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Billet d’humeur – Tours dans le groupe C : quand la géographie se perd dans les bureaux de la FFF

Il fallait probablement être très fort en football administratif pour imaginer celle-là. L’US Touraine, repêchée pour la saison 2026-2027, doit évoluer dans le groupe C, celui notamment du Nîmes Olympique. Sportivement, le repêchage peut s’entendre. Géographiquement, beaucoup moins.

Parce qu’une carte de France, elle, ne se repêche pas. Tours reste en Indre-et-Loire. Et Nîmes reste dans le Gard.

À l’heure où le football français explique vouloir maîtriser ses dépenses, réduire son empreinte environnementale et préserver des clubs déjà soumis à des budgets de plus en plus contraints, la composition des groupes laisse franchement songeur.

Les chiffres sont pourtant assez parlants.

Si Tours était intégré au groupe A, les déplacements cumulés des autres clubs vers la cité tourangelle représenteraient 7 543 kilomètres, avec cinq formations situées à plus de 500 kilomètres. Et encore, ce groupe comprend les déplacements corses vers Furiani et Borgo.

Dans le groupe B ? Environ 5 000 kilomètres, et seulement deux clubs à plus de 500 kilomètres de Tours : Bayonne et Tarbes.

Et dans le groupe C, celui retenu ? 8 991 kilomètres. Sept clubs dépassent les 500 kilomètres de déplacement.

Nîmes ? 717 kilomètres.
Canet ? 772 kilomètres.
Istres ? 777 kilomètres.
Hyères ? 882 kilomètres.
Toulon ? 863 kilomètres.
Fréjus ? 897 kilomètres.
Rumilly ? 579 kilomètres.

Il faut donc poser la question simplement : pourquoi ?

Pourquoi choisir la solution qui impose, de très loin, le plus grand nombre de kilomètres aux clubs concernés alors qu’une alternative beaucoup plus cohérente géographiquement existe ?

L’écart entre les groupes B et C représente près de 4 000 kilomètres supplémentaires sur la seule question des déplacements vers Tours. Et derrière les kilomètres, il y a des réalités très concrètes : des bus, du carburant, des hôtels, des repas, des joueurs qui rentrent au milieu de la nuit, des bénévoles mobilisés, des salariés et des budgets qui doivent absorber la facture.

À ce niveau du football français, on n’est pas en Ligue des champions. Les clubs ne traversent pas le pays en jet privé avant de dormir dans des palaces financés par des droits télévisés astronomiques.

Chaque millier d’euros compte.

Voilà tout le paradoxe du foot business version fédérale : on demande aux clubs amateurs ou semi-professionnels de se structurer, de réduire leurs dépenses, d’être responsables et de bâtir des modèles économiques solides, avant de leur imposer des décisions qui semblent parfois totalement déconnectées de ces mêmes exigences.

Et que l’on ne vienne pas expliquer que la constitution des groupes est une science tellement complexe qu’il était impossible de faire autrement.

Personne ne prétend qu’un découpage national peut être parfait. Il faut tenir compte des montées, des descentes, des réserves, des équilibres numériques et de nombreuses contraintes sportives. Mais lorsqu’un événement exceptionnel intervient, ici le repêchage de Tours, le bon sens devrait au moins conduire à rechercher la solution produisant le moins de conséquences supplémentaires pour les autres clubs.

Les distances indiquent clairement laquelle.

Le groupe B.

Avec environ 5 000 kilomètres cumulés vers Tours, il constitue de très loin l’option la plus rationnelle. Angoulême est à 218 km, Châteaubriant à 216, Saumur à seulement 87, Chauray à 170, Les Herbiers à 222 ou encore Le Poiré-sur-Vie à 279.

Difficile de faire plus évident.

Et si l’intégration tardive de Tours nécessite qu’un club soit exempt à chaque journée, là encore, nul besoin d’inventer une usine à gaz : il suffit de suivre l’ordre établi dans la composition du groupe, avec une rotation claire, compréhensible et identique pour tous.

Mais peut-être est-ce précisément cela qui dérange : faire simple.

Car à force de vouloir administrer le football depuis des bureaux, on finit parfois par oublier ceux qui le font vivre chaque week-end.

Le football national, ce ne sont pas seulement des tableaux Excel, des règlements et des commissions. Ce sont des clubs qui paient les déplacements. Des dirigeants qui cherchent des partenaires. Des joueurs qui travaillent parfois à côté. Des bénévoles qui donnent leur temps. Des supporters qui peuvent aussi vouloir suivre leur équipe.

Pour Nîmes, un déplacement à Tours, ce sont plus de 1 400 kilomètres aller-retour.

Fréjus approchera les 1 800 kilomètres. Hyères également. Toulon dépassera les 1 700.

Tout cela alors qu’une répartition géographique sensiblement plus logique semble possible.

On nous parle régulièrement de football durable. De responsabilité environnementale. De maîtrise économique. De protection du football amateur.

Très bien.

Mais avant les grands discours, il existe parfois une mesure écologique et économique extrêmement simple : ouvrir une carte de France.

À la FFF, elle ne semble manifestement pas toujours être posée sur la table.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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