Bagnols-sur-Cèze renouvelle son engagement pour la rénovation du centre ancien

La Ville de Bagnols-sur-Cèze a officiellement signé le deuxième volet de l’OPAH-RU (Opération programmée d’amélioration de l’habitat – renouvellement urbain), confirmant la poursuite d’un travail engagé depuis 2022 en faveur de la réhabilitation du centre ancien. Une étape structurante, saluée par l’ensemble des partenaires institutionnels, à commencer par l’État, l’Agglomération du Gard rhodanien, le Conseil départemental, la Banque des territoires, Action Logement, l’ANAH et la préfecture du Gard.
Quatre années pour « marquer l’essai »
Pour Jean-Yves Chapelet, maire de Bagnols-sur-Cèze, cette signature marque avant tout l’aboutissement d’un travail de long terme. « Les deux premières années ont été consacrées à la mise en place du dispositif et à un important travail de pédagogie pour convaincre les habitants du centre-ville », a-t-il rappelé. Rénovation de façades, amélioration thermique, aides financières : il a fallu faire connaître les outils, démontrer leur efficacité et enclencher une dynamique, notamment par le bouche-à-oreille autour du programme Maison cœur de ville.
Les chiffres témoignent de cette montée en puissance : près de 800 rendez-vous, 210 visites de logements, 80 opérations déjà réalisées, 26 en cours, et surtout 4 millions d’euros de travaux générés, avec des taux de prise en charge allant de 30 à 90 % selon les situations. Un effet levier jugé déterminant pour la redynamisation du centre-ville et l’amélioration durable de la qualité de l’habitat.
Transformer l’essai avec un second volet plus ambitieux
Après avoir « marqué l’essai », l’heure est désormais à sa transformation. Le nouveau volet de l’OPAH-RU intègre des axes renforcés, notamment la lutte contre l’habitat indigne et l’identification d’opérations plus lourdes dans les secteurs où la dégradation est la plus marquée. « Mettre de l’ordre, c’est aussi redonner la parole aux habitants », a souligné le maire, insistant sur l’enjeu social de la démarche.
Un accent particulier est mis sur les copropriétés avec le lancement d’un POPAC (Programme opérationnel de prévention et d’accompagnement des copropriétés). À Bagnols-sur-Cèze, 225 copropriétés sont recensées. Un travail de fond est nécessaire pour intervenir sur les statuts, expliquer les dispositifs existants et démontrer l’intérêt concret des aides mobilisables via l’OPAH-RU afin d’éviter une dégradation progressive des immeubles.
Un exemple à l’échelle intercommunale
Présent lors de la signature, Olivier Robelet, vice président représentant l’Agglomération du Gard rhodanien, a rappelé que l’intercommunalité est pleinement signataire de ce partenariat car « ce qui se fait à Bagnols est inspirant pour l’ensemble du territoire ». Ville centre, Bagnols-sur-Cèze a « essuyé les plâtres » et ouvre aujourd’hui la voie. « Les villages et petites villes peuvent s’en inspirer et adapter ces idées aux 44 communes de l’agglomération », a-t-il insisté, saluant la volonté politique à l’origine de ces résultats.
Le Département et l’État en soutien actif
Pour Christian Bastid, conseiller départemental, le Département du Gard réaffirme son engagement, bien au-delà de la signature. Il a souligné l’accompagnement des programmes ANRU à Nîmes, Bagnols et Alès, ainsi que des dispositifs associés comme le permis de louer, érigé en priorité départementale pour lutter contre l’habitat indigne. « C’est un engagement essentiel, chronophage et parfois insuffisamment reconnu », a-t-il déclaré, saluant l’investissement des élus locaux en lien étroit avec l’État et la préfecture.
De son côté, le sous-préfet du Gard, Mathias Nieps, a rappelé le rôle de l’État, via l’ANAH, dans l’accompagnement de la réhabilitation du parc privé, notamment au travers des aides comme MaPrimeRénov’. « Quand une commune nous demande d’agir sur de tels enjeux, nous répondons présent », a-t-il affirmé. À Bagnols-sur-Cèze, l’OPAH-RU répond à un enjeu urbain fort : préserver un patrimoine remarquable tout en luttant contre la vacance de logements, facteur de désertification commerciale.
Des objectifs chiffrés et structurants
Le renouvellement du dispositif prévoit la réhabilitation de 150 logements, avec 5 millions d’euros de subventions mobilisables, (à titre de comparaison 800 000 euros avaient été financés par l’État lors du premier volet du programme 2022-2025). Deux îlots du centre-ville et 19 immeubles, feront l’objet d’interventions ciblées en ingénierie et en financement. Deux priorités guident désormais l’action : la lutte contre l’insalubrité et la précarité énergétique, et le traitement d’immeubles complexes dans une logique de renouvellement urbain.
Au-delà de l’habitat, l’objectif est clair : renforcer le logement pour soutenir la redynamisation commerciale, les services publics et le lien social, tout en répondant à un impératif environnemental majeur, celui de la lutte contre l’étalement urbain. Un engagement collectif que l’État a confirmé : un accompagnement financier, mais aussi stratégique et technique, sur la durée.



