A la UneActualitésAlès AggloBagnols-sur-CèzeGrand AvignonPolitiquePont-Saint-Esprit

Face à la dégradation du service ferroviaire, la SNCF déploie un plan d’urgence en Occitanie

Retards à répétition, suppressions de trains, incidents en cascade : la qualité du service ferroviaire régional s’est fortement dégradée ces derniers mois en Occitanie. Une situation jugée « inacceptable » par la présidente de la Région, Carole Delga, qui a interpellé la SNCF et son nouveau président-directeur général, Jean Castex. En réponse, la SNCF a présenté un plan d’urgence articulé autour de deux volets, l’un dédié à l’infrastructure, l’autre à l’exploitation et à l’information des voyageurs  .

Une régularité en chute libre malgré une fréquentation record

Les chiffres sont sans appel. Sur les onze premiers mois de l’année 2025, la ponctualité des trains régionaux liO n’atteint que 86,7 %, loin de l’objectif contractuel fixé à 90,7 %. En novembre, elle est même descendue à 80,7 %, soit près d’un train sur cinq en retard. Dans le même temps, le taux de suppression des trains atteint 16 %, grèves comprises. Cette dégradation intervient paradoxalement dans un contexte de fréquentation record : près de 27 millions de voyages en 2024, soit une hausse de 68 % par rapport à 2019, la plus forte progression au niveau national  .

Certaines lignes concentrent les difficultés, notamment à l’ouest de la région. La régularité est ainsi tombée à 65,2 % sur Toulouse–Rodez ou à 71,9 % sur Toulouse–Tarbes, tandis que la ligne Toulouse–Auch a connu plus de 580 suppressions de trains sur le seul mois de novembre, majoritairement liées à des défaillances d’infrastructure.

60 millions d’euros pour fiabiliser le réseau

Pour enrayer cette spirale négative, SNCF Réseau mobilise plus de 60 millions d’euros sur trois ans, en complément des 80 millions d’euros déjà consacrés chaque année à la maintenance du réseau en Occitanie. L’objectif est clair : réduire la part des retards imputables à l’infrastructure de 1,5 point d’ici 2028, dont 0,5 point dès 2026.

Le plan prévoit notamment la fiabilisation des installations de signalisation, le remplacement de composants de voie et de câbles, la suppression ou la sécurisation de passages à niveau sensibles, ainsi qu’un renforcement des actions face aux aléas climatiques et aux actes de malveillance, en forte hausse (+65 % en 2025). Des équipes dédiées seront mobilisées sur les axes les plus fragiles autour de l’étoile toulousaine  .

Un second volet pour améliorer l’exploitation et l’information des usagers

En parallèle, SNCF Voyageurs engage plus de 2,1 millions d’euros dès 2026 pour réduire de 25 % les incidents relevant de l’exploitation. Cela passe par la fiabilisation du matériel roulant, le recrutement de techniciens supplémentaires, une meilleure anticipation des travaux et la construction d’horaires plus robustes. La gestion de la production sera également renforcée, avec la constitution de réserves de conducteurs pour faire face aux aléas.

L’information et la prise en charge des voyageurs constituent un autre axe majeur. Une chaîne d’information liO sur WhatsApp a déjà été lancée, tandis que de nouvelles alertes personnalisées seront déployées à partir du printemps 2026. L’objectif affiché est d’atteindre une note de satisfaction de 7/10 sur la qualité de l’information voyageurs d’ici fin 2026, contre 6,3/10 actuellement  .

Des pénalités reversées aux abonnés

Face à l’ampleur des dysfonctionnements, la Région Occitanie appliquera près de 4 millions d’euros de pénalités à la SNCF au titre de l’année 2025. Ces sommes seront intégralement reversées aux usagers : tous les abonnés annuels bénéficieront d’un mois d’abonnement remboursé en février 2026, et jusqu’à deux mois sur les lignes les plus dégradées.

Si elle prend acte des engagements de la SNCF, la Région se veut vigilante sur leur mise en œuvre effective. Elle rappelle également que le réseau ferroviaire appartient à l’État et appelle à un plan d’investissement national massif et durable pour faire face à un réseau vieillissant et sous-financé. En Occitanie, un « mur d’investissements » de 2,5 milliards d’euros est estimé nécessaire d’ici 2032 pour garantir la sécurité et la qualité du service ferroviaire.

« Ce sont les résultats concrets, visibles dès 2026, qui permettront de juger ce plan », insiste Carole Delga, pour qui le redressement du rail est un enjeu majeur d’égalité territoriale et de transition écologique.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page