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Un hommage toujours aussi fort au gendarme Richard Capel à La Lèque

L’émotion demeurait intacte ce jeudi 28 mai lors de la cérémonie d’hommage rendue au gendarme Richard Capel, tué dans l’exercice de ses fonctions le 24 mars 1998 à La Lèque, sur la commune de Lussan. Vingt-sept ans après le drame, militaires, élus, forces de secours, proches et habitants se sont retrouvés sur les lieux mêmes de la tragédie pour perpétuer le souvenir du major Capel et rappeler la dangerosité du métier de gendarme.

Autour du Commandant Delobel, la cérémonie s’est déroulée en présence des trois frères de Richard Capel, Henri, Ange et Jean-Yves, mais aussi de Jean-Paul Lambert, le gendarme qui se trouvait à ses côtés le soir du drame et qui avait été grièvement blessé lors de l’intervention.

Comme chaque année, l’hommage a également pris une dimension sportive et fraternelle avec les Foulées Capel organisées par l’amicale B16 de la compagnie de gendarmerie de Bagnols-sur-Cèze. Trois parcours étaient proposés aux quelque 120 participants : une marche, un trail de 8 kilomètres et un parcours de 14 kilomètres. Des représentants de la compagnie de Bagnols-sur-Cèze, du groupement du Gard, de la police, des sapeurs-pompiers, du 1er REG ainsi que de la classe défense du Lycée Sainte-Marie étaient présents.

Dans l’allocution habituellement prononcée par le Commandant Delobel qui a exceptionnellement laissé la parole au binôme du major Capel, Jean Paul Lambert. Ce dernier a rappelé les faits tragiques survenus « le 24 mars 1998, peu avant 19 heures ». Ce soir-là, Richard Capel, âgé de 36 ans, et Jean-Paul Lambert interviennent à La Lèque après le signalement d’un camping-car suspect par un berger.

« Lors du contrôle, l’individu avait prétexté aller chercher ses papiers avant de revenir avec un fusil à canon scié. Il avait ouvert le feu sur les deux militaires. Grièvement blessé, Jean-Paul Lambert avait pu donner l’alerte. Richard Capel, touché à l’abdomen, était parvenu à riposter, tuant l’agresseur, avant de succomber à ses blessures après avoir courageusement rejoint son véhicule pour alerter ses collègues », a rappelé l’officier.

Le commandant a quant à lui insisté sur « l’importance de perpétuer la mémoire de notre camarade » et de « se retrouver dans des moments fraternels et solennels comme celui-ci ».

Moment particulièrement fort de la cérémonie, Jean-Paul Lambert a lui-même pris la parole pour relater cette soirée dramatique. Avec beaucoup d’émotion, l’ancien gendarme est revenu sur le déroulé précis de l’intervention.

« Ce jour-là, on est appelé pour la présence d’un camping-car derrière la butte. On intervient pour contrôler un monsieur seul à bord qui préparait un barbecue en plein mistral », a-t-il raconté. « Ce n’était pas un emplacement autorisé et les feux étaient interdits. »

Le militaire explique alors que l’homme prétend ne pas retrouver ses papiers d’identité. « Richard faisait le tour du véhicule pendant que je discutais avec lui. Il avait une veste avec de nombreuses poches, une immatriculation suisse et un accent marqué. »

Quelques secondes plus tard, tout bascule. « D’un coup, un coup de feu atteint Richard en pleine poitrine. Je me retourne, il me tire à bout touchant avec son fusil à canon scié. Dans l’autre main, il avait un pistolet automatique. »

Touché, Jean-Paul Lambert parvient malgré tout à prendre la fuite. « Il me tire encore dessus à deux reprises sans m’atteindre. J’arme mon pistolet et il reçoit une balle. Je me cache ensuite dans un affût à grives. »

Pensant alors que l’agresseur continue de tirer sur son collègue, il réussit finalement à rejoindre la route à pied, à la tombée de la nuit, avant d’être secouru par un automobiliste et transporté à l’hôpital. « Je suis tombé dans le coma pendant deux semaines à Bagnols puis à Montpellier », a-t-il confié.

Très ému de revenir sur les lieux du drame, Jean-Paul Lambert a conclu son témoignage par quelques mots simples adressés à son ancien camarade : « Richard vous dit merci. »

Avant la fin de la cérémonie, le Commandant Delobel a rappelé « la dangerosité du métier de gendarme », soulignant que « chaque contrôle, même anodin en apparence, peut devenir extrêmement dangereux ».

Rémi Fagnon

A tout juste 23 ans, le benjamin de l'équipe Rémi a fait du journalisme son terrain de jeu favori ! Vêtu de son costard cravate, ses lunettes teintées, un carnet, un stylo et dégainant son appareil photo à la moindre occasion, Rémi mène l’enquête, avec une ténacité légendaire. C’est aussi un féru de journalisme sportif, pour qui le Tour de France, les matchs de foot et le sport automobile n’ont aucun secret. Son talent caché : lors d’une interview téléphonique, à peine a-t-il raccroché, que son article est déjà prêt.

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