En visite à Alès, Gérald Darmanin soutient Christophe Rivenq et annonce la création d’un tribunal pour enfants

Un mois après les menaces de mort visant Christophe Rivenq, Gérald Darmanin était à Alès ce jeudi. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, a fait le déplacement pour apporter son soutien au maire, mais aussi pour annoncer un renforcement conséquent des moyens judiciaires dans la capitale des Cévennes, avec notamment la création d’un tribunal pour enfants dès le début de l’année 2027.
La visite avait évidemment une résonance particulière. Il y a environ un mois, Christophe Rivenq avait reçu à son domicile une enveloppe contenant deux balles de calibre 9 mm accompagnées de menaces. Une affaire prise très au sérieux par les autorités et qui pourrait être liée à la politique menée localement contre les trafics de stupéfiants.
« Je voulais lui apporter le soutien d’abord personnel, comme ami, comme soutien politique », a expliqué Gérald Darmanin, rappelant connaître Christophe Rivenq depuis de nombreuses années. Le garde des Sceaux a surtout tenu à saluer « un maire courageux », engagé dans la lutte contre le narcotrafic à travers le développement de la vidéoprotection, le renforcement de la police municipale et le soutien apporté aux forces de sécurité.
« Aucun maire ne doit choisir entre la fermeté républicaine et sa vie de famille »
L’enquête sur les menaces se poursuit sous l’autorité du Parquet national anticriminalité organisée. Gérald Darmanin a confirmé que d’importants moyens étaient mobilisés afin d’identifier les auteurs.
« L’enquête progresse grâce aux policiers de la police judiciaire », a assuré le ministre, sans dévoiler davantage d’éléments. Il estime toutefois que des avancées pourraient intervenir « dans les prochaines semaines ».
Pour Gérald Darmanin, les menaces reçues par le maire pourraient justement illustrer l’efficacité des actions engagées contre les trafiquants. « C’est aussi la démonstration que nous gênons », a-t-il insisté, faisant référence aux interventions policières, au travail des magistrats et aux moyens municipaux de vidéoprotection.
Le ministre s’est montré particulièrement ferme : « Aucun maire ne doit se sentir un jour obligé de choisir entre la fermeté républicaine et sa vie personnelle, sa vie de famille. »
Interrogé sur l’éventuelle implication d’organisations criminelles dans cette affaire, le garde des Sceaux n’a souhaité faire « aucun commentaire », renvoyant toute communication sur l’enquête à la procureure nationale.
Christophe Rivenq : « Je suis là, je suis debout »
À ses côtés, Christophe Rivenq a tenu à afficher sa détermination malgré une situation forcément difficile à vivre pour lui et ses proches.
« Je suis là, je suis debout, je suis présent, je travaille, je continue à m’occuper de cette ville et rien ne m’en fera changer dans mon action quotidienne », a déclaré le maire.
Celui-ci refuse cependant de se présenter comme un héros. « Je ne suis ni suicidaire ni un héros, je suis juste un maire », a-t-il résumé, expliquant rester prudent et entouré tout en poursuivant son action.
Christophe Rivenq a également souhaité élargir son témoignage à la situation des élus locaux confrontés à une augmentation des violences et des intimidations. « Beaucoup vivent ce que je vis aussi, peut-être pas à ce niveau-là. Si ça peut être une prise de conscience collective […] pour défendre les élus locaux comme sentinelles de la République, cette République des territoires, aux côtés des services de l’État, je crois que c’est important. »
Le maire a également défendu l’image de sa commune, estimant qu’Alès ne devait pas être réduite aux faits de délinquance qui peuvent s’y produire. Il a notamment souligné le rôle du centre de surveillance urbain et de la vidéoprotection, dont les images font régulièrement l’objet de réquisitions dans le cadre d’enquêtes.
Un tribunal pour enfants créé à Alès début 2027
Au-delà de cette visite de soutien, Gérald Darmanin est venu avec une annonce importante pour l’organisation judiciaire locale : Alès disposera prochainement de son propre tribunal pour enfants.
Jusqu’à présent, des audiences foraines sont organisées à Alès par le tribunal de Nîmes. Une organisation que le ministre juge chronophage aussi bien pour les magistrats que pour les mineurs concernés et leurs familles.
« Je vous confirme ici la création du tribunal pour enfants », a annoncé Gérald Darmanin.
Le projet avait été porté auprès du ministère par Christophe Rivenq, la municipalité s’étant notamment engagée à mettre des locaux à disposition. Le nouveau dispositif devrait entrer en fonctionnement au début de l’année 2027.
Il doit s’accompagner de moyens humains supplémentaires, avec notamment un magistrat du parquet spécifiquement chargé des mineurs à Alès, un juge des enfants ainsi qu’un greffier. L’objectif est de ne plus faire dépendre intégralement le traitement de ces dossiers de Nîmes.
Pour Gérald Darmanin, cette implantation répond également aux problématiques de délinquance des mineurs et à leur possible implication dans les réseaux de stupéfiants. « Si on renforce les moyens de la justice ici, il faut le faire également à la base, c’est-à-dire pour les enfants », a-t-il souligné.
Les moyens de la justice également examinés
La visite ministérielle va désormais se poursuivre loin des caméras auprès des personnels du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) d’Alès. L’occasion pour Gérald Darmanin d’évoquer les conditions de travail de ces agents chargés du suivi des personnes placées sous main de justice, notamment celles effectuant des travaux d’intérêt général ou placées sous bracelet électronique.
Le ministre a annoncé vouloir étudier le déménagement de ce service, aujourd’hui installé dans des locaux jugés exigus, mais aussi réfléchir à un éventuel renforcement de ses moyens alors qu’il intervient sur le Gard et la Lozère.
Entre symbole politique et annonces judiciaires, cette visite aura donc permis à Gérald Darmanin d’afficher le soutien de l’État au maire d’Alès. Une présence particulièrement appréciée par Christophe Rivenq : « Il me l’avait promis dès le premier jour. Il m’a dit : “Je viendrai.” Il est là. C’est important et ça honore la ville. »



