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Cascades du Sautadet : la rive droite fermée, les propriétaires lancent un ultime appel à l’aide et annoncent le remplacement des barbelés

Barbelés, clôtures, tensions judiciaires… L’ambiance se crispe autour des célèbres cascades du Sautadet, à La Roque-sur-Cèze. En cause : la gestion d’une partie du site naturel très fréquenté, mais en grande majorité privée. Lassé d’assumer seul les coûts d’entretien et la sécurité, Gilles Rigole, propriétaire du camping Les Cascades, a décidé de fermer l’accès à la rive droite, qu’il détient à plus de 80 %.

Un site touristique… mais privé à 80 %

Pour rappel, c’est en 2024, lors du rachat d’une maison en surplomb du site, que la famille Ranzato découvre qu’elle détient la majorité de la rive droite des cascades, soit environ deux hectares réunis au fil des décennies. Une surprise de taille pour celui qui est présent au camping familial depuis 17 ans, alors même que le lieu attire désormais plus de 200 000 visiteurs par an, contre seulement 20 000 il y a encore dix ans.

Problème : aucune répartition officielle des responsabilités entre les acteurs publics et les propriétaires n’existe. « On est seuls à tout gérer, alors que la commune profite de la notoriété du site sans rien assumer », dénonce Gilles Rigole.

Des charges importantes et un sentiment d’abandon

Débroussaillement obligatoire (20 000 €/an), nettoyage quotidien (jusqu’à 10 sacs de 50 litres de déchets ramassés sur une seule journée), gestion de la sécurité… Les dépenses s’accumulent. « On a des obligations légales et un devoir de sécurité, ce sont jusqu’à 600 personnes par jour qui se rendent sur les plages en été. »

Pour faire face à ces dépenses, le propriétaire a envisagé un droit d’entrée à 3 € par personne, mais rien n’a encore été mis en place. En parallèle, des agents de sécurité sont mobilisés chaque semaine (2 000 €/semaine), et des clôtures et barbelés ont été posés ce jeudi 12 juin pour interdire l’accès à la zone privée. « Ce n’est pas une vengeance, ni de la jalousie. C’est un appel à l’aide », explique-t-il, visiblement à bout et alors que la polémique enfle sur la présence des barbelés sur ce site protégé.

Une vente proposée, mais refusée par la mairie

Afin de sortir de l’impasse, Gilles Rigole indique avoir proposé à la municipalité de racheter les 2 hectares concernés pour 80 000 euros, auxquels s’ajoutaient 20 000 euros de débroussaillement engagés et 17 000 euros de travaux de clôture, soit un total de 117 000 euros. « Le maire, Robert Gauthier, m’avait dit en janvier qu’il était d’accord. Mais lors du conseil municipal du 15 mai, tout a été rejeté : ni l’aide au débroussaillage, ni le remboursement des études foncières, ni la vente. »

Le propriétaire déplore également de ne pas avoir été invité à présenter lui-même le projet en conseil. « On a perdu six mois. La mairie refuse de s’engager alors qu’elle connaît parfaitement la situation. »

Plainte, médiation et retrait des barbelés

La tension est montée d’un cran avec le dépôt d’une plainte par le maire contre les propriétaires, et une médiation a été fixée avec la gendarmerie de Pont-Saint-Esprit ce lundi. Gilles Rigole a accepté de retirer les barbelés dans la semaine, au profit d’une clôture plus légère. Mais la fermeture de la rive droite au public reste maintenue, en attendant un accord.

« Je suis commerçant, habitant de La Roque, et je crois profondément dans un tourisme de qualité. Si je comprends la position des habitants et leur frustration, je ne peux pas continuer à porter seul un site aussi emblématique et ses frais annuels qui mettent en péril le camping, alors que la commune empoche 300 000 euros chaque année grâce au parking », insiste-t-il. Demandant « à minima » une aide de fonctionnement annuelle dédiée à l’entretien.

Prévention, pédagogie et flyers

En attendant, les équipes du camping continuent leur travail de prévention. Des flyers explicatifs sont distribués aux touristes et aux campings voisins. La gendarmerie renforce sa présence, notamment pour épauler les agents de sécurité et sensibiliser les visiteurs.

« Ce n’est pas à un particulier d’assurer seul la gestion d’un site touristique dont la promotion est nationale », conclut Gilles Rigole, déterminé à poursuivre le combat tant qu’aucune solution pérenne n’aura été trouvée. Lui qui envisage en cas de désaccord durable avec la municipalité, un projet d’aménagement mettant en valeur le site.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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