Randonnée, écologie et alimentation locale : les écodélégués du collège Ventadour en quête d’autonomie alimentaire

À Bagnols-sur-Cèze, les 12 et 13 juin, les écodélégués du collège Bernard de Ventadour ont vécu une expérience pédagogique immersive mêlant randonnée, rencontres avec des producteurs locaux et découverte de la faune sauvage. Une initiative portée par leur professeure de français, Nathalie Borelly, pour interroger un enjeu essentiel : peut-on être autonomes sur notre territoire en matière d’alimentation ?
« Sommes-nous autonomes sur notre territoire ? » : c’est autour de cette vaste question que s’est articulée la randonnée de deux jours menée par les écodélégués du collège Ventadour, accompagnés de leur enseignante Nathalie Borelly. Une exploration concrète, à pied, dans un périmètre de 7 kilomètres autour de l’établissement, pour comprendre les ressources disponibles localement et réfléchir à nos habitudes de consommation.
Des jardins partagés aux producteurs locaux
Le parcours a débuté du côté des jardins partagés de Bagnols-sur-Cèze, où les collégiens ont échangé avec des jardiniers passionnés. « Ils ont appris comment on peut cultiver pour soi, comment organiser un potager et quels sont les enjeux liés à la production vivrière locale », explique Nathalie Borelly. Ensuite, cap vers la ferme des frères Bolle et la Grenattitude, deux structures locales qui cultivent, transforment et vendent en circuit court. Les élèves ont traversé des champs d’oliviers et de chênes truffiers, découvrant toute la diversité agricole présente autour de leur quotidien scolaire.
L’enjeu était aussi d’interroger leurs propres choix alimentaires : « Beaucoup concluent qu’on ne peut pas être autonomes localement… mais surtout parce qu’ils ne veulent pas renoncer à certains produits comme les fruits exotiques », sourit l’enseignante. « L’objectif n’était pas d’apporter une réponse définitive, mais de les faire réfléchir, surtout après le travail mené cette année sur la lutte contre le gaspillage alimentaire. »
Le castor, ingénieur discret des écosystèmes
Le jeudi soir, les jeunes ont poursuivi leur immersion au domaine du Vieux Montcaud, à Sabran, avec une animation proposée par l’association Fiber Nature, dans le cadre du Printemps des Castors. Quatre bénévoles et stagiaires naturalistes étaient mobilisés pour sensibiliser les élèves à l’univers de ce rongeur fascinant, autrefois menacé d’extinction en France.
« Il n’en restait qu’une poignée d’individus au siècle dernier », explique Vincent, en service civique dans l’association. « Aujourd’hui, ils sont près de 25 000, notamment sur le bassin versant du Rhône et de ses affluents comme la Cèze. » Les écodélégués ont ainsi appris que le castor, bien qu’il ne construise pas d’immenses barrages comme son cousin canadien, crée de petites retenues d’eau propices au développement de zones humides riches en biodiversité. Un véritable ingénieur de son écosystème.
La soirée s’est conclue par une marche vers les berges de la Cèze pour reconnaître les traces et indices de la présence du castor dans son habitat naturel. Une initiation à l’écologie de terrain, dans un cadre idyllique.
Spiruline et futur de l’alimentation
Le vendredi, les élèves ont poursuivi leur exploration avec la visite du domaine de Manjolive, producteur local de spiruline, une micro-algue reconnue pour ses qualités nutritionnelles et son faible impact environnemental. Un exemple concret d’alimentation innovante, durable et produite localement, qui a nourri les discussions des jeunes autour des alternatives à notre modèle alimentaire actuel.
Deux jours de marche, d’échanges et de découvertes qui auront marqué ces jeunes ambassadeurs de l’écologie. « Ce que je retiens, c’est leur étonnement face à ce que l’on peut produire tout près de chez nous, mais aussi leur prise de conscience que notre autonomie dépend surtout de nos choix individuels et collectifs », conclut Nathalie Borelly.
Une belle leçon de territoire, de nature et de responsabilité.



