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De la Haute-Saône à l’Espagne en kayak : Colin et Romain pagaient 1 000 km pour la recherche contre le cancer

Partis le 14 août de Corre, en Haute-Saône, Colin et Romain se sont lancé un défi aussi sportif que solidaire : parcourir près de 1 000 kilomètres en kayak, depuis la Saône navigable jusqu’à la frontière franco-espagnole, avec l’ambition symbolique de la franchir par la mer autour du 14 septembre.

De passage à Roquemaure, les deux frères ont accepté de répondre aux questions de TV Sud Magazine.

À l’origine de cette aventure, une envie commune de se dépasser. Tous les deux sportifs et habitués à une pratique intensive, Colin et Romain ont chacun été freinés par une blessure au genou. De quoi les pousser à imaginer un défi sollicitant davantage le haut du corps. Le kayak s’est rapidement imposé.

Et pour rendre l’aventure encore plus exigeante, les deux hommes sont partis sans véritable préparation spécifique et avec très peu d’expérience dans la discipline. « On voulait faire quelque chose ensemble, utiliser davantage les bras et se lancer un vrai challenge », expliquent-ils.

Le rythme théorique est soutenu : pour boucler les 1 000 kilomètres en un mois, il leur faut parcourir en moyenne 33,33 kilomètres chaque jour. Mais les premiers jours n’ont pas toujours permis de tenir ce tableau de marche. À un moment du parcours, le duo accusait même jusqu’à 42 kilomètres de retard.

Quatorze heures sur l’eau jusqu’à Roquemaure

Pour tenter de combler cet écart, Colin et Romain n’hésitent pas à rallonger certaines étapes. Lors de leur arrivée dans le Gard, ils ont ainsi parcouru 53,35 kilomètres en une seule journée.

Une étape particulièrement éprouvante, avec près de quatorze heures de navigation et une arrivée à Roquemaure aux alentours de 1 h 30 du matin.

Sur place, les deux aventuriers ont eu la chance de pouvoir bénéficier d’une proposition d’hébergement, comme cela leur est arrivé à plusieurs reprises depuis le début du voyage.

« On tombe sur des habitants formidables. On fait énormément de belles rencontres sur le chemin. Certains nous apportent des provisions, d’autres nous accueillent. Parfois, on aimerait pouvoir rester davantage avec nos hôtes », racontent-ils.

Cette dimension humaine fait désormais pleinement partie de l’aventure.

Dans le binôme, chacun possède son tempérament. « Romain, c’est le raisonné de la bande. Moi, je fonce sans réfléchir », sourit Colin connu sous le nom de Colafond sur les réseaux sociaux. Une répartition des rôles qui n’empêche pas quelques surprises : « Quand j’entends Romain dire que finalement on peut encore faire 13 kilomètres de plus, je sais qu’on est bien lancés ! »

Des ravitaillements préparés à Lyon et Arles

Côté logistique, les deux kayakistes voyagent avec l’essentiel. Leur alimentation repose notamment sur des plats lyophilisés et des barres énergétiques.

Afin de ne pas transporter trop de poids sur toute la durée du périple, des ravitaillements ont également été préparés à différents points du parcours, notamment à Lyon et à Arles.

L’organisation reste néanmoins volontairement légère, puisqu’ils ne disposent d’aucune véritable équipe d’assistance. Chaque étape doit donc être anticipée en fonction de la fatigue, du ravitaillement, des conditions de navigation et des possibilités d’hébergement.

Mais au-delà de la performance sportive, la traversée possède surtout une dimension profondément personnelle.

« Rendre notre papa fier »

Il y a quelques mois, le père de Colin et Romain a appris qu’il était atteint d’un cancer de la prostate. Une nouvelle qui a immédiatement donné un autre sens au projet des deux hommes.

Ils ont choisi d’associer leur aventure à la Fondation contre le Cancer, organisme belge comparable, dans son engagement, aux grandes structures françaises de lutte contre la maladie.

« Quand on a appris pour notre papa, c’est devenu une évidence de lier ce projet à cette cause. On voulait faire quelque chose ensemble, aider la recherche et rendre notre papa fier. »

Une cagnotte a ainsi été ouverte avec un objectif fixé à 5 000 euros, soit symboliquement 5 euros pour chacun des 1 000 kilomètres parcourus. À leur passage dans le Gard, près de 2 000 euros avaient déjà été récoltés.

Mais pour les deux frères, l’objectif financier n’est pas l’unique mesure de la réussite du projet.

« Même si on n’atteint pas les 5 000 euros, on saura qu’on aura servi cette cause. C’est aussi une manière de montrer le dépassement de soi et de sensibiliser les gens à la lutte contre le cancer. »

100 kilomètres en 24 heures pour fêter un anniversaire

Et puisque le défi initial ne semble déjà plus suffire, Colin et Romain ont prévu une nouvelle épreuve dans l’épreuve.

Alors qu’ils doivent encore combler une partie de leur retard, ils souhaitent profiter de l’anniversaire de Colin, le 5 septembre, pour tenter de parcourir 100 kilomètres en 24 heures.

Le départ doit être donné le 4 septembre vers 7 heures du matin, avec l’objectif de continuer à pagayer jusqu’au lendemain.

Une drôle de manière de souffler ses bougies, mais qui correspond parfaitement à l’état d’esprit du duo.

« On a cette soif de se dépasser, d’aller toujours un peu plus loin que nos limites. Fêter un anniversaire en étant en train de pagayer, ça nous ressemble bien. »

Leur aventure est rendue possible grâce notamment à trois partenaires majeurs : Onak, marque de kayaks qui les accompagne sur le matériel, Flow Up, entreprise informatique, et L’Agence de l’Or, spécialisée dans l’achat et la revente d’or et d’autres métaux.

Partenaires, habitants, hôtes de passage et donateurs participent ainsi, chacun à leur manière, à cette traversée hors normes.

Pour Colin et Romain, la route vers la frontière espagnole reste encore longue. Mais malgré la fatigue, les kilomètres accumulés et les journées parfois interminables sur l’eau, l’envie reste intacte : continuer à pagayer, repousser leurs limites et transformer chaque coup de pagaie en soutien à la recherche contre le cancer.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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