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À Laudun-l’Ardoise, le comité de défense du hameau de l’Ardoise dénonce « un projet imposé » et « un manque de transparence »

Dominique Griotto, président du comité de défense des habitants du hameau de l’Ardoise, a tenu une conférence de presse, accompagné par plusieurs autres membres de l’association, pour exprimer son inquiétude et son écœurement face à ce qu’il considère comme “un projet industriel imposé sans concertation réelle” sur la friche de l’ancienne sucrerie.

« Nous avons l’impression qu’on joue avec la population », lance d’emblée Dominique Griotto. Depuis 2021, le comité de défense du hameau de l’Ardoise s’est mobilisé contre plusieurs projets jugés inadaptés à la zone. Après la plateforme logistique Gifi — un projet retiré par le président de l’Agglomération Jean-Christian Rey « à la veille de la signature », rappelle Dominique Griotto —, c’est désormais l’appel à projets industriel lancé dans le cadre du plan France 2030 qui suscite de vives inquiétudes.

« Un projet qui efface nos propositions »

Le comité, qui dit avoir toujours été « force de proposition », avait planché sur un projet de parc photovoltaïque participatif, ouvert aux habitants, artisans et commerçants locaux. « Le terrain nous appartient à travers nos impôts. On voulait un projet géré localement, comme cela se fait déjà ailleurs avec succès », explique Dominique Griotto.

Mais en mars 2024, alors qu’un projet d’usine d’hydrogène était évoqué, le comité découvre que l’entreprise mandatée par l’Agglomération pour participer au rendez-vous avec l’association, demande non plus deux, mais vingt hectares — effaçant du même coup leur initiative citoyenne.

« On est en train de nous promener, de jouer avec la population », accuse-t-il, ajoutant que l’étude de risques demandée n’a toujours pas été transmise depuis plus d’un an. Le comité redoute notamment un classement Seveso seuil haut si le projet hydrogène venait à se développer à grande échelle.

Courriers officiels et tensions croissantes

En mai 2025, les habitants ont reçu un courrier cosigné par Yves Cazorla, maire de Laudun-l’Ardoise et vice-président au développement économique, et Jean-Christian Rey, annonçant le lancement d’un appel à projets “site clé en main France 2030”.

« Désormais, la communication se fait par écrit, sans concertation, pour imposer une vision. Nos arguments sont balayés », regrette Dominique Griotto.

De plus, selon lui, la délibération du 24 juin 2025, adoptée en conseil municipal à Laudun, a acté la modification du périmètre d’intervention pour permettre d’éventuelles acquisitions foncières. « On nous parle d’aider les habitants face aux inondations, mais on cache qu’on va raser des maisons », accuse-t-il, évoquant un « problème démocratique ».

Le président du comité s’interroge également sur la proximité des habitations avec les zones industrielles projetées : « Pourquoi cacher des choses si on n’a rien à se reprocher ? Les maisons ne vaudront plus rien. » Et de prévenir : « La population ne se laissera pas faire. »

Les élus défendent une démarche réglementaire

Face à ces critiques, Laurent Savary défend la transparence de la procédure. Le directeur de cabinet du président de l’agglomération du Gard rhodanien précise qu’il n’est pas question d’expropriations, mais d’un simple avenant à la convention passée avec l’Établissement public foncier (EPF), permettant « de se porter acquéreur en cas de velléité de vente ».

Concernant l’appel à projets, le directeur de cabinet du président de l’Agglomération rappelle qu’il s’agit d’« une procédure réglementaire encadrée », encore en cours d’instruction :

« Je ne peux pas préjuger du dossier qui sera retenu, ni dévoiler le contenu des candidatures, car des entreprises se sont engagées dans cette procédure. »

Laurent Savary, directeur de cabinet de Jean-Christian Rey, conclut pour sa part que les remarques du comité ont été intégrées :

« Il y a bien eu des échanges avec les riverains, notamment sur les risques industriels et les impacts Seveso. Cela fait partie des critères de réflexion pour le choix final. »

Un climat de défiance persistant

Malgré ces assurances, le dialogue semble rompu entre les habitants du hameau et les instances intercommunales.

« Depuis mars 2024, plus aucun contact avec le président de l’Agglomération », regrette Dominique Griotto, qui évoque « un climat de flou et de méfiance ».

Pour lui, la démarche manque de sincérité : « On nous dit qu’il faut se mettre hors d’eau, mais on prépare un projet industriel à haut risque. C’est contradictoire. »

Le comité de défense, qui se dit prêt à informer directement les élus communautaires en se rendant à l’un des prochain conseil pour “qu’ils sachent ce qu’on leur fait voter”, appelle à un retour au dialogue et à une réflexion concertée sur l’avenir de la friche de l’Ardoise.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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