Le Pin – Commémoration du 11 novembre en présence du préfet du Gard Jérôme Bonet

Sous un ciel automnal, la commune du Pin a rendu hommage, ce lundi 11 novembre, aux soldats morts pour la France lors d’une cérémonie empreinte de solennité et d’émotion. Autour du monument aux morts, habitants, anciens combattants, élus et écoliers se sont réunis aux côtés du Préfet du Gard, Jérôme Bonet, et du colonel Dorigny, chef de corps du 1er régiment étranger de génie (1er REG) de Laudun-l’Ardoise.
« Accomplir notre devoir de mémoire »
En ouverture, le maire Patrick Palisse a souhaité la bienvenue aux représentants de l’État et de l’armée :
« C’est un honneur de vous recevoir, Monsieur le préfet, pour votre deuxième visite en 2025 dans notre village. Nous sommes ici réunis pour accomplir notre devoir de mémoire et le transmettre aux jeunes générations. Rendre hommage aux combattants ne sera jamais à la hauteur de leur sacrifice. »
Le maire a rappelé qu’entre 1914 et 1918, 19 habitants du Pin – sur les 225 que comptait la commune à l’époque – avaient perdu la vie sur le front. Un chiffre qui témoigne de l’ampleur du sacrifice. Patrick Palisse a tenu à associer à cet hommage non seulement les anciens combattants, mais aussi « ceux d’aujourd’hui, qui poursuivent le combat pour la paix et la liberté ».
La lettre d’un Poilu lue par les enfants
Moment particulièrement émouvant : les élèves de l’école communale ont lu la lettre d’un Poilu, Damien, cultivateur du Pin mobilisé dès août 1914. Blessé grièvement lors du bombardement d’une église en Belgique, il écrivit à ses parents en février 1915 pour leur dire qu’il allait mieux, après avoir survécu à une attaque qui fit « cinquante morts et cent blessés ». Démobilisé handicapé, il rentra au village avant de fonder une famille et d’y finir sa vie en 1963. Son frère, lui aussi soldat, fut blessé le 11 novembre 1918 et mourut cinq jours plus tard.
Une histoire simple et poignante, qui a touché l’assistance et permis aux enfants de comprendre la réalité humaine derrière les noms gravés sur le monument.

Le message de la FNACA : « Refuser l’oubli »
Le représentant de la FNACA (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie) a rappelé le sens du 11 novembre :
« Le 11 novembre est un jour de mémoire, mais aussi la mémoire d’un jour : celui de l’armistice annoncé par Georges Clemenceau, le 11 novembre 1918 à 16h. C’est la fin d’une tragédie, le courage de ceux qui se sont engagés. 107 ans après, il faut se souvenir, car cela passe par ces cérémonies et par la présence de nos monuments aux morts. Il est inacceptable que l’oubli efface la voix et le visage de ceux qui ont donné leur vie pour la paix et la fraternité. »
Lecture du message ministériel par le Préfet du Gard
Le Préfet Jérôme Bonet a ensuite lu le message officiel de Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, et Alice Rufo, ministre déléguée, rappelant la portée symbolique et universelle de cette journée :
« Le 11 novembre, la France écoute battre son cœur. Elle se recueille devant les noms de ceux qui ont donné leur vie pour que nous vivions libres. Elle se rassemble pour commémorer la victoire et célébrer la paix. (…) Sur le soldat de tous les âges et de toutes les origines, la flamme du souvenir ne s’est jamais éteinte. »
Ce message a également mis en lumière la force d’âme du Bleuet de France, symbole de solidarité avec le monde combattant, et a souligné la nécessité du patriotisme, dans un monde où la guerre redevient une réalité.
Une cérémonie intergénérationnelle et fidèle à la mémoire
La cérémonie s’est conclue par le dépôt de gerbes, une minute de silence et la Marseillaise entonnée par les enfants et les habitants.
Entre recueillement et transmission, cette commémoration du 11 novembre au Pin a rappelé, avec dignité, la force du souvenir collectif et l’attachement du village à ses valeurs républicaines.



