Municipales 2026 à Bagnols-sur-Cèze : Christophe Prévost lance une liste citoyenne fondée sur la « souveraineté populaire »

À 57 ans, Christophe Prévost se lance dans la bataille des municipales à Bagnols-sur-Cèze avec une proposition atypique : conduire une liste… sans ambitionner le fauteuil de maire. Restaurateur, ancien entrepreneur à Saint-Martin, engagé de longue date dans les mouvements citoyens, il défend un projet radical de transformation de la gouvernance locale, fondé sur une démocratie directe permanente qu’il appelle « la maison référendaire ».
Un parcours personnel et politique atypique
Né à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Christophe Prévost a vécu entre Paris, le Val-d’Oise et les Caraïbes, où il s’installe en 2005 à Saint-Martin pour y créer un restaurant et mener plusieurs opérations immobilières. Il revient en métropole en 2014 pour se rapprocher de ses parents installés à Bagnols-sur-Cèze depuis 2001. Aujourd’hui, il s’occupe quotidiennement de sa mère âgée de 94 ans.
Politiquement, son engagement débute au sein du mouvement « Nous Citoyens » avant de s’en éloigner en 2017, refusant un ralliement à Emmanuel Macron. Il s’investit ensuite dans le mouvement des Gilets jaunes, participe à de nombreuses campagnes électorales (européennes, municipales, départementales, régionales, législatives, présidentielle avec Jean Lassalle), jusqu’aux législatives anticipées de 2024.
« Aujourd’hui, le problème n’est plus politique, il est systémique », estime-t-il. « Le système est obsolète, défaillant, et ceux qui l’ont construit ne peuvent pas le réparer. »
Une critique frontale du système représentatif
Christophe Prévost défend une lecture très critique des institutions actuelles : éloignement du pouvoir, confiscation de la décision par une minorité, sentiment de dépossession démocratique.
« On nous parle de démocratie, mais le peuple n’a plus la main sur rien. La souveraineté populaire est écrite dans la Constitution, mais elle n’est jamais appliquée. »
Son projet repose sur un principe central : rendre aux habitants le pouvoir de décider directement des grandes orientations de la commune, en dépassant les clivages partisans.
La « maison référendaire », cœur du projet
La pierre angulaire de son projet est la création d’une « maison référendaire » à Bagnols-sur-Cèze. Il s’agirait d’un lieu physique équipé pour permettre aux électeurs de se prononcer régulièrement par référendum local sur les décisions structurantes de la ville.
Les élus ne présenteraient plus un programme figé pour six ans, mais soumettraient en permanence leurs propositions à l’avis des habitants :
« Les élus proposent, les citoyens disposent. Tous les soirs, on saurait ce que veulent les gens. Ce qui est validé est appliqué, ce qui ne l’est pas est retravaillé. »
La sécurité, l’urbanisme, les équipements publics, l’économie locale ou les projets d’infrastructure seraient soumis au vote citoyen.
Une liste sans candidat au poste de maire
Autre singularité : Christophe Prévost ne souhaite pas devenir maire, même en cas de victoire.
« Je mène la liste, mais je ne serai pas maire. Le maire sera désigné par le conseil municipal. Son rôle sera administratif : gérer les affaires courantes, signer les décisions validées par les citoyens. »
Il assume vouloir réduire le pouvoir personnel du maire pour le replacer dans une fonction d’exécution plutôt que de direction politique.
Des pistes concrètes, mais pas de programme fermé
S’il refuse l’idée d’un programme imposé, Christophe Prévost évoque plusieurs pistes qu’il souhaite soumettre aux habitants :
– végétalisation des murs et des espaces urbains,
– réaménagement des bords de Cèze pour les mobilités douces,
– réflexion sur le stationnement et l’accès au centre-ville,
– lutte contre la vacance commerciale avec, pourquoi pas, une « taxe sur rideaux baissés »,
– création éventuelle de nouveaux équipements de loisirs si la population en exprime le besoin.
Toutes les propositions issues des citoyens pourraient être recueillies, agrégées et hiérarchisées par thème.
Une position critique vis-à-vis de l’agglomération
Christophe Prévost se montre également réservé sur le rôle de l’agglomération du Gard rhodanien, qu’il juge trop éloignée des citoyens et responsable de la perte d’autonomie des communes.
Il veut faire de Bagnols-sur-Cèze un « laboratoire démocratique », susceptible d’inspirer d’autres villes :
« Nous sommes plus de 1 500 listes citoyennes comme celle-ci en France. Si 1 500 communes basculent, cela peut changer le pays. »
Une liste ouverte, transpartisane et citoyenne
Christophe Prévost lance un appel à candidatures pour constituer sa liste : 33 personnes, parité stricte, sans condition d’étiquette politique.
« De l’extrême gauche à l’extrême droite, peu importe. Il n’y a pas de bonnes idées de droite ou de gauche, il y a de bonnes ou de mauvaises idées. Ce qui m’importe, c’est l’intérêt collectif. »
Il exclut cependant toute logique communautariste ou de « castes » et insiste sur la notion d’égalité civique entre tous les électeurs.
Un pari politique hors normes
En se présentant sans programme fermé, sans candidat-maire désigné et en proposant une démocratie directe permanente, Christophe Prévost avance une proposition radicalement différente de l’offre politique traditionnelle.
Reste à savoir si cette vision séduira suffisamment d’électeurs à Bagnols-sur-Cèze pour transformer l’essai en mars 2026 — et si la promesse d’une souveraineté citoyenne retrouvée saura convaincre dans une ville où l’abstention demeure forte.



