Saint-Paulet-de-Caisson : la Maison en partage du Clos Roman inspire jusqu’au plus haut niveau de l’Etat

Quatre ans après son inauguration, la Maison en partage « Le Clos Roman » de Saint-Paulet-de-Caisson continue de faire figure de modèle. Mercredi 10 juin, elle a reçu la visite de Geneviève Mannarino, conseillère auprès du président de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), venue découvrir ce dispositif d’habitat inclusif porté par la commune, le Département du Gard et le bailleur social Un Toit pour Tous.
Cette visite s’inscrit dans une réflexion nationale menée par la CNSA sur le développement de l’habitat intermédiaire pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap. Le Gard, précurseur en la matière avec son label « Maison en partage » lancé dès 2012, a été choisi pour mettre en lumière ses réalisations et son savoir-faire.
À Saint-Paulet-de-Caisson, commune de 2 000 habitants, le projet est né d’une volonté politique forte. « Je savais très bien que nous n’aurions jamais de maison de retraite sur la commune. Il fallait trouver une autre réponse pour permettre aux habitants de rester vivre ici », explique Christophe Serre, maire de la commune lors du lancement du projet et aujourd’hui président de l’Agglomération du Gard rhodanien.
Implantée à proximité immédiate de la pharmacie, de la crèche municipale, du stade et de la médiathèque, la résidence comprend 14 logements, dont treize T2 et un T3. Elle accueille principalement des habitants de la commune ou des personnes revenues se rapprocher de leur famille.
Vieillir chez soi, mais autrement
L’originalité du dispositif repose sur l’équilibre entre indépendance et vie collective. Chaque résident dispose de son logement tout en profitant d’espaces communs et d’un programme d’animations assuré par l’association Bonjour Présence 30. Une salle de vie permet notamment d’organiser anniversaires, repas partagés ou fêtes des voisins.
« On est chez nous et ça nous évite d’être seuls », résument Josette et Nadine, installées dans la résidence depuis son ouverture.
La proximité de la crèche favorise également les échanges intergénérationnels, tandis qu’un espace jardinage adapté permet aux résidents de conserver des activités du quotidien.
Pour Geneviève Mannarino, cette formule répond à une attente forte : « Les personnes doivent pouvoir choisir leur lieu de vie. Il ne doit plus y avoir uniquement l’alternative domicile ou EHPAD. Ces habitats permettent de mieux vivre à proximité de chez soi. »
Un modèle à développer
Le taux d’occupation de la résidence atteint aujourd’hui 100 %. Un succès qui conforte les élus dans leurs choix. La commune a mis le terrain à disposition pour l’euro symbolique et participe au financement des animations afin d’alléger le reste à charge des résidents.
« Il est important de ne pas faire supporter le coût de l’animation aux habitants. Beaucoup de retraités disposent de revenus modestes alors qu’une place en EHPAD dépasse souvent les 2 000 euros par mois », souligne Christophe Serre.
Labellisée grâce à l’Aide à la Vie Partagée (AVP), financée à parts égales par le Département et la CNSA, la résidence constitue aujourd’hui une référence. « Il en faudrait dans toutes les communes », estime Geneviève Mannarino.
D’autres projets sont d’ailleurs en cours dans le secteur, notamment à Saint-Julien-de-Peyrolas et à Saint-Alexandre. Pour la CNSA comme pour les élus locaux, l’habitat inclusif apparaît désormais comme une réponse incontournable face au vieillissement de la population et au souhait croissant des seniors de rester vivre dans leur bassin de vie.



