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Montfaucon : l’école de Montlezon devient officiellement l’école Simone Veil

Samedi 21 juin, au cœur de la colline de Montlezon, le groupe scolaire de Montfaucon a été solennellement renommé en l’honneur de Simone Veil. Une cérémonie empreinte de mémoire, d’engagement et de transmission, en présence de nombreuses autorités, dont la députée Pascale Bordes et le sénateur Laurent Burgoa.

Le soleil du solstice d’été illuminait le parvis du groupe scolaire de Montfaucon, ce samedi 21 juin, pour une cérémonie de renommée à haute portée symbolique. Construite au début des années 1970 sur la colline de Montlezon, l’école portait jusqu’alors ce nom géographique, discret témoin du paysage. Elle s’appelle désormais école Simone Veil, en hommage à l’une des plus grandes figures du XXe siècle, femme de combat, de mémoire et de convictions.

« Un repère, un exemple »

Entouré des élèves, de leurs enseignants, de parents et d’élus, le maire Olivier Robelet a ouvert la cérémonie avec un discours solennel:

« Ce moment solennel va nous permettre tous ensemble de dénommer officiellement ce lieu d’éducation et de savoir “Simone Veil”. »

Rappelant les grandes étapes de la vie de Simone Veil – la déportation à Auschwitz-Birkenau à 17 ans, ses études de droit, sa brillante carrière de magistrate puis de ministre – l’édile a salué « une femme de caractère, un modèle d’exigence dans sa vie politique et associative », avant de citer des passages marquants de son autobiographie Une vie.

« Nos communes rurales doivent aussi servir la mémoire et perpétuer les souvenirs. Il nous paraissait essentiel de donner son nom à ce groupe scolaire. Qui mieux que Simone Veil pour incarner la mémoire de la déportation, le combat d’une femme pour les femmes, celui de la transmission ? »

Avant le discours, la cérémonie a été ponctuée par des interventions musicales émouvantes du groupe vocal À mi-voix, accompagné par les enfants de l’école, dans un hommage artistique à la hauteur de l’engagement de la femme honorée.

Une école face aux défis du présent

La cérémonie a également été marquée par la prise de parole de Laurent Burgoa, sénateur du Gard :

« C’était un devoir pour moi d’être présent. À l’heure où l’antisémitisme abject monte dans notre pays, ce choix de dénomination est tout à fait à propos. »

Saluant le courage politique et la vision européenne de Simone Veil, Laurent Burgoa a rappelé qu’elle « aurait dû être Première ministre, voire la première femme présidente de la République ». Et de conclure par un geste fort :

« Monsieur le maire, vous faites partie de ces élus locaux qui redonnent des repères à une France qui se cherche. C’est pourquoi je vous remets aujourd’hui la médaille du Sénat. »

« Une femme au-dessus de toutes »

De son côté, Pascale Bordes, députée de la 3e circonscription du Gard, a livré un hommage personnel et engagé :

« Simone Veil est celle que je considère comme la plus grande femme de tous les temps. Elle est sortie de l’enfer, arrêtée et déportée comme six millions d’autres, simplement parce qu’ils étaient juifs. »

Avec gravité, la députée a alerté sur la résurgence actuelle de l’antisémitisme dans le débat public :

« Je nous mets tous en garde. Ce sont les enseignants, ici même, qui ont la responsabilité de transmettre aux jeunes les valeurs que Simone Veil a portées toute sa vie. »

À l’issue des discours, les élus, les familles et les enfants se sont rassemblés pour dévoiler la plaque inaugurale de l’école Simone Veil, dont le graphisme a été réalisé par Claudine Robelet et la réalisation de la plaque par Thierry Blanc, sculpteur local. Une école désormais marquée du nom d’une femme qui incarne la mémoire, la liberté et l’humanisme. Une école, aussi, qui portera haut les valeurs républicaines dans un monde en quête de sens.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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