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Les Amis d’Albert André s’inquiètent du devenir de la Maison de Laudun

Réunis en assemblée générale annuelle samedi 24 janvier 2026 à Laudun-l’Ardoise, les membres de l’association des Amis d’Albert André (AAA) ont largement consacré leurs échanges à l’avenir de la Maison Albert André, vingt ans après la disparition de Jacqueline Bret-André. Une assemblée marquée par la volonté réaffirmée de l’association d’être pleinement associée aux décisions concernant ce patrimoine majeur, au moment où un projet municipal se concrétise enfin.

L’association a pris connaissance du permis de construire déposé par la mairie de Laudun-l’Ardoise le 24 décembre 2025. Elle salue l’existence d’un projet d’investissement, attendu de longue date, rappelant qu’il correspond au souhait exprimé par Jacqueline Bret-André dans son testament. Celle-ci avait légué à la commune une somme de 563 000 euros en 2004 – soit près de 790 000 euros en valeur 2026 – afin d’assurer le fonctionnement de la Maison Albert André, son entretien et la rémunération de gardiens, tandis que le Département du Gard recevait 120 œuvres, meubles et objets destinés à rester à Laudun.

Pour autant, l’association estime que le projet actuel est « loin du compte » au regard de l’esprit du testament. Si elle admet qu’une transformation de la maison en musée au sens strict est complexe, plusieurs points suscitent une vive inquiétude : la modification des accès avec l’abandon de l’entrée historique par le perron de la rue de Boulogne, la destruction annoncée de l’atelier de peintre aménagé dans les combles — sans étude technique communiquée —, le doublage intérieur des murs au placoplâtre, et surtout l’installation d’un service administratif municipal occupant l’intégralité du premier étage. Autant de choix qui, selon les AAA, compromettent la valeur patrimoniale du lieu, son authenticité et son ouverture au public. L’association regrette également l’absence de vision culturelle claire : rien n’est encore précisé concernant la présentation des œuvres, l’intégration du mobilier et des objets, le programme de visites ou la reconstitution du jardin, pourtant souvent représenté dans l’œuvre d’Albert André. Elle appelle à une révision du projet, à une réduction des surfaces administratives, à l’étude d’un ascenseur extérieur pour l’accessibilité PMR, et à une gouvernance partagée entre la commune et le Département, comme le prévoyait Jacqueline Bret-André.

Prudence également sur l’avenir du musée de Bagnols

Au-delà de Laudun, l’assemblée générale a aussi été l’occasion d’aborder l’annonce récente d’un nouveau site envisagé pour le musée Albert André de Bagnols-sur-Cèze, évoquée lors des vœux de l’agglomération et de la municipalité. Là encore, l’association accueille la nouvelle favorablement, mais avec une grande prudence. Son président, Elian Cellier, a retracé l’historique de pas moins de neuf projets successifs en plus de soixante ans, aucun n’ayant abouti : « Si je fais cet historique, c’est pour montrer que nous accueillons avec prudence cette annonce puisqu’elle est un énième scénario », a-t-il déclaré, rappelant que « cette proposition arrive dans un contexte de fin de mandat électoral ».

S’il reconnaît que le site du lycée Gérard-Philipe constitue « une très bonne idée », il précise néanmoins : « Nous la soutiendrons non pas parce que c’était notre proposition, mais parce qu’elle est bonne. » Avant d’ajouter : « Nous n’allons pas aujourd’hui nous réjouir trop vite. Après huit projets en soixante-deux ans, il est légitime de rester prudents. » Et de conclure : « Notre association continuera à se battre pour aboutir. Nous avons la conviction qu’il faut un grand musée digne du XXIᵉ siècle à Bagnols, et c’est l’un de nos objectifs fondamentaux. »

Forte de vingt années d’engagement bénévole, l’association des Amis d’Albert André réaffirme sa disponibilité pour mettre ses connaissances et son expertise au service d’un projet respectueux de l’histoire, de la mémoire et de la dimension culturelle portée par Albert André et Jacqueline Bret-André. Un combat de longue haleine qu’elle entend poursuivre, à Laudun comme à Bagnols.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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