Le Salon des communes du Gard, un rendez-vous crucial pour les élus dans un contexte sous tension

Le 22 mai prochain, la neuvième édition du Salon des communes et intercommunalités du Gard se tiendra au Parc des Expositions d’Alè agglomération, rassemblant entre 2 000 et 2 500 participants, parmi lesquels maires, adjoints, conseillers municipaux, présidents d’EPCI, agents territoriaux et partenaires institutionnels. Organisé par l’Association des maires et présidents d’intercommunalités du Gard (AMF 30), présidée par Philippe Ribot, ce rendez-vous professionnel annuel, ouvert à tous, s’annonce comme un moment fort de dialogue et de soutien dans un climat jugé « anxiogène » et placé à moins d’un an des prochaines élections municipales.
« Le contexte est compliqué », confie Philippe Ribot. Entre transferts de compétences, de l’Etat vers les collectivités, non compensés, pression administrative croissante, charges financières accrues et agressions répétées à l’encontre des élus, la fonction de maire perd en attractivité. « Depuis le Covid, les attentes de nos concitoyens se sont intensifiées dans tous les domaines. Or, nous sommes en première ligne sur des sujets régaliens comme la santé ou la sécurité, sans en avoir toujours les moyens », poursuit-il.
Malgré cette morosité ambiante, le salon se veut un espace d’échange et de solutions. Avec près de 140 exposants, dont l’État, les forces de l’ordre, les sapeurs-pompiers, la Croix-Rouge, des entreprises de services publics, ou encore des associations engagées comme les Shifters ou l’Épide, l’événement couvre un large éventail de thématiques : aménagement du territoire, énergie, environnement, numérique, sécurité, insertion, culture scientifique et résilience locale.
La journée débutera dès 8h45 avec l’assemblée générale de l’association. Y interviendront notamment le préfet du Gard, Jérôme Bonet, la nouvelle rectrice Carole Drucker-Godard et Muriel Favre (secrétaire générale de l’AMF nationale). Des tables rondes aborderont ensuite des sujets aussi techniques qu’essentiels : modernisation financière des collectivités, rôle des maires en tant qu’officiers de police judiciaire, diffusion de la culture scientifique avec l’Université de Nîmes, ou encore tourisme local avec Gard Tourisme.
Le Salon accueillera aussi le village des intercommunalités, avec six territoires représentés. Les élus pourront y partager leurs projets structurants, découvrir des initiatives duplicables, et rencontrer les partenaires techniques et institutionnels qui les accompagnent au quotidien.
En clôture, les « Victoires de l’investissement local » distingueront les projets d’aménagement les plus innovants et vertueux portés par les collectivités gardoises. Ce prix, désormais relayé au niveau national lors du Salon des maires de Paris, valorise la qualité des projets locaux, leur utilité publique et leur exemplarité environnementale. En 2024, les communes de Roquemaure, Codolet, Saint Sauveur Camprieu ou encore La Rouvière avaient été récompensées.
Autre nouveauté majeure de cette édition 2025 : l’adoption de nouveaux statuts permettant à l’AMF 30 de se porter partie civile aux côtés des élus victimes d’agression. « C’était une demande forte, un acte de solidarité indispensable dans une époque où la violence verbale et parfois physique devient un facteur de démobilisation », souligne Philippe Ribot.
L’environnement, sujet de plus en plus central, irrigue aussi toute l’organisation du Salon. Moquettes supprimées, plastique banni, gestion raisonnée des déchets : l’AMF 30 met un point d’honneur à montrer l’exemple, jusqu’à influencer les pratiques sur d’autres salons en France. De nombreux exposants présentent des solutions liées à la transition énergétique, à la décarbonation et à la biodiversité.
Mais au-delà des stands, ce Salon est aussi un baromètre des difficultés rencontrées sur le terrain. Assurance des bâtiments publics, impossibilité de faire face aux catastrophes naturelles, explosion du coût des matériaux, raréfaction des moyens humains, et désengagement progressif de l’État sont autant de préoccupations exprimées par les maires.
En toile de fond, se dessine déjà l’horizon des municipales 2026. « On attend un taux de renouvellement d’élus proche de celui de 2020, autour de 40 %. Les raisons sont multiples : fatigue, contraintes professionnelles, isolement. Il faut que le mandat retrouve du sens collectif et soit mieux accompagné », insiste Ribot.
Dans ce contexte, le salon du 22 mai apparaît plus que jamais comme un point d’ancrage pour les élus gardois. Un moment de respiration, mais aussi un espace de réflexion stratégique pour redonner souffle, sécurité et perspectives à une démocratie locale sous pression.



