À Saint-Victor-la-Coste, les « Marianne de France » dressent le bilan d’une année 2025 record

L’association Marianne de France, présidée par Philippe Pécout, a tenu son assemblée générale à Saint-Victor-la-Coste, en présence de Véronique Herbé, maire de la commune. Autour du président, le bureau composé de Marjorie Sabaton (trésorière), Olivier Robelet (vice-président) et Rémi Fagnon (secrétaire) a retracé une année 2025 dense, marquée par la sortie d’un ouvrage inédit et une série d’expositions qui ont largement dépassé les frontières gardoises.
« Mettre en lumière Marianne, c’est rappeler combien la République est précieuse »
Avant d’entrer dans l’ordre du jour, Véronique Herbé a souhaité la bienvenue aux participants, rappelant la vocation « culturelle, civique et profondément républicaine » de l’association créée en 2022. « Étudier, préserver, valoriser notre patrimoine républicain à travers les bustes de Marianne : ces figures ne sont pas de simples représentations. Elles incarnent la liberté, l’égalité, la fraternité », a-t-elle insisté, saluant particulièrement le travail autour du livre consacré aux bustes : « Mettre en lumière Marianne, c’est rappeler combien la République et la démocratie sont des biens précieux. »
Une association « apolitique », un symbole « transpartisan »
Dans son rapport moral, Philippe Pécout a rappelé les trois axes structurants de Marianne de France :
• un objectif historique et patrimonial (inventaire, recherches, valorisation des sculptures et représentations) ;
• un travail pédagogique auprès des scolaires, « des plus petits jusqu’aux lycéens », mais aussi à destination du grand public via expositions et conférences ;
• enfin, une ligne assumée : « une association totalement apolitique », Marianne étant décrite comme « transpartisane », adoptée « par tous les partis » comme symbole républicain.
Le livre sur « les Marianne du Gard », un jalon national
Point d’orgue du bilan 2025 : la publication de l’ouvrage sur les Marianne du Gard, projet « en instance » depuis plusieurs années. « Le texte était prêt, les photos étaient prêtes, la mise en page réalisée », a résumé le président, mais il manquait un éditeur et un financement. La situation s’est débloquée grâce à une souscription publique (particuliers et communes) et à la rencontre d’un éditeur gardois installé au Plantier, dans les Cévennes, qui a accepté de publier le livre.
Présenté une première fois au Salon des maires du Gard à Alès, puis officiellement à la Chambre des métiers et de l’artisanat du Gard à Nîmes (le 3 juillet, avec notamment des partenaires institutionnels et des élèves photographes contributeurs), l’ouvrage a ensuite été mis en avant au Salon des maires de France à Paris (18 novembre) et au Festival de la biographie de Nîmes (23, 24 et 25 janvier 2026). Résultat : des dizaines de communes et institutions ont déjà acquis le livre, tout comme des associations, librairies et particuliers. Philippe Pécout l’a revendiqué comme une référence : « le premier livre en France entièrement consacré à Marianne dans un département » sur ce sujet.
Expositions : du Gard à l’Aveyron, puis jusqu’en Haute-Loire
Autre marqueur fort : l’explosion du nombre d’expositions. Initialement, deux rendez-vous étaient envisagés. Finalement, l’année 2025 s’est transformée en tournée.
Parmi les étapes citées :
• Saint-Julien-de-Peyrolas (du 29 avril au 5 mai), avec prêts de bustes par des communes voisines et une forte participation des scolaires ;
• Laudun-l’Ardoise (du 15 au 18 mai, à l’Espace Barbara), également avec visites scolaires ;
• Millau (du 15 septembre au 31 octobre), exposition montée dans le cadre de la commémoration de la loi de 1905 : « 800 enfants » y sont passés, des plus jeunes aux collégiens ;
• Vénéjan (du 17 au 21 novembre), à la demande de la municipalité ;
• Nîmes (Maison de ma Région, face aux arènes), avec une inauguration le 8 décembre
• et déjà, début 2026, Le Puy-en-Velay : Marianne de France a exposé à l’Hôtel du Département de la Haute-Loire, notamment à l’occasion des vœux départementaux.
