Laudun-L’Ardoise : le 1er REG bâtit un monument aux morts, entre mémoire et engagement collectif

Le 2 juillet 2025 restera une date symbolique pour le 1er Régiment étranger de génie (1er REG). À l’occasion de la passation de commandement, les légionnaires ont procédé à la pose de la première pierre de leur futur monument aux morts. Un projet à forte portée mémorielle, mais aussi profondément ancré dans l’ADN du régiment : celui du travail, de la transmission et de la fraternité d’armes. Dix mois plus tard, TV Sud Magazine fait un point sur ce projet mémoriel d’envergure.
Un monument pensé comme un lieu de mémoire vivant
Porté par le lieutenant-colonel Lucien Olar, commandant en second du régiment et chargé du projet, ce monument répond à une volonté claire : créer un espace dédié au devoir de mémoire, accessible et visible au quotidien.
« La Légion, c’est une famille. Et plus le temps passe, plus ce sentiment d’appartenance devient fort. Les moments que l’on vit ensemble, surtout dans l’épreuve, créent des liens indéfectibles. Quand on perd des camarades, ce ne sont pas seulement des soldats, ce sont des frères d’armes. Nos morts, on ne les pleure pas, on les honore », explique-t-il.
Jusqu’à présent, le régiment disposait déjà d’un monument sur la place d’armes, hérité du 6e REG. Mais celui-ci ne reflétait qu’une partie de l’engagement du régiment. Depuis la transformation en 1er REG en 1999, de nouveaux noms sont venus s’ajouter à la longue liste des légionnaires tombés pour la France.
À terme, 52 noms, du 6e au 1er REG depuis 1984, seront gravés dans la pierre. Une vingtaine de noms supplémentaires, correspondant à la période plus récente, viendront compléter cet hommage.
Une œuvre symbolique, entre pierre et transmission

Le monument en construction se veut riche de symboles. Il s’articule autour de plusieurs éléments forts :
- Des colonnes de Balbec, actuellement en cours de construction, évoquant l’héritage et la solidité ;
- Une représentation du Pont du Gard, réalisée en pierre de Vers, rappelant l’ancrage territorial et l’héraldique du régiment ;
- Une sculpture centrale en pierre de Lussan, représentant un légionnaire démineur accroupi, encadré par son chef, illustrant les compétences spécifiques du génie militaire ;
- Un cèdre du Liban, planté derrière les colonnes, symbole de la Légion étrangère ;
- Un olivier, derrière le Pont du Gard, incarnation de paix et de mémoire.
La sculpture est confiée à un ancien du régiment, l’ex-caporal Anastasiu, renouant ainsi avec la tradition de transmission interne. « Il y avait du sens à ce que ce soit un ancien qui réalise ces statues. Cela s’inscrit dans la continuité de l’histoire du régiment », souligne le lieutenant-colonel Olar.
Un chantier réalisé par les légionnaires eux-mêmes
Fidèle à l’esprit du génie, le monument est construit en grande partie par les légionnaires. Les travaux ont débuté en 2024 et mobilisent plusieurs unités, notamment :
- la section SAD (appui au déploiement),
- la section STS (travaux sommaires).
Mais au-delà des spécialistes, toutes les compagnies du régiment participent. Une implication collective qui renforce encore le lien entre les hommes et ce futur lieu de mémoire.
« Nous avons voulu aller au bout de la symbolique : tout ce qui peut être fait par les mains des légionnaires doit l’être. Chacun apporte sa pierre à l’édifice », insiste le commandant en second.
Un projet collectif, au-delà du régiment
D’un coût estimé à 50 000 euros, le monument est financé de manière participative :
- une contribution du Foyer d’entraide de la Légion étrangère,
- un quart de jour de solde versé par chaque légionnaire,
- des dons issus d’un financement participatif auprès des collectivités et entreprises locales.
Un choix assumé : « L’objectif, c’était que ce projet soit celui de tous. Que chacun puisse s’y reconnaître et y contribuer. »
Au-delà de l’aspect financier, ce chantier a permis de renforcer les liens entre le régiment et son territoire. « Nous ne pensions pas que cela créerait un tel rayonnement. Cela a rapproché le régiment des acteurs locaux et de la population. C’est une excellente surprise », confie le lieutenant-colonel Olar.
Restaurer et transmettre
En parallèle de la construction du monument, les légionnaires mènent également des travaux de restauration de la fontaine voisine, participant à la valorisation globale du site.
Pensé comme un lieu de passage quotidien, ce monument s’inscrit dans une logique de transmission permanente. Chaque légionnaire, en le traversant, sera confronté à l’histoire de son régiment et au sacrifice de ses aînés.
« C’est aussi un rappel : à tout instant, un légionnaire doit être prêt à donner sa vie pour la France si on le lui demande. »
Un message fort, gravé dans la pierre, et désormais inscrit durablement au cœur du 1er REG.



