A la UneActualitésFootballNIMES OLSPORT

Nîmes Olympique : le collectif « Sauvons le Nîmes Olympique » veut peser dans le débat sur l’avenir des stades

Créé dans un contexte de crise profonde du Nîmes Olympique, le collectif Sauvons le Nîmes Olympique, présidé par Patrick Fustier, entend aujourd’hui jouer un rôle structurant dans la réflexion sur l’avenir du club et de ses infrastructures. Entre projet socios, dialogue avec les dirigeants et interpellation des candidats aux municipales, le collectif veut faire entendre la voix des supporters dans un moment charnière.

Un collectif né d’un besoin de sauvegarde

Le collectif Sauvons le Nîmes Olympique est né comme une réaction à la gouvernance précédente du Nîmes Olympique.

« L’objectif était clair : proposer une alternative crédible à ce qui nous apparaissait comme une trajectoire de déchéance du club sous la présidence de Rani Assaf », explique Patrick Fustier.

L’ambition initiale était double : recréer du lien entre le club et ses supporters, et s’organiser collectivement pour peser économiquement et symboliquement. C’est dans ce cadre qu’a été lancé un projet de type socios, permettant de collecter environ 50 000 euros.

Sur cette somme, 8 000 euros ont été investis directement dans le capital du club lors de l’arrivée de Thierry Cenatiempo, aujourd’hui président de la société Nîmes Olympique Ensemble. Les 40 000 euros restants ont été placés en compte courant d’associé — aux côtés de Génération Costières — en vue d’une future augmentation de capital, notamment en cas de professionnalisation et de montée en Ligue 3 (actuel National).

Faire des infrastructures un enjeu politique

Aujourd’hui, le collectif a élargi son champ d’action à la question des infrastructures sportives. Une thématique que Samuel Delpuech, vice-président du collectif, résume ainsi :

« Nous voulons que l’avenir des deux stades et des installations devienne un enjeu des campagnes municipales en cours. Ce sujet concerne toute la ville. »

Un premier groupe de travail a été constitué afin de mener une enquête de satisfaction auprès des supporters des Antonins et des Costières, pour objectiver les ressentis. Ce travail sert de base aux échanges avec les candidats aux élections municipales.

Un premier courrier a été adressé à l’ensemble des candidats déclarés — tous ont répondu, sauf un — et les premières rencontres ont débuté.

« Nous voulons connaître leur vision, leurs intentions, puis travailler concrètement sur une rénovation des Costières et une amélioration de l’accès aux Antonins. Nous demandons simplement à être entendus : nous représentons environ 2 000 supporters. »

Les constats sont largement partagés : manque d’accessibilité, confort insuffisant, et interrogation sur la pérennité du stade des Antonins, conçu à l’origine comme une infrastructure provisoire.

La rénovation des Costières au cœur du débat

Sur la rénovation du stade des Costières, le collectif regrette un manque de transparence.

« Nous avons entendu tous les chiffres possibles : 7 à 8 millions, 20 millions, 40 millions d’euros… Même à la mairie, les montants varient. Il existe pourtant un rapport d’assistance à maîtrise d’ouvrage, payé avec de l’argent public, mais auquel nous n’avons pas accès », souligne Patrick Fustier.

Sans remettre en cause la compétence du cabinet d’expertise, le collectif souhaite savoir précisément ce qui a été chiffré.

« Nous avons le sentiment que certains chiffres ont été gonflés. Rendre ce rapport public permettrait à tout le monde d’avoir une base de discussion claire. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. »

Un bilan sportif et humain jugé positif

Sur le terrain, le regard est plus optimiste.

« Quand on se souvient de la situation de juillet, avec un effectif à reconstruire quasiment intégralement, être aujourd’hui en course pour la montée est une vraie réussite. Le bilan sportif est positif », estime Patrick Fustier.

Même constat sur les relations entre le club et ses supporters :

« Les gens ont retrouvé le sourire et l’envie de venir au stade. On est écoutés par la direction, il y a un vrai dialogue. »

Un calendrier chargé pour 2026

Le collectif Sauvons le Nîmes Olympique entend poursuivre et amplifier son action en 2026. Un sondage élargi va être envoyé à l’ensemble des adhérents et des supporters afin de recueillir un maximum d’avis sur les deux stades.

Entre mi-janvier et mi-février, des rencontres sont prévues avec tous les candidats à la mairie pour connaître leur vision des infrastructures, avec un principe assumé : à terme, Nîmes n’a vocation à n’avoir qu’un seul stade.

Le collectif s’intéresse également au rapport des Domaines sur la valeur du stade des Antonins et du complexe de la Bastide, qui appartiennent toujours à Rani Assaf, ainsi qu’à la possibilité de racheter la marque Nîmes Olympique. Le conseil municipal du 13 février doit entériner ce rachat.

Un second sondage portera spécifiquement sur les installations de la Bastide, notamment les terrains d’entraînement. « Thierry Cenatiempo l’a dit lui-même : deux terrains sont à refaire, ils provoquent régulièrement des blessures. On n’est pas là uniquement pour brandir les Costières, mais pour améliorer l’ensemble des infrastructures », insiste Patrick Fustier.

« Tout dépendra de la volonté politique »

En conclusion, le président du collectif rappelle que la suite dépendra largement des choix issus des municipales de mars 2026.

« Tout dépendra de la volonté politique de la future majorité et du budget qu’elle décidera d’y consacrer. Nous, notre rôle, c’est d’apporter des données, des propositions, et la voix des supporters. »

Avec cette démarche structurée, le collectif Sauvons le Nîmes Olympique espère transformer la passion des tribunes en force de proposition durable pour l’avenir du club.

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page