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Elsa, portrait d’une gardoise hôtesse protocolaire sur le Tour de France : “Ce que j’aime, c’est être au cœur de l’action”

Chaque été, des millions de spectateurs scrutent les routes de France pour apercevoir le peloton filer à vive allure. Mais dans l’ombre des caméras et des projecteurs, une autre caravane s’active : celle des femmes et des hommes qui font vivre l’événement. Elsa est de celles-là. Hôtesse protocolaire pour la marque Krys, sponsor du maillot blanc sur le Tour de France depuis seize ans, elle incarne la discrétion, l’élégance… et la passion du sport.

« Ce qui m’a attirée, c’est d’être au plus près de l’action. J’aime le sport, les grands événements sportifs, le mouvement. »

Aujourd’hui professeure de yoga, Elsa conserve un lien intime avec le corps et l’effort. Le cyclisme ? « Ça me plaît, mais j’adore plein d’autres sports aussi. Ce que j’aime avant tout, c’est l’énergie d’un événement comme le Tour, cette ambiance unique. »

Quand elle débute sur la Grande Boucle, elle ne connaît pas encore le rôle d’hôtesse protocolaire. « J’étais dans l’organisation chez ASO (Amaury Sport Organisation, société organisatrice de la grande boucle). Et puis, on est venu me chercher pour faire du protocole. Une marque m’a repérée. »

Être hôtesse protocolaire, c’est quoi au juste ?

Ce rôle consiste à remettre les maillots distinctifs et les bouquets de fleurs aux vainqueurs de l’étape ou aux leaders du classement. Il faut être disponible, rapide, impeccable – et invisible, ou presque. Elsa ne s’en cache pas : « Ce n’est pas un métier où je cherche la lumière, mais je suis chaque jour sous les yeux de plusieurs milliers de fans présents sur la ligne d’arrivée. Ce qui m’importe, c’est de contribuer à cette grande fête populaire. »

À force d’années passées dans ce rôle clé d’hôtesse protocolaire Krys, elle a tout vu : les visages fermés après une étape d’enfer, les corps cabossés grimpant tout de même sur le podium, les émotions contenues ou débordantes.

« Je n’ai pas un champion en particulier qui m’ait marquée, mais plutôt des moments forts… Un coureur qui arrive en sang sur le podium, ou un autre qui revient de loin dans sa carrière et gagne enfin. Il y a des scènes qui restent. »

Une aventure humaine et géographique

Le Tour de France, c’est aussi une odyssée à travers le pays, avec des itinéraires qui passent parfois par les terres natales, comme ce sera le cas le 22 juillet prochain lors de l’étape reliant Montpellier au Mont Ventoux. « Revenir sur ses terres, faire un podium chez soi, c’est quelque chose de très fort. Voir les routes fermées, le public partout… C’est incroyable. »

Le quotidien d’une hôtesse est millimétré. Une fois les invités pris en charge au village départ ou par les pilotes, Elsa prend la route de l’arrivée, sur un itinéraire sécurisé, souvent hors course. « Parfois on passe par la course, mais c’est rare. Il y a beaucoup de monde sur les bords de route, c’est toujours très surprenant de voir la foule attendre les coureurs du peloton. »

Un rôle convoité, mais exigeant

Aujourd’hui, le recrutement des hôtesses passe par des agences événementielles. À son époque, Elsa avait postulé directement auprès de l’organisation. « Ce sont des amis qui m’ont dit qu’on pouvait bosser sur le Tour. J’ai tenté ma chance. »

À celles et ceux qui aimeraient rejoindre cette grande famille, elle lance un conseil simple : « Il faut essayer. C’est une expérience unique. Il faut être prêt, physiquement et mentalement, parce que c’est intense. Mais ça vaut le coup. »

Et maintenant ?

À l’aube d’un nouveau Tour, Elsa espère simplement vivre encore « de belles images, comme on en voit là, maintenant ». Chaque été, la magie opère encore. Et même après seize ans, son regard brille toujours au passage du peloton.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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