Saint-Geniès-de-Comolas : l’ancienne école rénovée devient un pôle intergénérationnel énergétiquement exemplaire

L’inauguration des travaux de rénovation énergétique de l’ancienne école du village marque un tournant pour le village de Saint Genies de Comolas. Porté par son maire Olivier Jouve, ce projet de réhabilitation mêlant mémoire, transition écologique et utilité sociale incarne une réussite exemplaire de transformation du patrimoine communal.
Construit en 1953 et inauguré en 1954 dans le contexte du développement industriel du secteur (usine de l’Ardoise, Marcoule), le groupe scolaire avait été complété dans les années 60 et 70 pour répondre à l’arrivée massive de nouvelles familles. Désaffecté dans les années 90 après la construction de nouvelles écoles, il était resté un bâtiment utile mais vieillissant, utilisé par des associations, la bibliothèque ou encore le premier centre de loisirs associatif dès 2002.
« C’était un ancien bloc scolaire qui avait servi à tout : centre de loisirs, bibliothèque, réunions… mais il était énergétiquement dépassé, avec une installation électrique obsolète, du chauffage au gaz, et des murs en béton non isolés », a rappelé Olivier Jouve, lors de l’inauguration.
C’est en 2021 que tout s’accélère. Un appel à projets « intelligent », selon le maire, est lancé, et la commune y répond rapidement grâce au travail de l’architecte Laetitia Di Mascio. Le soutien du député Anthony Cellier, alors en poste, permet d’obtenir une subvention de 550 000 € sur un budget global de 1,3 million d’euros, complétée par un prêt de 500 000 € à taux ultra-réduit (0,25%) de la Banque des Territoires.
L’Agglomération du Gard rhodanien, par la voix de son président Jean-Christian Rey, a également soutenu le projet à hauteur de 380 000 €, et prévoit une nouvelle enveloppe de 350 000 € pour la rénovation du préau.
« Ce projet est intelligent car il mutualise les besoins : accueil de loisirs, activités culturelles, bibliothèque, et même refuge en cas de canicule pour nos aînés », a souligné Jean-Christian Rey, saluant une rénovation « esthétique, durable et sociale ».
Un projet exemplaire sur le plan énergétique
La rénovation intègre des panneaux photovoltaïques en autoconsommation collective – une première dans ce type d’équipement communal. Résultat : 33% d’autonomie énergétique dès aujourd’hui, avec 1 million d’euros d’économies projetées sur 25 ans. Une bouffée d’oxygène pour les finances communales, sans augmentation d’impôts ni réductions budgétaires.
« On n’a pas eu besoin de sacrifier de postes de fonctionnement. C’est un montage technique et financier exemplaire, au bénéfice direct des usagers », a insisté Olivier Jouve, non sans fierté.
Les enfants profiteront dès cet été de la climatisation dans les salles, et les associations locales bénéficient d’équipements de qualité : yoga, danse, arts plastiques, bibliothèque municipale rénovée… « On a préféré mettre 20 000 euros dans les livres plutôt que dans des étagères normées hors de prix », a glissé malicieusement le maire, au moment de justifier la municipalisation de la bibliothèque.
Un lieu de vie intergénérationnel
« C’est plus qu’un bâtiment, c’est un lieu de transmission entre générations », a salué Pascale Bordes, députée de la 3e circonscription du Gard. « Vous avez évité la démolition. Vous avez eu l’intelligence de réfléchir, de conserver ce lieu de mémoire, et de le réinventer. »
Yann Gérard, sous-préfet de Nîmes, a quant à lui salué un projet « ambitieux et rare » : « Vous êtes l’incarnation de ce qu’il faut faire dans les années à venir. Face aux projections climatiques inquiétantes, cette rénovation est exemplaire en matière d’adaptation. »
Un modèle pour le territoire
L’ancienne école devient désormais un pôle intergénérationnel, culturel et éducatif, en lien direct avec les politiques de l’Agglomération en faveur de la petite enfance, de la parentalité et de la transition écologique.
« On ne garde pas les enfants, on les éduque. Il y a un vrai projet pédagogique dans chaque accueil. Ce bâtiment participe à cela, c’est un outil pour l’avenir », a insisté Jean-Christian Rey, évoquant les 1 000 enfants accueillis chaque année dans les crèches intercommunales et les 900 enfants quotidiens attendus cet été dans les centres aérés.
Un bâtiment ancien sauvé, des usages repensés, des économies d’énergie majeures et une dynamique locale renforcée : à Saint-Geniès-de-Comolas, l’école d’hier est devenue un symbole d’intelligence collective et de durabilité pour demain.



