La Maison d’Uzès fête les dix ans étoilés avec Christophe Ducros et une série de dîners d’exception

Le 10 mai prochain, le restaurant gastronomique La Maison d’Uzès célèbrera une étape symbolique de son histoire : dix années passées sous la direction du chef Christophe Ducros. Une décennie marquée par une étoile Michelin conservée année après année, mais surtout par une identité culinaire affirmée, forgée au fil du temps, des rencontres et de la transmission.
Pour marquer cet anniversaire, plusieurs soirées exceptionnelles seront organisées autour d’anciens seconds de cuisine passés par les fourneaux uzétiens. « La cuisine est faite de rencontres », résume le chef. Une phrase qui prend tout son sens dans cette programmation pensée comme des retrouvailles entre générations de cuisiniers.
Le premier rendez-vous prendra la forme d’un dîner à six mains avec deux anciens seconds de la maison. Un autre dîner à quatre mains réunira le chef avec un ancien second rencontré à l’époque du Vieux Castillon. Deux autres anciens collaborateurs, aujourd’hui installés dans leur propre univers culinaire mais toujours dans la continuité de l’esprit de la maison, proposeront chacun deux plats. Deux créations emblématiques de La Maison d’Uzès viendront compléter le menu. « L’occasion de revoir les anciens quand ils étaient jeunes cuisiniers », sourit Christophe Ducros.
Après dix années à Uzès, le chef estime avoir trouvé sa voie culinaire. « Je pense qu’au moment de mon arrivée, je cherchais encore ma cuisine. Aujourd’hui, je l’ai trouvée. » Une maturité acquise avec le temps, mais aussi grâce à l’ancrage territorial développé au fil des saisons. « En dix ans, on trouve des fournisseurs, des producteurs locaux qui deviennent des amis. Tout est facilité de ce côté-là. On a un socle solide. »
Né à Valence, Christophe Ducros a appris la cuisine dans sa région d’origine avant de construire l’essentiel de sa carrière en bord de mer. Il compte aujourd’hui plus de trente ans de métier derrière lui. Après cinq années au Vieux Castillon, il a notamment été sous-chef pendant dix ans dans le restaurant deux étoiles L’Oasis, sur la Côte d’Azur, avant un passage de deux ans à Lyon. « Le gros de ma carrière s’est fait au bord de la Méditerranée », explique-t-il. Une influence marine qui n’est finalement pas si éloignée de la cuisine gardoise selon lui, tant les deux reposent sur le respect des produits locaux et des saisons.
Si le chef regarde le chemin parcouru avec satisfaction, il refuse de considérer cette étoile comme acquise. « Si on se dit que cela fait dix ans qu’on l’a et qu’on est sûr de la garder, c’est le meilleur moyen de la perdre. » Derrière cette longévité se cache une remise en question quotidienne. « Chaque jour, on repart à zéro, comme une équipe sportive. »
Passionné de cyclisme, Christophe Ducros compare volontiers cette exigence permanente au très haut niveau dans le sport. « C’est comme si Pogacar arrêtait de s’entraîner ou faisait le Tour de France avec un vélo à roulettes. Chaque jour est nouveau. » Pour lui, le secret réside dans la maîtrise des fondamentaux, mais aussi dans le doute permanent. « Il faut continuer de douter et ne jamais penser qu’on est bon pour aller chercher le meilleur de soi-même. »
Au-delà de la cuisine, le chef insiste surtout sur l’importance du collectif. « Un chef sans équipe n’est rien. » Une philosophie qu’il souhaite continuer à transmettre aux jeunes générations. « C’est un métier de transmission. Tant que j’aurai la passion, je continuerai. »
À La Table d’Uzès, l’ambition reste la même : progresser chaque jour, sans suivre les effets de mode. « L’idée, c’est de pouvoir se retrouver un jour et se dire : ce qu’on a fait, c’était chouette. Faire quelque chose qui nous ressemble. »



