Pont-Saint-Esprit : mobilisation des parents à l’école Marcel-Pagnol contre une fermeture de classe

Sous une pluie persistante, une vingtaine de parents d’élèves se sont rassemblés ce matin devant l’école Marcel-Pagnol à Pont-Saint-Esprit pour dénoncer un projet de fermeture de classe. Une mobilisation symbolique, marquée par une opération « école morte » : seuls quatre élèves étaient présents à 8h32.
Une école déjà sous tension
L’établissement compte actuellement 144 élèves, dont 12 inscrits en dispositif ULIS, répartis en sept classes. La suppression annoncée d’une classe suscite une vive inquiétude chez les familles, qui redoutent une dégradation immédiate des conditions d’apprentissage.
« La fermeture d’une classe aura forcément un impact sur les élèves », alerte un parent mobilisé. Avec des effectifs plus chargés, les enseignants pourraient se retrouver en difficulté pour assurer un suivi individualisé, particulièrement dans un contexte où les besoins éducatifs spécifiques sont en hausse.
Des besoins en forte évolution
Les parents pointent notamment l’augmentation des dossiers MDPH, souvent sans réponse adaptée, ainsi qu’un manque criant d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). « Les postes ne sont pas pourvus ou pas remplacés. Aujourd’hui, il manque clairement des AESH pour répondre aux besoins », déplore un parent.
Face à cette situation, certains se disent prêts à s’engager eux-mêmes : « Les parents sont prêts à aller en classe pour remplacer ce manque ».
Une décision jugée incohérente
Au-delà de l’impact immédiat, les familles alertent sur les conséquences à moyen terme. « Dans deux ans, de nombreux élèves de CP vont arriver. On anticipe déjà un second effet de surcharge », explique un parent.
Pour les manifestants, cette fermeture repose sur des normes nationales jugées déconnectées des réalités locales. « Les critères ne correspondent plus aux besoins des enfants aujourd’hui », estiment-ils.
Dans un contexte où les discours politiques mettent en avant la réussite scolaire et l’accompagnement personnalisé, cette décision apparaît en totale contradiction. « On demande toujours plus à l’école, mais avec moins de moyens. Si on veut la réussite, il faut donner les moyens », insiste un parent.
« L’éducation n’est pas une variable d’ajustement »
Le message des familles est clair : « L’éducation n’est pas une variable d’ajustement budgétaire, c’est un investissement pour demain ». Pour eux, fermer une classe ne relève pas d’une logique d’économie, mais d’un renoncement. « Fermer une classe, ce n’est pas économiser, c’est sacrifier ».
Solidaires avec d’autres établissements confrontés à des situations similaires, les parents de Marcel-Pagnol entendent poursuivre la mobilisation pour faire entendre leur voix et obtenir le maintien de la classe.



