Rentrée 2026 : fermetures de classes, nouveaux dispositifs et surveillance renforcée dans le Gard rhodanien

Le Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) du Gard s’est réuni ce vendredi 17 avril afin d’arrêter la carte scolaire en vue de la rentrée 2026. Autour de la table figuraient les représentants des personnels, des collectivités territoriales et des familles. À l’issue des échanges, le projet présenté par la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale a été entériné avec 16 voix contre et 5 abstentions.
Dans un contexte marqué par une baisse démographique importante, avec 1 202 élèves de moins attendus dans le premier degré à la rentrée prochaine dans le Gard, la répartition des moyens se veut, selon l’administration, « équitable et équilibrée » entre les territoires.
Malgré cette diminution des effectifs, l’Éducation nationale met en avant des indicateurs en amélioration : le nombre moyen d’élèves par classe devrait s’établir à 21,14 élèves, tandis que le taux d’encadrement progressera à 6,08 enseignants pour 100 élèves.
Des fermetures de classes dans le Gard rhodanien
Au total, la carte scolaire départementale prévoit 73 mesures : 15 ouvertures et 58 fermetures de classes. Plusieurs communes du Gard rhodanien sont directement concernées.
Des fermetures sont annoncées à :
- Bagnols-sur-Cèze, école Jules Ferry, avec la fermeture d’une classe maternelle
- Laudun-l’Ardoise, école Georges-Lapierre, fermeture d’une classe élémentaire
- Pont-Saint-Esprit, école Marcel-Pagnol, fermeture d’une classe élémentaire
- Montfaucon, école Simone-Veil, fermeture d’une classe élémentaire
- Roquemaure, école Albert-Camus, fermeture d’une classe élémentaire
- Saint-Julien-de-Peyrolas, fermeture d’une classe primaire
- Cavillargues, fermeture d’une classe primaire
Le directeur académique des services de l’Éducation nationale, Christophe Mauny, a toutefois précisé qu’une fermeture initialement envisagée à l’école maternelle Jules Ferry de Pont-Saint-Esprit avait été retirée en cours de séance, après réévaluation des effectifs prévus.
« Il n’y a pas de nécessité de fermer », a-t-il indiqué, reconnaissant une erreur d’appréciation sur les projections initiales.
Des ajustements encore possibles jusqu’en septembre
Si la carte scolaire a été validée, le processus n’est pas totalement figé. Christophe Mauny a rappelé que plusieurs situations resteront observées jusqu’en juin puis en septembre, au regard des effectifs réellement constatés.
Certaines écoles seront ainsi placées en surveillance, afin de permettre d’éventuels ajustements dans « l’intérêt supérieur des enfants ».
« Même si le CDEN est passé, nous continuons le travail », a insisté le DASEN.
Priorité à l’école inclusive
Parallèlement aux fermetures de classes, l’accent est mis sur l’accompagnement des élèves à besoins particuliers. Plusieurs créations de dispositifs sont annoncées dans le département, dont plusieurs sur le territoire gard rhodanien.
Sont notamment prévus :
- 3 nouvelles ULIS, dont une à Roquemaure et une à Pont-Saint-Esprit
- 11 pôles d’appui à la scolarité (PAS), avec un déploiement notamment sur le secteur du Gard rhodanien
- un dispositif d’accueil des toutes petites sections (TPS) à l’école Jean-Macé de Bagnols-sur-Cèze
- une unité d’enseignement maternelle autisme (UEMA) également à l’école Jean-Macé de Bagnols-sur-Cèze
Ces annonces traduisent la volonté affichée de renforcer « l’école pour tous » malgré la baisse générale des effectifs.
Anticiper la baisse démographique
Face à une déprise démographique qui touche désormais l’ensemble du territoire, l’Éducation nationale souhaite aussi changer de méthode. Un Observatoire des dynamiques rurales, coprésidé par le préfet et le DASEN, sera décliné à l’échelle des intercommunalités.
Le Gard rhodanien fera partie des premiers territoires testés. Objectif : anticiper les évolutions démographiques pour éviter de subir brutalement de futures fermetures d’écoles.
« J’ai besoin des élus. Il faut désormais être dans une logique de projection et réfléchir autrement », a expliqué Christophe Mauny.
Avant d’ajouter avec pragmatisme : « Je n’ai pas le pouvoir de faire venir des élèves. Si ouvrir des classes suffisait à les faire venir, j’en ouvrirais par dizaines. »



