Valentin Sarreaud, de sapeur pompier à co-pilote au coeur du désert, la quête de la victoire au Dakar 2026

À quelques semaines du départ du Dakar 2026 en Arabie saoudite, Valentin Sarreaud s’apprête à relever un défi qu’il connaît désormais par cœur… ou presque. À l’aube de son septième Dakar, et pour la quatrième fois consécutive aux côtés de Christian Lavieille, le copilote gardois ne cache plus ses ambitions : cette fois, il ne s’agit plus seulement de participer, mais bien de viser la victoire en deux roues motrices.
De l’apprentissage à l’ambition
« Avant, je faisais le Dakar pour vivre l’aventure. Aujourd’hui, c’est différent : je veux performer. » Le ton est posé, lucide. L’humilité reste de mise sur l’épreuve reine du rallye-raid, mais l’objectif est désormais clair. Après deux podiums consécutifs en deux roues motrices, puis une abandon cruel en tête du classement à deux jours de l’arrivée en 2025, le duo Sarreaud–Lavieille avance avec un esprit de revanche.
« L’an dernier a été extrêmement frustrant. Sur le moment, on encaisse. Mais quand on voit le podium à la télévision, là, ça fait vraiment mal. » Une désillusion digérée sans abattement. « Ça fait partie du jeu. Il n’y a pas mort d’homme. On avance. »
Une mécanique parfaitement huilée
La force du duo repose aussi sur la continuité. Depuis quatre ans, l’équipage évolue sur la même base de véhicule, constamment améliorée. « On connaît aujourd’hui les pannes potentielles, les procédures, les réactions de la voiture. L’expérience permet de résoudre de plus en plus vite les problèmes. »
Dans l’habitacle, la relation dépasse la simple lecture du roadbook. « Ce n’est pas comme un rallye classique. Il faut sentir quand pousser, quand calmer le jeu, quand dire à Christian d’attaquer ou au contraire de lever le pied. Cette sensibilité, elle vient avec le temps. » Une cohésion solide, sans tensions durables. « On discute toujours. Ça ne monte jamais dans les tours. »
Sapeur-pompier et athlète du désert
En dehors des dunes, Valentin Sarreaud est sapeur-pompier à Bagnols-sur-Cèze, un métier qui contribue largement à sa préparation physique. « Le Dakar, c’est un effort permanent, musculaire et mental. Être prêt physiquement est indispensable. » À cela s’ajoute la rigueur technique, essentielle pour réparer sous pression, parfois en plein désert.
Une notoriété qui grandit
Avec sept participations, le copilote commence à faire partie du paysage du rallye-raid. « Le milieu est petit, on croise toujours les mêmes têtes, sur le Dakar, au Maroc, au Carta. » Toutefois, il garde la tête froide : « Les vraies figures, ce sont les anciens comme Christian, qui a connu le Dakar en Afrique, en Amérique du Sud et ici. Ils connaissent tout le monde. Moi, je débute encore. »
Le Dakar en Arabie saoudite : une bulle à part
Pour la sixième édition consécutive en Arabie saoudite, l’ambiance reste particulière. « On est très peu en contact avec la population locale. Depuis le Covid, le rallye est resté dans une bulle. Et puis ici, il n’y a pas cette culture populaire du sport mécanique comme en Amérique du Sud. » Une course parfois plus austère… mais toujours aussi impitoyable.
Une logistique déjà lancée
La machine Dakar est déjà en route. Le véhicule a quitté l’Europe début décembre, après les pré-vérifications techniques effectuées à Barcelone. « On récupère la voiture au port le 30 décembre. Le 29, on est déjà sur place. Après, deux jours de shakedown en conditions réelles avant le départ. »
Le prologue aura lieu le 3 janvier, pour déterminer l’ordre de départ, un paramètre crucial en rallye-raid. L’arrivée finale est prévue le 17 janvier, avec un retour en France le lendemain.
Un vœu simple… mais immense
Quand on lui demande ce qu’on peut lui souhaiter, la réponse fuse, sans détour :
« La victoire en deux roues motrices. Et une belle place au général. Si on a ça, ce sera parfait. »
À l’aube de son septième défi sur les pistes du Dakar, rien n’est jamais écrit d’avance. Mais pour Valentin Sarreaud, l’heure n’est plus à l’apprentissage. Elle est désormais à la conquête.



