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Grand Avignon : une nouvelle gouvernance s’installe sous la présidence d’Olivier Galzi

C’est une page qui se tourne au Grand Avignon. Lors du conseil communautaire d’installation, organisé dans un contexte politique recomposé, les élus ont procédé à la mise en place du nouvel exécutif de l’agglomération. À sa tête, Olivier Galzi, maire d’Avignon, a été largement élu président, marquant également l’entrée du Rassemblement national dans l’exécutif communautaire.

Une assemblée renouvelée et un passage de témoin chargé d’émotion

Le Grand Avignon, qui regroupe 16 communes, entame un nouveau mandat avec un conseil communautaire renouvelé à 60 %, une recomposition significative présentée comme prometteuse pour les années à venir.

Présidée initialement par le doyen d’âge, la réunion a débuté par une intervention de Joël Guin, président sortant. Visiblement ému, il a souhaité la bienvenue aux nouveaux élus :

« Vous allez démarrer un mandat pour le Grand Avignon qui est une belle institution. »

L’ancien président a tenu à remercier son équipe pour le travail accompli, évoquant « un pincement au cœur » au moment de passer le relais. Il a également insisté sur la qualité du personnel de l’agglomération, « des gens professionnels » capables d’accompagner les élus dans leurs décisions.

Olivier Galzi élu président, malgré des tensions sur la procédure

La candidature d’Olivier Galzi a été proposée par Joël Guin. Face à lui, deux autres candidatures ont émergé : celle de Mathilde Louvin, élue d’opposition à Avignon, et celle de Mouloud Rezouali.

Ce dernier a demandé un vote à bulletin physique (alors que le Grand Avignon procède par vote électronique), regrettant notamment l’impossibilité pour les candidats de présenter officiellement leur projet. Une critique également formulée par Mathilde Louvin, qui s’est dite « étonnée » de ne pas voir cette possibilité inscrite à l’ordre du jour.

Malgré ces réserves, Olivier Galzi a été largement élu avec 87 % des voix.

Dans son discours, le nouveau président a posé les bases de sa ligne politique, centrée sur l’unité :

« L’union fait la force. Une division aurait été mortelle. »

Il a appelé à dépasser les clivages entre Avignon et les autres communes, mais aussi entre les territoires du Gard et du Vaucluse, refusant toute logique de bloc :

« L’agglomération doit agglomérer. Un plus un doit faire trois. »

Un cap fixé sur les grands enjeux du territoire

Le nouveau président a détaillé les priorités du mandat : développement économique, transition écologique, logement et mobilités à l’échelle du bassin de vie.

Souhaitant un fonctionnement collectif, il a affirmé vouloir associer l’ensemble des maires à la gouvernance, en faisant du bureau communautaire une « table ronde de pairs ».

« Mon projet de territoire, c’est le vôtre. »

Sur plusieurs dossiers structurants, Olivier Galzi a affiché des positions claires :

  • opposition à la gratuité totale des transports, jugée trop coûteuse (environ 6 millions d’euros),
  • volonté de relancer le projet de la LEO (Liaison Est-Ouest), qu’il considère comme essentiel pour le territoire,
  • ouverture au dialogue politique : « Je suis un démocrate qui entend travailler avec tout le monde. »

Une opposition vigilante sur le social et l’environnement

Dans l’opposition, Mathilde Louvin a défendu une vision axée sur la justice sociale et environnementale. Elle a décrit une agglomération « riche de ressources mais marquée par des inégalités fortes », et s’est positionnée comme la porte-voix des habitants les moins entendus.

Elle a notamment plaidé pour :

  • un retour à une régie publique de l’eau,
  • la gratuité des transports pour les moins de 25 ans,
  • une planification écologique intégrant pleinement les enjeux sociaux.

Elle a également critiqué des « arrangements politiques » incluant le Rassemblement national, assurant que son groupe siègerait « avec sérieux et vigilance ».

De son côté, Mouloud Rezouali a dénoncé un « ratage » dans l’organisation du scrutin et insisté sur plusieurs priorités : indépendance énergétique, préservation des terres agricoles et opposition au projet de la LEO.

L’élection des vice-présidents structure l’exécutif

Dans la continuité, les élus ont procédé à l’élection des 15 vice-présidents, qui composeront l’exécutif du Grand Avignon aux côtés du président.

Ont été élus vice-présidents :

  • Pascale Bories (Villeneuve-lès-Avignon)
  • Joris Hébrard (Le Pontet)
  • Martine Durieu (Vedène)
  • Grégoire Souque (Morières-lès-Avignon)
  • William Bouquet (Entraigues sur la Sorgues)
  • Paul Mély (Les Angles)
  • Patrick Sandevoir (Rochefort-du-Gard)
  • Philippe Inderbitzin (Roquemaure)
  • Claude Morel (Caumont sur Durance)
  • Lionel Fischer (Saint Saturnin les Avignon)
  • Sandrine Soulier (Pujaut)
  • Philippe Armengol (Velleron)
  • Yvan Bourelly (Saze)
  • Jacques Demanse (Sauveterre)
  • Dominique Ancey (Jonquerettes)

Ces élections ont donné lieu à plusieurs échanges tendus, notamment sur la question des alliances politiques. Jean-Firmin Bardiza a ainsi défendu une ligne claire, refusant toute alliance avec l’extrême droite et appelant à la cohérence plutôt qu’aux compromis d’opportunité.

Malgré ces débats, Olivier Galzi s’est félicité de l’issue du scrutin :

« L’unité du territoire se confirme à l’occasion de l’élection de ces 15 vice-présidents. »

Plusieurs élus ont également souligné la place importante des femmes dans ce nouvel exécutif.

Un mandat placé sous tension mais tourné vers l’action

Ce conseil d’installation ouvre une mandature à forts enjeux. Entre volonté affichée de rassemblement et divergences politiques marquées, notamment sur les questions d’alliances et de projets structurants, l’équilibre de la gouvernance sera scruté de près.

Le Grand Avignon dispose désormais de son nouvel exécutif. Reste à traduire cette ambition d’unité en politiques concrètes, à la hauteur des attentes des habitants du territoire.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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