Incendies de forêts : l’ONF en première ligne pour protéger les massifs du Gard et d’ailleurs

Avec la multiplication des périodes de sécheresse et de canicule, les feux de forêt ne sont plus l’apanage du Sud-Est. En première ligne dans la prévention, l’Office national des forêts (ONF) renforce sa mission d’intérêt général, avec des moyens accrus et une stratégie qui mise sur l’anticipation.
Dans le Gard comme ailleurs, les étés sont de plus en plus chauds. Météo-France alerte : en 2100, le pays pourrait connaître des étés avec des pics à 50°C. Face à cette menace croissante, la politique de défense des forêts contre les incendies (DFCI), historiquement concentrée sur les zones méditerranéennes, s’étend désormais à l’ensemble du territoire. L’ONF joue un rôle pivot dans cette stratégie à trois temps : prévention, lutte et gestion post-incendie.
Prévenir avant tout
Hors saison estivale, les équipes de l’ONF mènent contrôles et actions pédagogiques sur les obligations légales de débroussaillement (OLD). Elles entretiennent également pistes, citernes et zones d’appui à la lutte. Avec la montée du risque au nord, les interventions s’intensifient : 3 000 journées de contrôle des OLD ont été menées en 2024, soit plus du triple qu’avant 2022.
À l’approche de l’été, la communication s’intensifie : présence sur les événements, sensibilisation du public en forêt, cartographies du risque, appui technique aux préfectures. Le message est clair : 9 feux sur 10 sont d’origine humaine. Un simple mégot ou barbecue mal placé peut déclencher un désastre.
Pendant l’été : surveiller et intervenir vite
L’ONF ne remplace pas les pompiers dans la lutte directe contre les flammes, mais elle est un maillon stratégique du dispositif. En 2024, 188 patrouilles de première intervention ont sillonné les forêts françaises, dont une large part en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’ONF y mobilise 250 forestiers spécialisés et plus de 1 500 agents généralistes en renfort.
L’objectif est double : détecter rapidement les départs de feu et intervenir dans les toutes premières minutes pour éviter l’embrasement. Ces patrouilles, coordonnées avec les préfets et les SDIS, contribuent à des bilans encourageants. En 2024, seulement 5 500 hectares ont brûlé en France, bien en deçà des moyennes annuelles précédentes.
Après les flammes : reconstruire et comprendre
Quand un incendie est maîtrisé, le travail ne s’arrête pas. L’ONF participe à la recherche des causes, alimente la base nationale BDIFF, cartographie les zones touchées via satellite, et engage des actions de reconstitution écologique : sécurisation, lutte contre l’érosion, et suivi de la régénération forestière.
Un effort collectif nécessaire
La DFCI repose sur une coordination exemplaire entre acteurs publics : sécurité civile, sapeurs-pompiers, Météo-France, INRAE, collectivités, associations, réserves communales… L’ONF y incarne l’expertise forestière. « C’est tous ensemble, par la connaissance mutuelle des compétences, que nous sommes collectivement plus efficaces », rappelle la direction.
Une vigilance citoyenne vitale
Car même le meilleur dispositif ne peut rien contre l’inconscience. Ne pas jeter de mégot, éviter les barbecues en pleine nature, appeler rapidement les secours au 112 : autant de gestes simples qui sauvent des forêts, des maisons, des vies.



