Dix élèves de seconde du lycée Einstein plongent dans les métiers du nucléaire

Pendant deux semaines, une dizaine d’élèves de seconde générale du lycée Albert-Einstein de Bagnols-sur-Cèze ont découvert les métiers du nucléaire à travers un stage immersif, construit comme un véritable parcours de découverte de la filière. Ibrahim, Abdel, Levi, Pharell et leurs camarades ont été sélectionnés sur motivation, après avoir rédigé une lettre, pour participer à cette deuxième édition organisée autour du stage obligatoire de seconde.
Le programme, particulièrement dense, leur a permis d’aborder de nombreux aspects du secteur. Dès le 15 juin, les lycéens ont été accueillis avec un ice breaking, un journal de bord et une fresque du climat proposée par Assystem. Le lendemain, ils ont découvert l’UIMM, avec un simulateur de soudage, un bras robotisé et un escape game autour des énergies. Les visites se sont ensuite enchaînées : Orano Melox pour la fabrication du combustible nucléaire et l’école des métiers, EDF Cyclife pour la gestion des déchets radioactifs, Newcleo autour des small modular reactors, CEA/INSTN sur la radioactivité et les moyens de protection, EDF Tricastin sur la production d’électricité et le fonctionnement d’un réacteur, Orano sur le cycle du combustible, DS Groupe sur le démantèlement, Razel-Bec à Tresques pour le génie civil, MSI Automation à Laudun, ou encore le chantier école nucléaire du lycée Einstein. Le stage s’est conclu par une restitution, un quiz et une remise de prix.
Pour les élèves, cette immersion a permis de dépasser les idées reçues. « La curiosité m’a poussé à découvrir encore plus ce domaine », confie Pharell, qui a pourtant de la famille chez Orano, sans que le sujet ait vraiment été abordé auparavant. Il dit avoir notamment découvert « la manière dont on produit l’électricité », le fonctionnement d’une centrale ou encore la sortie de vapeur d’eau.
Abdel souhaitait, lui, mieux comprendre « le fonctionnement, les horaires, la durée des études et le salaire », mais aussi se projeter vers un secteur qu’il juge attractif. « J’avais déjà envie d’aller dans le nucléaire », explique-t-il. En première, il envisage des spécialités scientifiques comme les mathématiques, la SVT et la physique-chimie, dans l’idée de poursuivre vers des études d’ingénieur. Levi se projette également vers les mathématiques, la physique et les sciences de l’ingénieur, avec un intérêt pour le nucléaire. Ibrahim, intéressé par les mathématiques, la physique et les sciences de l’ingénieur, retient surtout l’importance du collectif : « Il faut s’entraider, travailler en coactivité, communiquer en groupe. Le nucléaire m’intéresse. Je ne connaissais pas, mais le stage m’a ouvert beaucoup de portes. »
Les jeunes ont aussi été marqués par le niveau de sûreté du secteur. « On peut penser que le nucléaire est mal protégé, mais ce n’est pas le cas », ont-ils retenu, rappelant également que « le nucléaire, ce n’est pas seulement l’armement ».
Cette action est pilotée par l’Université des métiers du nucléaire, avec Philippe Laczognata, portée par le lycée Einstein pour la sélection des élèves, et accompagnée par l’Agglomération du Gard rhodanien, qui a assuré gratuitement les transports. L’UMN a sélectionné les partenaires et construit l’emploi du temps, avec l’appui des acteurs du campus.
Lors de la restitution, Anne-Sophie Greizelle a souligné l’importance de « prendre le temps dans l’établissement », notamment au sein du chantier école découvert par les élèves. Claire Durand, directrice opérationnelle du Campus des Métiers et Denis Brunel, pour EDF, ont salué une expérience pensée pour être « mémorable », permettant aux jeunes de découvrir des lieux, des métiers et des professionnels.
« Vous êtes désormais des ambassadeurs qui vont porter un message sur l’avenir, les possibles et ce que l’on peut faire », a-t-il été rappelé aux élèves. Pour Mme Griffin, proviseure adjointe en charge des secondes et premières, ce petit groupe motivé confirme l’intérêt de ce dispositif dans l’accompagnement à l’orientation. L’objectif est désormais de pérenniser l’initiative, avec une troisième édition qui pourrait intégrer un réseau de lycées, tout en progressant sur le nombre de participants et la mixité.



