À Uzès, les communes forestières du Gard réaffirment leur rôle central dans la prévention des incendies

Réunie à Uzès, l’assemblée générale de l’Association des communes forestières du Gard a permis de dresser le bilan d’une décennie d’engagement au service des collectivités et de renouveler son bureau. Présidée par Cédric Clémente, maire de Lirac, la rencontre a également été l’occasion de rappeler les enjeux majeurs liés à la prévention des incendies, à la gestion des forêts méditerranéennes et à l’accompagnement des élus.
Une association devenue incontournable
Dans son rapport moral, Cédric Clémente est revenu sur la création de l’association en 2015 à Cendras. « À l’époque, l’ONF souhaitait multiplier par sept certaines taxes forestières et augmenter les frais de garderie. Le Gard était alors l’un des derniers territoires sans association de communes forestières », a-t-il rappelé.
Dix ans plus tard, le chemin parcouru est considérable. L’association comptait 57 communes adhérentes au début du mandat 2020. Elle fédère aujourd’hui 149 collectivités. « Ce résultat est le fruit d’un travail constant sur le terrain pour défendre, informer et faire respecter l’intérêt général des communes », a souligné le président.
Tout au long de son intervention, il a insisté sur le partenariat historique noué avec l’Association des maires ruraux du Gard et l’Association des maires du Gard. « Nous avons toujours travaillé main dans la main », a-t-il affirmé.
Onze années de combat sur les frais de garderie
Parmi les dossiers emblématiques portés par l’association figure celui des frais de garderie appliqués aux installations d’énergies renouvelables en forêt. Cédric Clémente a rappelé le combat mené notamment par les communes d’Aigaliers, de La Capelle-et-Masmolène et de Lirac pour dénoncer un dispositif jugé illégal.
« Le Conseil constitutionnel nous a donné raison », a-t-il souligné, regrettant toutefois qu’un nouveau mécanisme fiscal ait ensuite été créé pour compenser les pertes de recettes de l’ONF. « Nous ne sommes pas les variables d’ajustement des dérives d’un organisme qui ne sait pas se gérer. »
Une référence nationale sur les obligations légales de débroussaillement

À la demande de l’ancien préfet Didier Lauga, l’association s’est fortement investie dès 2017 sur les obligations légales de débroussaillement (OLD). Depuis, plus de 700 élus et agents ont été formés au travers d’une centaine de sessions organisées dans 113 collectivités.
L’association a également créé la première hotline dédiée aux OLD en France, développé l’outil numérique Open IG et intégré le groupe contact estival aux côtés des services de l’État et du SDIS. Elle accompagne également les intercommunalités sur les pistes DFCI.
Faire de la forêt un atout
Président des maires ruraux du Gard, Sylvain André a appelé à changer le regard porté sur la forêt. « Elle est souvent perçue comme une contrainte ou un risque alors qu’elle constitue un formidable atout », a-t-il insisté.
Il a mis en avant son rôle pour la biodiversité, le tourisme, les loisirs de pleine nature mais aussi le développement économique. Le maire a notamment évoqué les perspectives offertes par le pin maritime ou encore par le tanin de châtaignier, susceptible de remplacer certains produits chimiques utilisés dans les retardants aériens.
« La forêt peut nous nourrir et représente une richesse considérable pour nos territoires », a-t-il affirmé.
Un modèle observé bien au-delà du Gard
Président de la Communauté de communes Pays d’Uzès, Fabrice Verdier a salué le rôle joué par l’association dans la structuration de la politique forestière départementale.
« Vous êtes devenus un interlocuteur incontournable et une véritable force de proposition », a-t-il déclaré, rappelant que le Gard avait servi de modèle au département de l’Aude après les grands incendies de 2025.
Même constat du côté de Yann Gérard, secrétaire général de la préfecture du Gard. Présent une semaine après le lancement officiel de la saison des feux de forêt, il a rendu hommage au travail collectif réalisé dans le département.

« Le Gard est largement en avance sur d’autres territoires. Des délégations de l’Aude viennent observer notre organisation », a-t-il souligné. Il a rappelé que 40 incendies avaient été recensés en 2025 et que près de 40 % de la population gardoise vivait à proximité des espaces forestiers.
Le représentant de l’État a mis en avant deux mots pour caractériser l’action de l’association : « coopération » et « innovation ».
Prévenir pour mieux protéger
Vice-présidente du Conseil départemental du Gard, Bérengère Noguier a rappelé l’importance d’accompagner les élus sur les OLD et de sensibiliser les plus jeunes à la protection des milieux naturels.
« Plus on prévient, moins on intervient et plus on réalise des économies », a-t-elle résumé, rappelant les aides départementales et régionales pouvant atteindre 80 % pour l’entretien des pistes DFCI.
Le sénateur Laurent Burgoa a quant à lui souligné l’efficacité des OLD lors des incendies de Bordezac, Gallargues et Aubais. Il a regretté la suppression des financements du Fonds vert destinés à soutenir ces travaux et l’abandon d’un crédit d’impôt pourtant adopté à l’unanimité par le Sénat.

Vers une reconnaissance de la spécificité méditerranéenne
Dans son rapport moral, Cédric Clémente a également plaidé pour une meilleure reconnaissance des spécificités des territoires méditerranéens. Il a rappelé que les feux commençaient désormais plus tôt et se terminaient plus tard dans l’année, conséquence directe du changement climatique.
Avec près de 70 000 hectares supplémentaires de forêt ces dernières années et plusieurs milliers d’hectares de friches, la question de l’entretien des espaces naturels devient centrale.
Le président souhaite désormais réunir deux régions et dix-neuf départements afin de porter une réflexion commune sur une véritable « identité méditerranéenne », à l’image de ce qui existe avec la loi Montagne.
Un bureau renouvelé
À l’issue de l’assemblée générale, les adhérents ont renouvelé leur confiance à Cédric Clémente, réélu président de l’Association des communes forestières du Gard.
Le nouveau bureau est composé d’Emmanuelle Genevet, élue de Brouzet-lès-Alès, comme vice-présidente, d’Alain Viala, premier adjoint de Langlade, au poste de trésorier, et de Sylvie Nicolle comme secrétaire.
Une équipe qui entend poursuivre le travail engagé depuis plus de dix ans pour défendre les communes forestières gardoises face aux défis croissants de la prévention des incendies, du changement climatique et de la gestion durable des espaces naturels.



