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Pont-Saint-Esprit : le maire Valère Segal auditionné dans l’enquête sur la construction de la nouvelle gendarmerie

Le maire de Pont-Saint-Esprit, Valère Segal, a confirmé ce mardi avoir été auditionné par les gendarmes de Montpellier dans le cadre d’une enquête préliminaire diligentée par la procureur de la République de Nîmes. L’enquête porte sur les conditions de construction de la nouvelle gendarmerie, édifiée en zone inondable, un choix aujourd’hui au cœur des interrogations judiciaires et politiques.

« Dans le cadre de l’article 40 du Code de procédure pénale, nous avons décidé de transmettre les éléments à la justice dès notre arrivée en responsabilité », explique Valère Segal. « Une plainte contre X a été déposée pour mise en danger d’autrui », précise-t-il.

Une zone connue pour ses risques hydrauliques

Située dans une cuvette naturelle, la gendarmerie constitue selon lui un obstacle au bon écoulement des eaux, majorant les risques d’inondation pour les habitations alentours. « C’est un emplacement dont les dangers étaient parfaitement connus des habitants du quartier, et pourtant, la construction a été maintenue à cet endroit. » Selon le maire, les gendarmes eux-mêmes auraient refusé d’y emménager dans un premier temps, avant de recevoir l’ordre d’intégrer les locaux.

Les documents consultés par la nouvelle municipalité révèlent que les autorités préfectorales de l’époque, dont la préfète Marie-Françoise Lecaillon, ainsi que la DDTM, avaient formulé des préconisations, notamment la réalisation d’une étude hydraulique et la construction de bassins de rétention. « Ces obligations n’ont pas été respectées. Résultat : si la ville devait aujourd’hui mettre en œuvre ces ouvrages, le coût est estimé entre 8 et 10 millions d’euros. »

Des conséquences budgétaires lourdes pour la commune

Cette somme représente un poids financier considérable pour Pont-Saint-Esprit. « C’est une véritable épée de Damoclès qui plane sur notre budget », précise Valère Segal. Il rappelle que la DGFiP avait dès 2020 alerté sur l’impact potentiel de ces travaux sur la capacité d’investissement de la commune, mentionnant même la nécessité de revoir des projets majeurs comme la construction du nouveau collège ou la rénovation de l’Hôtel-Dieu.

Vers des suites judiciaires ?

En attendant, l’enquête préliminaire suit son cours. La plainte déposée contre X vise à établir les responsabilités dans une affaire mêlant urbanisme, sécurité publique, finances locales et respect des normes. « Nous avons transmis un ensemble de documents, d’autres sont encore en cours de collecte à la demande des enquêteurs. Il appartient désormais au procureur de décider des suites à donner », conclut Valère Segal.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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