Carole Bergeri ne sera pas candidate à sa succession à Saint-Marcel-de-Careiret en 2026

Après douze années à la tête de la commune, Carole Bergeri, maire de Saint-Marcel-de-Careiret depuis 2014 et questeure du Conseil départemental du Gard, a annoncé qu’elle ne briguerait pas un nouveau mandat lors des élections municipales de mars 2026. Une décision mûrement réfléchie, motivée par la volonté de passer le relais localement et de se consacrer pleinement à ses autres engagements politiques et professionnels.
« Ce n’a pas été une décision facile », confie l’élue, qui conjugue depuis plus d’une décennie vie professionnelle, responsabilités familiales, mandat municipal et fonctions départementales. « À un moment donné, il faut faire des choix. J’aime travailler les dossiers sur le fond et sur la forme, et je sentais que ce n’était plus satisfaisant pour moi de tout mener de front. » Sans remettre en cause ceux qui font le choix d’enchaîner les mandats, Carole Bergeri revendique une approche différente : « J’ai envie de choses nouvelles, de nouveaux objectifs, de nouveaux défis. »
Douze années à la tête de la commune
Élue maire en 2014 après avoir été adjointe lors du mandat précédent, Carole Bergeri revient sur une expérience exigeante, marquée par des contraintes budgétaires fortes et des responsabilités accrues. « Être maire, ce n’est pas être adjoint. C’est un échelon au-dessus, avec davantage de responsabilités. » Le premier mandat a notamment été consacré à des travaux urgents et à l’entretien du patrimoine communal, dans un contexte financier contraint. « Le budget d’investissement d’une petite commune comme Saint-Marcel-de-Careiret n’est pas celui d’une grande ville. Il a fallu composer, prioriser, avancer pas à pas. »
Le second mandat a permis de voir aboutir plusieurs projets de long terme, fruit d’un travail préparatoire souvent invisible pour les habitants. « Entre le moment où l’on décide d’un projet et celui où il se réalise, il peut se passer beaucoup de temps. Il faut lever des freins, trouver des financements, frapper à plusieurs portes. »
Un mandat chahuté par les crises
Ce second mandat restera aussi marqué par une succession de crises inédites. « Personne n’avait prévu la pandémie de Covid, la crise énergétique, la guerre en Ukraine ou la crise économique. » Des événements qui ont lourdement pesé sur le fonctionnement municipal et sur la dynamique de l’équipe élue en 2020, installée tardivement en raison du report du second tour des municipales.
À ces difficultés se sont ajoutés des drames humains, avec le décès de plusieurs élus impliqués dans la vie communale. « Cela m’a beaucoup affectée. Ces personnes étaient partie prenante des projets. Le fait d’avoir pu les mener à terme, c’était aussi une manière de leur rendre hommage. »
Une transmission déjà engagée
Si elle ne sera pas candidate, Carole Bergeri assure que la continuité municipale est préparée. « Je préfère parler de transmission. Un noyau issu de la majorité actuelle est prêt à repartir et il a tout mon soutien. » Si la future équipe devra imposer sa propre méthode, la maire sortante se dit confiante : « Chacun doit apporter sa patte, même si la méthode est différente. C’est sain. »
Se consacrer pleinement au département… et regarder vers le Sénat
Cette décision permet à Carole Bergeri de se recentrer sur son mandat de conseillère départementale du Gard, où elle exerce des responsabilités importantes en tant que questeure, notamment sur les contrats territoriaux, la politique contractuelle et les fonds européens. « Cela demande du temps, de la présence sur le territoire, et je le fais bien volontiers. »
L’élue ne cache pas non plus ses ambitions sénatoriales. « Ce n’est pas un secret : je souhaite me représenter aux élections sénatoriales. » Déjà candidate en 2020 sur la liste conduite par Denis Bouad, elle s’inscrit dans la continuité de ce parcours. « Je suis très attachée aux communes. Le Sénat représente les collectivités, et c’est un travail qui m’intéresse profondément. »
Formée à l’Institut du Sénat, Carole Bergeri évoque son attrait pour le travail législatif et pour une approche pragmatique de l’action publique. « Si l’on veut que les choses changent, il faut mettre la main à la pâte. Même modestement. Le mandat de maire m’a appris une chose essentielle : rester humble. »
Des combats ancrés dans les territoires
Parmi les thèmes qui lui tiennent à cœur figurent l’agriculture, l’accès aux soins, l’éducation, la gestion de l’eau et la lutte contre les inégalités territoriales. « Quand je regarde mon village, autrefois composé pour moitié d’agriculteurs, ils se comptent aujourd’hui sur les doigts d’une main. » Elle cite également les enjeux liés à la santé, aux maisons médicales, à l’eau ou encore aux conséquences des lois d’aménagement du territoire sur les petites communes rurales.
Un message aux habitants
En conclusion, Carole Bergeri tient à adresser un message aux Saint-Marcelloises et Saint-Marcellois. « Je veux remercier la population qui m’a fait confiance en 2014, alors que j’étais jeune, femme, et que je succédais à un maire resté longtemps en poste. Ils m’ont renouvelé leur confiance à deux reprises. Tout ce que nous avons fait, avec mon équipe, l’a été pour et avec les habitants. J’espère avoir été à la hauteur. »



