Municipales à Pont-Saint-Esprit : Aurélie Delwarte déroule son projet et revendique “la seule liste de droite”

À deux jours du premier tour des municipales anticipées, Aurélie Delwarte a tenu ce vendredi 13 mars une réunion publique destinée à présenter l’équipe de sa liste Pont vers l’avenir et les grandes lignes de son programme. Devant mois d’une centaine de personnes, la candidate divers droite (candidate sur la liste du Rassemblement National en 2024) a cherché à installer une image de proximité et de sérieux, tout en multipliant les attaques contre la majorité actuelle et le maire Valère Ségal.
La soirée a été introduite par Marie Nouar, qui a d’emblée donné le ton. L’objectif, a-t-elle expliqué, était de permettre à chaque membre de l’équipe de présenter les principaux axes du projet “dans de bonnes conditions”.
Puis Aurélie Delwarte a pris la parole pour dresser le constat d’une ville “au potentiel immense”, mais selon elle “mal exploité, mal géré ou encore laissé de côté”. La candidate, âgée de 41 ans, mariée et mère de deux enfants scolarisés à Pont-Saint-Esprit, a insisté sur son ancrage local. Gestionnaire en ressources humaines dans le secteur du nucléaire, elle a expliqué avoir mis sa carrière “entre parenthèses” pour se consacrer pleinement à cette campagne. “Je serai une élue de terrain”, a-t-elle assuré, promettant des permanences sans rendez-vous et une présence régulière auprès des habitants.
Face à ses concurrents, Aurélie Delwarte a revendiqué un positionnement clair. “Nous sommes la seule liste de droite”, a-t-elle martelé en conclusion de réunion, présentant Pont vers l’avenir comme l’alternative du “véritable changement” à Pont-Saint-Esprit.
Le premier axe mis en avant a été celui de la sécurité, érigée en “priorité municipale”. La candidate dit entendre, chez de nombreux habitants, un fort sentiment d’insécurité, notamment dans certains quartiers et en centre-ville. S’appuyant sur ce constat, elle a dénoncé le décalage entre la parole municipale actuelle et le vécu des Spiripontains. “La sécurité est un droit fondamental”, a-t-elle lancé, en promettant plusieurs mesures concrètes : renforcement des patrouilles pédestres, présence accrue en fin de journée près des commerces, création d’une brigade de tranquillité publique et mise en place d’un dispositif de participation citoyenne encadrée avec les forces de l’ordre et l’État.
À ses côtés, Denis Leder, présenté comme futur adjoint à la sécurité en cas de victoire, a prolongé ce discours. Il a évoqué une ville où “le quotidien se dégrade” sous l’effet de “l’insécurité, des incivilités et du manque d’écoute”. Son objectif affiché : donner à la police municipale “les moyens d’agir efficacement”, renforcer la coordination avec la gendarmerie et lutter “fermement” contre le narcotrafic et les points de deal.
Deuxième grande priorité développée par la candidate : la santé. Aurélie Delwarte a mis en avant les difficultés d’accès aux soins que rencontrent de nombreux habitants, affirmant les vivre elle-même. Son projet repose sur la création d’un “pôle de santé durable” destiné à attirer de nouveaux médecins. Elle a évoqué un travail avec la CPTS, la Région et le dispositif Ma santé, ma région, avec, à la clé, un accompagnement global des praticiens souhaitant s’installer : logement, cabinet “clé en main”, scolarisation des enfants, emploi du conjoint. Elle a aussi défendu la mise en place d’une mutuelle communale afin de proposer aux familles, aux seniors et aux habitants les plus modestes une complémentaire santé à tarif négocié.
