aujourd’hui », rappelle le texte, insistant sur le devoir de transmission aux générations futures.
La FNACA appelle à transmettre la mémoire
Prenant la parole, Jean-Louis Bouchon, président local de la FNACA, a insisté sur la nécessité de ne pas oublier toutes les victimes, y compris celles tombées après le cessez-le-feu du 19 mars 1962.
Il a évoqué une génération de jeunes appelés, souvent mineurs et privés du droit de vote, plongés dans un conflit dont ils n’étaient pas acteurs volontaires. « Aujourd’hui, nous nous souvenons, nous nous recueillons et rendons hommage à toutes les victimes de cette guerre », a-t-il déclaré.
Face au temps qui passe et à la disparition progressive des témoins directs, il a lancé un appel appuyé à la jeunesse : devenir « les ambassadeurs de cette mémoire », pour construire un avenir fondé sur « la tolérance, le respect et la paix ». Un message fort, appelant à maintenir vivante « la flamme du souvenir » contre l’indifférence et l’oubli.
Jean-Yves Chapelet : « Une mémoire qui ne passe pas »
Le maire de Bagnols-sur-Cèze, Jean-Yves Chapelet, a clôturé les prises de parole avec un discours mêlant mémoire personnelle et réflexion historique. Citant Albert Camus — « De l’Algérie, on ne guérit jamais » — il a évoqué une guerre aux multiples facettes, faite à la fois de violence, mais aussi de liens humains forts entre frères d’armes.
Il a rappelé l’engagement des soldats, appelés, militaires de carrière et harkis, unis sur le terrain dans des conditions difficiles, des montagnes escarpées aux vallées piégeuses. « Ils ont tenu des positions, veillé des nuits entières », a-t-il souligné, décrivant la rudesse du conflit.
Pour l’élu, « la guerre d’Algérie est un passé qui ne passe pas », tant elle reste chargée de blessures et de mémoires encore sensibles. Il a également insisté sur la nécessité de ne jamais abandonner ceux qui ont combattu aux côtés de la France, rappelant les responsabilités historiques qui en découlent.
Enfin, dans un message tourné vers l’avenir, il a appelé à regarder la vie sans crainte, tout en continuant à faire vivre cette mémoire collective.



