Dermatose nodulaire : Carole Delga interpelle Sébastien Lecornu et appelle à un dialogue d’urgence avec les agriculteurs

Face à la colère grandissante du monde agricole, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a adressé une lettre ferme au Premier ministre, Sébastien Lecornu. En cause : la gestion par l’État de la crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire bovine, qui suscite incompréhension, indignation et tensions sur le terrain, notamment dans plusieurs départements du Sud de la France.
Dans ce courrier, l’élue régionale décrit une situation explosive dans les territoires, où « l’indignation et la colère montent inexorablement » au fil des heures. Elle évoque le « choc » ressenti par les éleveurs, mais aussi par une large partie de la population, face aux abattages de cheptels et à l’usage de la force publique, faisant explicitement référence à une intervention récente dans une exploitation en Ariège.
Carole Delga se garde toutefois de toute posture populiste. Elle réaffirme sa confiance dans la science et les solutions de progrès, tout en soulignant la nécessité de ne pas ignorer l’impact humain de la crise. « De très nombreux Français, aux côtés de nos éleveurs, sont choqués par l’image des bêtes qu’on abat », écrit-elle, insistant sur la détresse d’agriculteurs confrontés à la perte brutale de leur cheptel, mais aussi de « l’investissement et du sens d’une vie, parfois de plusieurs générations ».
Au-delà de la seule question sanitaire, la présidente de Région alerte sur un malaise démocratique plus profond. Selon elle, cette gestion de crise est perçue comme « le symbole d’un fossé grandissant avec un pouvoir sourd, méconnaissant des réalités de vie et de territoires ». Un constat d’autant plus préoccupant à l’approche du débat européen sur l’accord Mercosur, sujet hautement sensible pour l’agriculture française.
Carole Delga appelle ainsi le Premier ministre à intervenir rapidement pour instaurer un « dialogue franc et sincère » avec les représentants du monde agricole. Elle plaide pour une méthode fondée sur l’échange, l’écoute et la compréhension mutuelle, estimant qu’il ne peut y avoir de réponse « bureaucratique et froide » à une crise d’une telle ampleur humaine et sociale.
Dans sa lettre, l’élue rappelle également le rôle central des agriculteurs dans la souveraineté alimentaire du pays et l’attachement profond des populations rurales à ces femmes et ces hommes qui façonnent les territoires. « Derrière chaque agriculteur, chaque éleveur, chaque viticulteur, c’est un visage que l’on connaît, une famille que l’on côtoie », souligne-t-elle.
Concluant sur une note d’ouverture, Carole Delga assure le chef du gouvernement de sa « détermination » et de son « énergie » pour accompagner toute démarche visant à apaiser les tensions et à redonner confiance à une profession qu’elle juge profondément meurtrie, mais toujours soutenue par une large majorité de Français.



