Pont-Saint-Esprit engage une Opération de Restauration Immobilière : une étape cruciale pour le centre ancien

Mercredi 14 mai, le conseil municipal de Pont-Saint-Esprit a adopté une délibération majeure visant à enclencher une Opération de Restauration Immobilière (ORI) dans le centre ancien de la commune. Ce dispositif, appuyé par une procédure de Déclaration d’Utilité Publique (DUP), cible neuf immeubles particulièrement dégradés et vacants, répartis sur des axes stratégiques du cœur de ville. L’objectif est clair : obliger les propriétaires à entreprendre les travaux de réhabilitation nécessaires pour lutter contre l’habitat indigne et revitaliser durablement le tissu urbain. Si ils ne s’y plient pas, ils risquent l’expropriation.
Une opération à la fois incitative et contraignante
Portée par l’adjoint à l’urbanisme Hervé Rouquette, cette ORI s’inscrit dans une politique plus globale de requalification du centre-ville initiée depuis 2011. Il a expliqué en séance que certains immeubles présentent un état de délabrement tel que des morceaux de toiture tombent sur le domaine public, mettant en danger les passants. « Le service urbanisme est déjà en contact avec les propriétaires. Nous proposons des projets, certains acceptent des réhabilitations, d’autres préfèrent vendre. »
Concrètement, les propriétaires auront un délai de 18 mois, à compter de la notification du programme de travaux, pour s’engager. Passé ce délai, et en l’absence d’intervention de leur part, la commune pourra recourir à l’expropriation pour faire exécuter les travaux via un tiers, généralement un aménageur ou la commune elle-même, selon les cas.
Le coût estimé de l’opération s’élève à 4 millions d’euros, hors subventions. Le montage financier repose sur un triptyque : les aides publiques (État, ANAH, collectivité), les propriétaires et les éventuels acquéreurs ou aménageurs privés. « On sait que la commune ne pourra pas tout racheter », a reconnu Hervé Rouquette.
Un large consensus… avec quelques nuances
Le député de la 4e circonscription du Gard et conseiller municipal d’opposition Pierre Meurin a salué l’avancée du projet : « Je félicite ceux qui avancent sur la rénovation urbaine. » Il a interrogé la majorité sur le partage budgétaire entre les contribuables, les propriétaires et les aménageurs. Il a également rappelé que cette ORI n’a de sens que si un lien réel est établi avec les propriétaires. « Dans 18 mois, s’il n’y a pas d’engagement, vous aurez le droit à l’expropriation. C’est un levier puissant, mais qu’il faut manier avec mesure. »
Claire Lapeyronie, également dans l’opposition, a exprimé sa satisfaction : « Je me réjouis que ce projet avance. C’est un dossier lourd et long. Il est important de remercier l’urbaniste et les services pour ce travail de longue haleine. »
Un cap stratégique pour la ville
Cette ORI s’insère dans une stratégie d’ensemble de revitalisation du centre-ville, amorcée notamment par les OPAH-RU depuis 2014 et renforcée par l’inscription dans le dispositif national « Action Cœur de Ville » conjointement avec Bagnols-sur-Cèze. À terme, ce sont plus de 400 logements vacants qui pourraient être concernés par des actions de requalification.



