Le SPASER adopté par l’Agglomération du Gard rhodanien : entre ambition responsable et débats houleux

Le conseil communautaire du Gard rhodanien, réuni ce lundi 29 septembre, a adopté son SPASER (Schéma de Promotion des Achats Socialement et Écologiquement Responsables). Ce document stratégique, présenté par Elian Petitjean, marque une étape supplémentaire « dans la modernisation de la politique d’achats publics de l’agglomération ».
Un travail de fond mené par les services
Elian Petitjean a rappelé que ce schéma repose sur trois piliers – le social, l’environnement et l’économie – et qu’il se décline en 38 actions concrètes :
« C’est un gros travail qui a été réalisé par les services, inscrit dans la continuité de la modernisation de notre politique d’achats et de notre volonté d’une démarche dynamique et responsable », a-t-il indiqué.
Le document avait déjà été présenté en commission des finances générales le 18 septembre.
Les interrogations de Pierre Meurin
Le conseiller communautaire Pierre Meurin a salué « une intention louable », tout en exprimant deux préoccupations majeures. D’abord, le risque de voir ce dispositif utilisé comme un biais pour favoriser les entreprises locales, en contournant le droit européen de la concurrence. Ensuite, la question de la compréhension par les acteurs économiques :
« Le SPASER est un document un peu technique, qui peut être perçu comme une contrainte supplémentaire. Quels efforts de pédagogie ont été faits pour accompagner les entreprises dans sa compréhension ? Et dans quelle mesure cela favorisera réellement les entreprises locales ? »
La réponse ferme de Jean-Christian Rey
Le président de l’agglomération, Jean-Christian Rey, a tenu à recadrer le débat :
« Le favoritisme est interdit et puni par la loi. Si vous voulez changer les règles, il faut le faire à l’Assemblée nationale. Ici, en aucun cas ce document ne peut servir à favoriser qui que ce soit. Ce que nous voulons favoriser, c’est le territoire, ses projets et des entreprises les mieux-disantes. »
Jean-Christian Rey a également insisté sur le travail de pédagogie déjà engagé : présentation aux entrepreneurs lors de la soirée des investissements en juin, nouvelle explication au POP (salon économique qui a eu lieu la semaine dernière à Laudun l’Ardoise) lors de la rentrée économique, où 847 personnes ont participé, et collaboration avec la CCI et le collectif.
« Les entreprises accueillent très bien ce schéma, car il leur apporte des règles et des objectifs clairs. Cela facilite la réponse aux marchés publics », a-t-il souligné.
Une adoption malgré des tensions
L’échange entre Pierre Meurin et Jean-Christian Rey s’est conclu dans une atmosphère tendue, chacun reprochant à l’autre un manque de courtoisie. Finalement, le SPASER a été adopté, malgré deux oppositions exprimées lors du vote (Pierre Meurin et Laetitia Gaillard).