Jennyfer Galissaire, qui pourrait devenir adjointe chargée de ce secteur, a pris la parole pour raconter son engagement. Arrivée à Pont-Saint-Esprit en juillet 2023, elle a expliqué avoir découvert une ville pleine de qualités mais confrontée à des défis importants. Élue d’opposition depuis avril 2024, cette auto-entrepreneuse dans le domaine du bien-être a justifié son implication par une formule simple : “Quand on voit qu’il y a des choses à améliorer, deux choix s’offrent à nous : critiquer ou agir. J’ai choisi d’agir.”
Autre thème important : l’accompagnement des seniors et des personnes en situation de handicap. La candidate veut créer un “véritable plan municipal senior et handicap”, avec un accompagnement administratif renforcé, un accès facilité aux services municipaux, des déplacements à domicile pour les personnes empêchées, ainsi qu’une amélioration de l’accessibilité des bâtiments publics et de la voirie. Elle a aussi détaillé son souhait de voir émerger un foyer autonome pour les seniors, présenté comme une solution intermédiaire entre le domicile et l’Ehpad. L’objectif affiché est de permettre aux habitants de “vieillir dignement sans être contraints de quitter la commune”.
La jeunesse a constitué un autre temps fort de la réunion. “L’avenir d’une ville se construit avec sa jeunesse”, a insisté Aurélie Delwarte, qui estime ce public “un peu oublié” aujourd’hui. Son programme prévoit un renforcement du soutien aux projets éducatifs, périscolaires et culturels, mais aussi un accompagnement des parcours scolaires et professionnels. Elle a surtout défendu l’idée d’un “véritable campus éducatif”, regroupant à terme collège, lycée professionnel et équipements sportifs, en lien avec le Département, la Région et l’Union européenne.
Paul Brousse, désigné pour devenir adjoint aux affaires scolaires, a inscrit cette ambition dans une vision plus large d’attractivité territoriale. Journaliste hippique, il a plaidé pour une commune capable de garder ses jeunes et d’attirer de nouvelles familles grâce à un cadre scolaire de qualité. “Pont-Saint-Esprit est un diamant recouvert de poussière”, a-t-il résumé.
Sur le terrain économique, Aurélie Delwarte a promis un soutien renforcé aux commerçants et artisans, en centre-ville comme en périphérie. Elle souhaite créer un poste de manager de centre-ville, recenser les locaux vacants appartenant à la commune, favoriser des baux souples et des loyers progressifs pour encourager de nouvelles installations. Elle a également insisté sur la nécessité de réguler certaines ouvertures de commerces, pointant du doigt les bars et épiceries de nuit qu’elle considère comme des “façades pour blanchir l’argent de la drogue”.
Dans ce registre, Michel Pous, appelé à devenir adjoint au commerce, aux marchés et à la culture, a défendu une vision classique du centre-ville commerçant : “Quand les commerces vont bien, la ville vit.” Il a insisté sur la nécessité de lutter contre les vitrines vides, de simplifier les démarches administratives et de redonner de l’animation aux allées.
Enfin, Aurélie Delwarte a consacré la fin de son intervention à la gouvernance et aux finances. Elle a promis une mairie “transparente et respectueuse”, avec un budget participatif, un conseil municipal des aînés, une refonte du dispositif des délégués de quartier et un audit financier complet dès la première semaine du mandat. Sur ce point, elle a attaqué frontalement la gestion de l’équipe en place, évoquant notamment le dossier des bassins de rétention de la gendarmerie, dont elle conteste le chiffrage avancé par le maire.
Sandra Adroher, future adjointe aux finances si la liste l’emporte, a insisté sur la nécessité d’une gestion “saine et responsable”. “L’argent de la commune n’est pas l’argent de la ville, c’est l’argent des habitants”, a-t-elle rappelé.
Durant plus d’une heure, la candidate et ses colistiers ont ainsi cherché à présenter un projet « articulé autour de dix engagements ». Avec un fil rouge assumé : proximité, fermeté et critique méthodique du pouvoir en place. Reste désormais à savoir si ce discours de rupture trouvera un écho dans les urnes, dès ce dimanche 15 mars.



