Hausse des carburants : les salariés de l’aide à domicile tirent la sonnette d’alarme

La hausse continue des prix du carburant provoque une vive inquiétude dans le secteur de l’aide à domicile. Dans un communiqué, les élus du comité social et économique (CSE) de l’association Bonjours groupe Présence 30 dénoncent une situation devenue « critique » et appellent les pouvoirs publics à agir rapidement.
Au cœur du problème : un décalage croissant entre les coûts réels supportés par les salariés et les remboursements prévus. Les frais kilométriques sont aujourd’hui fixés à 0,38 € par kilomètre, un tarif inchangé depuis mars 2022 dans le cadre de la Convention collective nationale BAD. Un montant jugé largement insuffisant au regard de l’augmentation du prix des carburants.
« Nous sommes en situation de précarité et travaillons à perte », alertent les représentants du personnel. Faute de revalorisation, les professionnels du secteur absorbent eux-mêmes la hausse des dépenses liées à leurs déplacements quotidiens.
Un métier essentiel fragilisé
Cette situation impacte directement les métiers de l’aide à domicile, pourtant essentiels au maintien à domicile des personnes âgées ou en situation de fragilité. « Ce n’est plus tenable », résument les élus du CSE, qui décrivent une dégradation progressive des conditions de travail.
Au-delà de l’aspect économique, les conséquences pourraient être lourdes sur le plan social. Sans carburant, les intervenants ne peuvent plus se déplacer, ce qui signifie moins d’interventions, moins de suivi, et une rupture du lien social pour les bénéficiaires. À terme, c’est la sécurité même des personnes aidées qui pourrait être mise en danger.
Un appel à des mesures urgentes
Face à cette situation, les représentants des salariés réclament des mesures concrètes et rapides. Ils indiquent être dans l’attente d’un rendez-vous avec le Conseil départemental du Gard afin d’ouvrir des discussions et trouver des solutions durables.
Parmi les pistes évoquées implicitement : une revalorisation des indemnités kilométriques ou la mise en place d’aides spécifiques pour compenser l’augmentation des coûts de déplacement.
En conclusion, les élus du CSE rappellent une évidence : « On peut toujours parler de solidarité… encore faut-il pouvoir mettre la clé dans le contact. » Une formule qui résume l’urgence ressentie sur le terrain, où l’équilibre économique des salariés repose désormais sur des arbitrages devenus intenables.



