Sabran : l’incendie de ce vendredi causé par des travaux manuels ?

L’incendie qui a mobilisé 120 sapeurs-pompiers du Gard ce vendredi à Sabran pourrait avoir une origine bien précise. Selon les premiers éléments de l’enquête, des travaux extérieurs chez un particulier seraient à l’origine du sinistre qui a parcouru un hectare et menacé plusieurs habitations.
Une étincelle aux lourdes conséquences
Selon une source proche de l’enquête, l’incendie aurait débuté par des travaux en extérieur réalisés chez un particulier. Une étincelle produite lors de ces travaux aurait mis le feu à un tas d’ordures, déclenchant un sinistre qui s’est rapidement propagé à la végétation environnante et à un bâtiment industriel.
Cette hypothèse souligne une fois de plus les risques liés aux travaux extérieurs en période de fortes chaleurs, particulièrement dans les zones sensibles aux feux de végétation.
Une intervention complexifiée par le risque chimique
L’intervention des 120 sapeurs-pompiers mobilisés depuis les centres de Bagnols-sur-Cèze, Nîmes et Uzès s’est révélée particulièrement délicate en raison de la présence de matières dangereuses dans le bâtiment touché par les flammes.
“Au départ de l’intervention, les fumées ont été toxiques” en raison de la combustion de ces matières dangereuses, explique le lieutenant-colonel Max Chareyron. Cette situation a considérablement compliqué l’approche des secours et rendu l’intervention “beaucoup plus dangereuse” pour les soldats du feu.
Parmi les substances qui ont brûlé figuraient notamment 500 kg de soufre et 500 kg d’ammonitrite, bien que les relevés n’aient pas détecté de risque particulier lié à ces produits.
Une stratégie d’intervention adaptée au risque
Face à ces dangers, les pompiers ont dû adapter leur tactique. À la tombée de la nuit, ils ont pris la décision stratégique de se concentrer sur la surveillance de la végétation autour du hangar et du tas de déchets, laissant volontairement brûler le reste afin de ne pas exposer à nouveau les soldats du feu aux risques chimiques.
“Maintenant, elles ne génèrent plus de risques pour la population”, rassure le lieutenant-colonel Chareyron concernant les matières dangereuses.
Un dispositif exceptionnel mobilisé
Le lieutenant-colonel Max Chareyron justifie l’ampleur du dispositif déployé : “Au plus fort du dispositif, nous avions 120 pompiers. L’idée de la tactique, c’est la priorité : ce qu’on veut, c’est que le petit feu ne devienne pas un gros feu. Donc quand il y a un petit feu, on envoie la cavalerie.”
Cette philosophie d’intervention massive dès les premiers instants s’est avérée payante, permettant de limiter la propagation du sinistre malgré les conditions difficiles liées au risque chimique.
Un appel à la vigilance de la population
Le lieutenant-colonel Chareyron profite de l’occasion pour lancer un appel à la prudence : “C’est une période où on a de fortes chaleurs, des périodes où les nuits ne sont pas suffisamment rafraîchissantes. Tout travaux impliquant du feu ou du matériel qui pourrait créer une étincelle est vivement déconseillé.”
Il recommande aux particuliers souhaitant effectuer des petits travaux chez eux de prendre des précautions particulières et de disposer de moyens d’extinction à proximité.
Bilan et enseignements
Cet incident rappelle l’importance de la vigilance lors de la réalisation de travaux extérieurs en période estivale. Une simple étincelle peut avoir des conséquences dramatiques, particulièrement dans les zones où la végétation est sèche et inflammable.
A noter la belle solidarité orchestrée par la municipalité sabranaise qui a fourni aux sapeurs pompiers présents à proximité des cours de tennis, de l’eau et de quoi se nourrir avant d’affronter une longue nuit de surveillance.



