À Gaujac, Laurent Burgoa échange avec la municipalité sur les projets du mandat

Le sénateur du Gard Laurent Burgoa était en visite à Gaujac pour échanger avec le maire Michel Eisele et son équipe municipale sur les dossiers en cours et les priorités du mandat. Une rencontre de terrain, dans une commune qui entend avancer sur plusieurs fronts : lien social, jeunesse, voirie, sécurité, patrimoine et aménagement du territoire.
Membre de la commission des affaires sociales au Sénat, où il suit notamment les questions de santé, d’emploi, de formation et d’insertion, Laurent Burgoa a rappelé son attachement aux collectivités territoriales. Il a notamment travaillé sur deux rapports, l’un consacré à la transition environnementale des collectivités, l’autre à leur adaptation au vieillissement de la population.
À Gaujac, la municipalité souhaite d’abord remettre du lien social au cœur de la vie du village. « On veut recréer du lien », a résumé Michel Eisele. La commune prévoit ainsi la création prochaine d’un Conseil municipal des jeunes. Un projet de pumptrack est également à l’étude, dans une commune marquée par la présence d’une championne de France de VTT et vice-championne de France de BMX.
Laurent Burgoa a salué cette volonté de passer par la jeunesse. « Nous sommes dans une société de plus en plus individualiste. Avant, les anciens sortaient dans la rue et discutaient entre eux le soir. Aujourd’hui, les gens le font moins. Il faut passer par les jeunes », a-t-il souligné.
La municipalité souhaite aussi relancer des rendez-vous populaires. Le 14-Juillet sera remis en place, avec un bal et des food-trucks. Une fête des voisins, organisée presque au dernier moment, a déjà réuni une centaine de personnes. « C’est un bon début. Si on le travaille davantage, l’an prochain, on peut faire encore mieux », a estimé le maire. Durant l’été, des journées de rencontre avec food-trucks et groupes de musique devraient également rythmer la vie du village.
Autre dossier évoqué : l’ancien bar du village, fermé depuis dix à quinze ans. La mairie, propriétaire des murs, souhaite le rouvrir. Mais l’état du bâtiment impose de lourds travaux, avec notamment un intérieur très dégradé et un plafond effondré. « Sans vouloir abattre votre moral, il faut souvent trois ans pour aboutir un projet de cette ampleur, voire plus d’un mandat », a prévenu Laurent Burgoa, invitant la commune à inscrire ce dossier dans le temps long.
La visite a aussi permis d’aborder les travaux de voirie engagés et ceux à venir sur l’ensemble du mandat, notamment l’enfouissement des réseaux et la résolution des problèmes de ruissellement. Sur l’urbanisme, le Plan local d’urbanisme, adopté en 2012 puis révisé en 2017, devra faire l’objet d’un point avec l’Agglomération du Gard rhodanien, notamment en lien avec le Scot, avant d’envisager une nouvelle évolution. « Il reste encore des terrains disponibles, mais on ne peut pas tout faire », a rappelé Michel Eisele, qui veut aussi améliorer au plus vite la voirie.
La question de la sécurité et des incivilités a également été soulevée, notamment face aux nombreux dépôts sauvages. Un projet de police rurale mutualisée est envisagé entre Connaux, Saint-Paul-les-Fonts et Gaujac. Pour Laurent Burgoa, cette logique de mutualisation sera de plus en plus nécessaire. « Je défends l’échelon municipal, mais il faudra utiliser la mutualisation », a-t-il affirmé.
Le sénateur a également livré une réflexion plus large sur l’organisation territoriale et les finances locales. Il a regretté la suppression de la taxe d’habitation, estimant qu’un éventuel retour nécessiterait « un big bang de la fiscalité locale ». Selon lui, il faut clarifier les compétences : « Savoir clairement qui fait quoi. L’État ne doit pas s’occuper de tout. Le transport, l’environnement, cela doit aller aux collectivités. » Il a aussi estimé que « l’argent existe, mais qu’il est mal utilisé ».
Tout en jugeant les agglomérations utiles pour penser l’aménagement du territoire, Laurent Burgoa s’est montré plus réservé sur leur capacité à générer systématiquement des économies d’échelle. Il a toutefois cité des exemples positifs, notamment des solutions trouvées grâce à l’Agglomération face au manque d’eau, comme à Saint-Marcel-de-Careiret. Le sénateur a également mis en garde les élus contre une éventuelle généralisation imposée du PLUi et contre des politiques de logement subies par les communes.
Enfin, la visite s’est achevée sur le patrimoine. La municipalité souhaite travailler à la réouverture du château de Gaujac, propriété privée classée monument historique. « Ce serait leur devoir de le rendre accessible à la population », a estimé Michel Eisele. Le patrimoine historique de la commune passe aussi par des objets aujourd’hui stockés au musée de Bagnols-sur-Cèze, comme des mosaïques, structures et colonnes, que la commune aimerait mieux valoriser.
À travers cette visite, Laurent Burgoa a pu mesurer les ambitions d’une commune qui veut avancer avec méthode, sans perdre de vue ses contraintes financières et administratives. « Une victoire, c’est déjà quand les gens viennent tous les jeudis », a résumé Michel Eisele, convaincu que la dynamique locale se construit pas à pas.



