Nîmes Olympique : un club sauvé, une ville mobilisée, un avenir à reconstruire

C’est dans la salle des mariages de l’hôtel de ville de Nîmes que s’est tenue, ce mercredi 16 juillet, une conférence de presse aussi dense que symbolique. Un mois avant la reprise du championnat de National 2, les acteurs du projet « Nîmes Olympique Ensemble » ont pris la parole pour raconter, expliquer et poser les bases d’un nouveau départ. Après plusieurs mois d’incertitudes, de tensions internes et d’alerte rouge auprès de la DNCG, le club a été sauvé in extremis. Il peut désormais regarder l’avenir avec espoir, à condition que la mobilisation actuelle se transforme en énergie durable.
Une issue inespérée
Le maintien en National 2 prononcé par la DNCG lundi 15 juillet a été vécu comme un soulagement autant qu’une renaissance. « Ce club a trop d’histoire pour disparaître dans l’indifférence », a déclaré le maire Jean-Paul Fournier. Le soutien de la Ville s’est matérialisé par une subvention de 1 200 000 € votée à l’unanimité en conseil municipal, mais aussi par une reprise de contrôle politique et stratégique des infrastructures.
Le premier adjoint et président de Nîmes Métropole, Franck Proust, a rappelé la tension extrême des dernières semaines. Dès le 12 juin, un appel de Yannick Liron (président de l’association Nîmes Olympique) le prévient du risque de non-inscription du club. S’en suivent une visioconférence de crise en présence de Rani Assaf, la constitution express d’un dossier, une audition devant la DNCG à Paris avec une lettre d’intention de la municipalité reçue… dix minutes avant l’entretien. Le projet, révisé, consolidé, finalisé, sera finalement validé lors d’un second passage le 15 juillet.

Une dynamique collective
L’opération de sauvetage a mobilisé un large panel d’acteurs : l’association, les collectivités, les supporters, mais aussi le tissu économique local. Le chef d’entreprise Philippe Marcos, avec deux partenaires, a réussi à mobiliser plus de 400 000 € en moins de 48 heures avant le premier passage à la DNCG. D’autres figures, comme François Pesenti, journaliste gardois et directeur de chez RMC Sport, ou un expert en gestion de clubs professionnels, bien connu des sauvetages de club, Luc Dayan, ont apporté une aide technique précieuse.
L’objectif : bâtir un projet à la fois crédible financièrement et fédérateur. C’est ainsi qu’est née la SAS Nîmes Olympique Ensemble, présidée par Thierry Cenatiempo, dirigeant de GT Formation à Saint-Hilaire-d’Ozilhan. « On a voulu créer une grande famille autour du club », a-t-il expliqué, insistant sur la répartition claire des rôles, la transparence et la force du collectif.
Un club à reconstruire sportivement
La reprise de l’entraînement est prévue pour ce vendredi, avec trois matchs amicaux avant la première journée de championnat, fixée au 16 août. Le staff est désormais connu : Anthony Dupré comme manager général, Mickaël Gas comme coach principal, Morgan Puel en adjoint, et Marc Collat pour superviser les jeunes et la coordination avec la N2. « On a 15 jours de retard, mais on sera prêts », affirme Thierry Cenatiempo, confiant dans l’état d’esprit retrouvé du club.
La DNCG a aussi été attentive au nombre de pré-abonnements déjà enregistrés : plus de 2000 à ce jour, ainsi que 250 entreprises en VIP. L’objectif est de passer à 3000 abonnements et 300 VIP pour garantir une base solide de soutien populaire et financier. « Le public va jouer un rôle essentiel dans cette reconstruction », résume Franck Proust.
L’avenir des féminines : retour au bercail
Parmi les grandes annonces de la conférence, la préparation du retour des féminines au sein du club est une avancée majeure. Écartée ces dernières saisons, la section féminine bénéficiera désormais d’un projet structurant, à égalité avec les autres entités du club. « Comme dans tous les grands clubs, Nîmes Olympique aura sa section féminine », a souligné Franck Proust, précisant que les entraînements seront organisés à la Bastide, dans des conditions adaptées.

Yannick Liron n’a pas manqué de souligner le rôle crucial des femmes bénévoles au sein de l’association et du comité directeur de cette dernière avec notamment Carole et Elodie, très engagées dans la lutte contre les discriminations, l’éducation citoyenne et la valorisation des femmes dans le sport, intègrent le conseil d’administration en tant que membres de droit. « Elles ont porté avec conviction le programme éducatif fédéral et incarnent la représentativité des femmes au Nîmes Olympique », a salué Yannick Liron.
Une vocation sociale et territoriale réaffirmée
Au-delà du sportif, le Nîmes Olympique entend jouer un rôle dans la cohésion sociale et l’éducation populaire, en particulier dans les quartiers. « Le football est attendu dans nos cités, comme le rugby et le handball », a rappelé Franck Proust. Des partenariats sont envisagés avec des clubs voisins, afin de détecter les jeunes talents et renforcer la présence du club dans le tissu local. Ce maillage territorial est pensé comme une mission de service public du sport.
Les infrastructures : un nouveau socle
Le projet “Nîmes Olympique Ensemble” ne pourrait exister sans une clarification des responsabilités autour des infrastructures. La Ville de Nîmes a repris en main la propriété du stade des Antonins et du centre de formation de la Bastide. La subvention d’un peu plus d’un million d’euros est prévue : 600 000 € dès juillet, 600 000 € fin décembre. Elle couvre les frais de maintenance (notamment la pelouse hybride du stade des Antonins), les loyers, mais surtout la formation pour la saison 2025-2026.
Un engagement d’achat définitif des installations est prévu au plus tard le 30 janvier 2026. Cette reprise permet également à la Ville de mieux planifier l’utilisation des infrastructures pour les 40 000 licenciés de la ville. La Bastide va bénéficier d’une réorganisation complète, avec l’intégration de l’équipe féminine, de la préformation et des activités de sport santé et handisport.
En ce qui concerne l’avenir des Costières, un projet de rénovation couterait entre 5 et 40M€ selon Franck Proust qui indique que la ville va prendre le temps de la réflexion, le stade des Antonins étant homologué jusqu’en 2032.
La formation comme colonne vertébrale
Enfin, tous les intervenants ont insisté sur la formation, considérée comme la base solide du projet. « La formation, c’est notre colonne vertébrale », a résumé Thierry Cenatiempo. L’association a brillé cette saison avec un titre de champion de France U13, des succès régionaux en U14 et U15, et une stabilité dans les championnats nationaux.
Yannick Liron, ancien joueur formé au club, a rappelé que la formation nîmoise a toujours produit bien plus que des joueurs : elle a formé des hommes. « Le football m’a tout appris : le respect, l’humilité, le sol. » Son engagement à la tête de l’association est renforcé par une équipe soudée, des éducateurs de qualité, et un lien fort avec les établissements scolaires et le monde amateur.
Nîmes Olympique est vivant. Porté par une identité retrouvée, une gouvernance rénovée et une mobilisation large, le club entame un nouveau cycle. Reste désormais à transformer cette victoire institutionnelle en dynamique sportive, populaire et sociale, au cœur d’une ville qui ne cesse de répéter : « Le Nîmes Olympique, c’est l’ADN de Nîmes. »



