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Fin d’un combat de trois ans : la Ville de Bagnols-sur-Cèze rachète les installations sportives du tennis et du tir

Trois ans de combat, de doutes, de nuits blanches et d’énergie dépensée. Trois ans durant lesquels l’avenir de deux clubs sportifs emblématiques de Bagnols-sur-Cèze est resté suspendu à une décision. Ce mardi, lors d’une conférence de presse organisée sur site, puis lors du conseil municipal, l’issue tant attendue a été officiellement actée : la Ville de Bagnols-sur-Cèze rachète les installations sportives historiquement détenues par le comité d’entreprise d’Orano Marcoule. Un dénouement salué unanimement par les élus et les responsables associatifs.

Autour du maire Jean-Yves Chapelet, Robert Brisedoux, président de l’Association sportive de Bagnols-Marcoule – qui chapeaute l’ensemble des clubs sportifs de la ville à l’exception du handball –, Michel Boisson, président du TC Bagnols-Marcoule et co-président de Bagnols Tennis Gard rhodanien, ainsi que Pascal Margotteau, président du Tir sportif, sont revenus sur ce dossier qualifié de « combat de fond » et parfois d’« injustice qui fait mal au cœur ».

Une médiatisation décisive

Un an après une première conférence de presse destinée à « mettre la pression » sur le CSE Orano, propriétaire des terrains, la médiatisation du dossier a clairement joué un rôle déterminant. « La médiatisation a permis d’obtenir des résultats dans ce vrai combat », a rappelé Jean-Yves Chapelet. À l’époque, le CSE était sur le point de vendre le site à un particulier, au mépris de décennies d’investissement humain et financier des bénévoles.

Pour Michel Boisson, l’enjeu était vital : « C’était la fin d’un combat de trois ans. Le CE avait presque vendu le terrain à un privé. Aujourd’hui, un accord a été trouvé pour un rachat par la mairie, voté lors du conseil municipal. Je veux remercier la Ville de nous avoir soutenus. Le bon sens a prévalu. »

Des clubs menacés de disparition

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 333 adhérents pour le tennis, 115 pour le tir sportif. Sans solution, c’était la disparition pure et simple de six courts de tennis et l’obligation, pour 115 licenciés du tir, de restituer leurs armes. « On a eu très chaud pendant trois ans et quatre mois. À un moment, un courrier nous demandait de cesser toute activité », se souvient Pascal Margotteau. « Certains licenciés ont participé à la construction des infrastructures. Les voir partir à la concurrence aurait été un vrai crève-cœur. »

Si le CSE Orano a reconnu environ 30 000 euros de travaux, les clubs estiment avoir investi plus de 110 000 euros depuis 1986, date de création des installations. « Ces équipements ont été financés par l’argent des CE puis entretenus pendant près de quarante ans par les adhérents. La colère venait du fait de vouloir vendre à un particulier ce que les gens ont entretenu bénévolement pendant des décennies », insiste Michel Boisson.

Un lieu devenu municipal, au service de tous

La Ville rachète finalement le terrain pour 120 676 euros, un montant déjà proposé trois ans auparavant, alors qu’il avait été estimé jusqu’à 293 000 euros dans le cadre de la mise en vente. « Le point de rupture a été la vente à un privé », tranche le maire. « On ne s’est jamais demandé si c’était CEA, CSE ou mairie. C’est un vrai lieu de vie. Il devait rester un service public. »

Désormais communal, le site sera mis à disposition des clubs via des conventions précisant l’usage des infrastructures. La Ville s’engage également sur l’entretien, notamment le changement de l’éclairage et la préservation du site dans le respect des contraintes d’urbanisme et de sécurité incendie. « On ne pouvait pas imperméabiliser un mètre carré de plus », rappelle Jean-Yves Chapelet, soulignant la complexité réglementaire du dossier.

Rapprochement des clubs et avenir sécurisé

Ce combat a également permis un rapprochement inédit entre les deux clubs de tennis, le TC Roquette et le TC Bagnols-Marcoule, qui partagent désormais des infrastructures communes. « Ce rapprochement est légitime pour une ville comme Bagnols », estime Robert Brisedoux. « Juridiquement, le bien n’était pas collectif, mais affectivement, il l’était. Les associations ne pouvaient pas racheter les terrains. Il fallait faire comprendre la culture du bénévolat à certains interlocuteurs. »

Pour le tir sportif, une parcelle est actuellement en cours d’aménagement afin de sécuriser l’activité. Sans cette solution, le club aurait été contraint d’abandonner un projet majeur et de restituer près de 96 000 euros. Malgré les incertitudes, les tarifs resteront inchangés.

Un symbole fort pour le sport local

Au-delà des chiffres, ce dossier incarne une vision politique. « C’est une histoire de confiance », insiste Jean-Yves Chapelet. « On s’est tapé dans la main pour avancer ensemble. Ça a été long, mais notre ligne n’a jamais bougé. »

Aujourd’hui, près de 500 personnes fréquentent ce site pour apprendre et transmettre les valeurs du sport. Une équipe du club de tir a récemment terminé troisième au championnat de France, et des champions d’Europe et du monde viennent s’entraîner à Bagnols-sur-Cèze. Autant de raisons, pour le maire comme pour les bénévoles, d’estimer que l’issue de ce dossier est une « vraie avancée ».

« Je suis heureux d’avoir abouti », conclut Jean-Yves Chapelet. « Ce lieu appartient désormais à tous les Bagnolais. »

La délibération a été adoptée à l’unanimité par le conseil municipal de Bagnols-sur-Cèze ce vendredi 19 décembre.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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