RC Nîmes : face à Mauléon, Kauffman veut renouer avec l’ADN nîmois

Pour son premier rendez-vous à domicile de la saison, le Rugby Club Nîmois recevra Mauléon au stade Kaufmann à l’occasion de la deuxième journée de championnat. Une rencontre placée sous le signe du terroir, grâce à un partenariat avec la Chambre d’agriculture du Gard, mais surtout sous celui d’une ambition clairement affichée par le club : retrouver les valeurs qui ont construit l’identité du RCN.
« Le thème de la saison, c’est renouer avec notre ADN », a annoncé d’entrée le président Steeve Calligaro lors de la première conférence de presse de l’exercice. Avec environ 600 licenciés, 360 partenaires, un budget de 3,2 millions d’euros et plusieurs structures économiques autour du club, le RCN poursuit depuis plusieurs années sa structuration. Mais son président ne masque pas le principal point noir.
« On pêche sur la réussite sportive. Il n’y a pas de projet sportif sans réussite sportive », martèle-t-il. Ces derniers mois ont ainsi été consacrés à un important travail interne afin de « changer plusieurs curseurs » et réaligner le club avec ses fondamentaux.
Humilité, combativité et travail
Pour Steeve Calligaro, l’identité nîmoise doit de nouveau être visible dès l’entrée des joueurs sur la pelouse. « L’ADN du RCN, c’est l’humilité, la combativité, ne rien lâcher. On doit redevenir une équipe rude, une équipe chez qui il est compliqué de venir gagner. »
Le président veut également retrouver une cohérence entre le discours tenu auprès des jeunes de l’école de rugby et le comportement de l’équipe première. « Sur la totalité des matchs, les joueurs doivent incarner les valeurs que l’on transmet à nos jeunes. Il faut arrêter de se prendre pour d’autres. Nous sommes en échec sportif, il faut renouer avec la victoire et revenir à un rugby simple, lié à notre ADN. »
Une philosophie que doit porter le nouveau staff, autour de Samuel Nouchi, Guillaume Aguilar et Mathieu Emery. Samuel Nouchi, qui avait déjà croisé le RCN lorsqu’il était joueur, se dit particulièrement attaché au club.
Malgré la lourde défaite concédée à Aubenas lors de la première journée, l’entraîneur ne veut d’ailleurs pas tout remettre en cause. « Je ne suis pas déçu du comportement de mes joueurs. On a pris beaucoup de points, on a fait des choses intéressantes et d’autres moins bonnes, mais les garçons étaient concernés. »
Le staff travaille notamment sur un système de jeu nouveau, avec une répartition différente sur le terrain et des courses nouvelles. Un projet qui nécessite encore des automatismes. « Il faut peaufiner le système. On pourra avoir une belle équipe de Nîmes. La mission que j’ai donnée, c’est d’être fier de nos joueurs et de voir une équipe engagée. »
Avec un groupe d’une quarantaine de joueurs, le staff entend faire jouer la concurrence, sans tenir compte de l’âge ou du statut. « On utilisera les meilleurs du moment », prévient Samuel Nouchi. Plusieurs changements sont ainsi attendus pour la réception de Mauléon, avec un groupe élargi afin de pouvoir faire face aux éventuels pépins physiques de dernière minute.
Le terroir gardois à l’honneur
Pour cette première à Kaufmann, le Rugby Club Nîmois a choisi de mettre en avant son territoire avec une journée consacrée au terroir, organisée en partenariat avec la Chambre d’agriculture du Gard et sa présidente, Magali Saumade.
« Une équipe doit représenter un territoire. Qui de mieux que la Chambre d’agriculture pour le faire ? », souligne Steeve Calligaro. Le président rappelle qu’une grande partie des licenciés du RCN vivent dans les villages autour de Nîmes, au cœur même des zones agricoles du département.
Pour Magali Saumade, ce rapprochement s’inscrit naturellement dans la durée. Le monde agricole partage, selon elle, de nombreuses valeurs avec le rugby : le travail, l’engagement, la solidarité, la résistance face aux difficultés et l’attachement au territoire.
Cette journée intervient également à une période symbolique, en pleine période de vendanges, alors que le monde agricole gardois doit composer avec les épisodes de chaleur et les nombreuses difficultés qui pèsent sur certaines filières.
L’objectif sera aussi de rappeler l’importance de la consommation locale et de valoriser celles et ceux qui produisent autour de Nîmes. « Tous les agriculteurs peuvent venir. Il faut privilégier le localisme », insiste Steeve Calligaro.
Un marché de producteurs sera notamment installé au stade, tandis que plusieurs animations rythmeront la journée. Une simulation de conduite de tracteur sera proposée au public, tout comme une mini-ferme et la présence d’animaux. Un troupeau de béliers participera également à l’animation, avec un coup d’envoi symbolique associé à l’un des animaux.
Une journée complète à Kaufmann
Le public pourra profiter d’un programme rugby particulièrement dense. En plus de la rencontre entre Nîmes et Mauléon, le stade accueillera un match Crabos entre Toulon et Perpignan ainsi qu’une rencontre des Espoirs du RCN.
Au-delà du résultat, cette première journée à domicile doit permettre au club de rapprocher encore davantage toutes ses composantes. Les joueurs de l’équipe première sont désormais davantage associés à la formation et sont amenés à intervenir auprès des jeunes licenciés. Une évolution accueillie positivement par l’effectif.
Le Rugby Club Nîmois poursuit parallèlement ses relations avec les autres grands clubs de la ville. Une convention existe avec Nîmes Olympique et l’USAM, avec une volonté de mieux coordonner les calendriers et de permettre aux jeunes licenciés des différentes disciplines d’assister aux rencontres des autres clubs. Un entraînement commun avec Nîmes Olympique est notamment envisagé à la fin du mois.
Kaufmann, un enjeu pour l’avenir
La question des infrastructures reste toutefois entière. Steeve Calligaro estime que le stade Kaufmann ne correspond plus complètement aux ambitions du Rugby Club Nîmois.
« Le Parnasse est un outil de première division, les Antonins sont un outil professionnel. Kaufmann n’est pas aujourd’hui un outil à la hauteur de ce vers quoi nous voulons aller », estime le président, qui cite notamment l’absence de véritable salle de presse ou encore les limites de la sonorisation.
Le club assure néanmoins disposer d’une oreille attentive auprès des collectivités. L’objectif sera désormais de déterminer, à l’horizon de trois ou quatre ans, dans quelles installations évoluera le Rugby Club Nîmois et quels investissements devront être engagés.
Avant de se projeter plus loin, l’urgence reste cependant sportive. Face à Mauléon, les Nîmois veulent déjà montrer un nouveau visage pour leur première apparition de la saison devant leur public. Travail, humilité, engagement et combativité : le RCN veut que ses paroles trouvent désormais leur traduction sur le terrain.