La laïcité en fil rouge… et un prix remporté par Millau
En 2025, l’association a aussi candidaté au prix de la laïcité lié aux 120 ans de la loi de 1905, sans être retenue parmi les lauréats. Mais Philippe Pécout l’a souligné : l’exposition à Millau a compté dans la dynamique locale, et la ville a décroché le prix de la laïcité pour les collectivités. « Modestement, on peut dire qu’on a aidé cette ville à obtenir ce prix », a-t-il glissé, annonçant l’intention de retenter l’expérience.
Le président a également mentionné la proposition de loi du sénateur Laurent Burgoa visant à encourager la présence de bustes de Marianne dans les mairies, au même titre que le drapeau et la devise républicaine.
Un coup de projecteur national… à la télévision
Moment plus inattendu du rapport moral : l’association a profité de la participation de Marjorie Sabaton à l’émission « Tout le monde veut prendre sa place », où un buste (celui de Brigitte Bardot) a été montré à l’écran. Une vitrine rare pour l’association, saluée comme un « coup de projecteur » auprès de millions de téléspectateurs.
Finances : une trésorerie renforcée, mais la logistique pèse
Au chapitre financier, la trésorière Marjorie Sabaton a présenté un compte 2025 radicalement différent de l’année précédente : « On est parti avec un peu plus de 500 euros… aujourd’hui on termine autour de 1 200 euros », a-t-elle expliqué, en attribuant l’essentiel de l’activité aux ventes du livre, aux cotisations et aux subventions.
Les dépenses principales concernent la logistique des expositions : locations de véhicules, déplacements, affranchissements pour l’envoi des ouvrages, production de supports (roll-ups), ainsi que des frais liés à des rendez-vous nationaux comme le Salon des maires. Un échange nourri a suivi : Olivier Robelet a insisté sur la nécessité, à l’avenir, de ne plus « faire venir une expo pour zéro », plaidant pour des remboursements systématiques et une participation financière plus structurée des collectivités accueillantes.
Les rapports moral et financier ont été adoptés à l’unanimité.
2026 : premières dates et inventaire national en accélération
Côté perspectives, plusieurs échéances sont déjà posées :
• 5 mars : intervention au lycée professionnel régional Montesquieu à Sorgues (semaine de la laïcité) ;
• 6 au 20 mars : exposition à la médiathèque de Garrigues-Sainte-Eulalie, avec vernissage le 6 mars. Ce sont une trentaine de bustes de l’uzège qui sont attendus pour cette exposition.
L’association veut surtout poursuivre son chantier central : l’inventaire national. La base de données atteindrait désormais 1 027 communes recensées. Un chiffre encore modeste face aux 36 000 communes françaises, mais déjà assez conséquent pour envisager un changement d’échelle.
Dans cette dynamique, le secrétaire Rémi Fagnon a présenté plusieurs pistes : création d’un site internet participatif permettant aux citoyens et communes de déposer photos et informations, rapprochement avec des universités d’histoire, mais aussi projet d’un concours de création auprès d’écoles d’art pour imaginer de nouveaux bustes destinés aux communes qui n’en possèdent pas. (Il y en a 15 dans ce cas dans le département du Gard).
Enfin, l’assemblée a enregistré une proposition remarquée d’Alain David (SMLH) : mener une étude sur le retour de Marianne après 1945 et la Libération, et envisager un soutien financier issu de la dissolution d’une association de photographes qu’il préside, afin d’appuyer un futur projet de Marianne de France.
La soirée s’est conclue par les remerciements du président à la commune hôte et un moment convivial. « Sans vous, ce ne serait pas faisable », a résumé Philippe Pécout, revendiquant une ambition simple : faire vivre, par l’histoire et l’éducation, un symbole républicain qui “ne laisse jamais indifférent”.



