Pont-Saint-Esprit : l’Indépendante renaît avec l’ambition de relancer le football spiripontain

C’est un nom chargé d’histoire qui fait son retour dans le paysage sportif spiripontain. L’Indépendante de Pont-Saint-Esprit, club emblématique créé en 1910 puis mis en sommeil en 2000 lors de la fusion ayant donné naissance au FC Bagnols Pont, renaît officiellement avec une nouvelle équipe dirigeante et un projet tourné vers la jeunesse, la formation et l’ancrage local.
Présentée officiellement en mairie, l’association sportive entend redonner une identité 100 % spiripontaine au football local. Une annonce accueillie avec émotion, par Stéphane Vauquoy, adjoint aux sports, heureux de revoir « le maillot noir et vert de l’Indépendante recourir au Clos et aux Enfants du Rhône ».
Le président Nicolas Fustinoni n’a pas caché sa fierté au moment de présenter le projet. « L’Indépendante, c’est une histoire, une âme, une institution », a-t-il rappelé, remerciant le maire et ses adjoints pour leur accueil et leur soutien. Derrière cette relance, un travail engagé depuis plusieurs mois avec une volonté affirmée : redynamiser le football à Pont-Saint-Esprit autour de valeurs de « respect, solidarité et tolérance ».
Le club s’appuie déjà sur une organisation structurée avec quatorze personnes réparties dans plusieurs pôles. Le secteur administratif sera notamment assuré par Casanada et Rieu, tandis que Pascal Mazille prendra en charge la communication. Benjamin Sapina pilotera les festivités avec Jordan Fortunato au sportif, épaulé par Lasgoute et Angel’Franco pour les seniors. Le pôle partenaires réunira Fred Duplan, Karim Souci et Robert Bautheac. Bernard Cochet devient vice-président du club.
Le projet sportif a été détaillé par Jordan Fortunato. Selon lui, la création du club répond à une demande forte des familles spiripontaines. « De moins en moins de Spiripontains jouaient au FC Bagnols Pont. Beaucoup de jeunes partaient à Saint-Paulet, Saint-Julien ou Mondragon », explique-t-il. Dans une société où les déplacements deviennent plus compliqués pour les familles, l’idée de recréer un club à Pont-Saint-Esprit a rapidement séduit.
L’objectif affiché est de construire « un club convivial mais structuré », avec déjà une trentaine de dirigeants mobilisés et entre 10 et 12 éducateurs diplômés. Le projet veut mêler football loisir et ambition sportive, tout en mettant l’accent sur un cadre sécurisé et un fonctionnement conforme aux attentes fédérales.
Le club souhaite intégrer pleinement le Programme Éducatif Fédéral autour des notions de plaisir, respect et tolérance. De nombreuses actions sont déjà envisagées : participation au Téléthon, stages, tournois, lotos, événements pour animer la ville ou encore déplacements pour assister à des matchs professionnels.
« Les choses ne sont pas toujours faites comme le demande la fédération ailleurs. Chez nous, ce sera le cas », insiste Jordan Fortunato. L’ambition est claire : obtenir à terme le label jeunes espoir et reconstruire progressivement un club compétitif. « Il faudra peut-être dix ans pour rebâtir un club de haut niveau, mais nous voulons atteindre le plus haut niveau départemental dans cinq ans avec toutes les équipes à onze », précise-t-il.
Le développement du football féminin figure également parmi les priorités, même si les dirigeants reconnaissent la difficulté de structurer rapidement cette section.
Pour cette première saison, présentée comme une « année test », l’Indépendante de Pont-Saint-Esprit espère accueillir entre 120 et 150 licenciés. Les dirigeants rappellent qu’ils ne sont « pas contre le FC Bagnols Pont ». Jordan Fortunato souligne d’ailleurs avoir passé 26 ans au sein du FCBP et évoque des relations « saines » entre les deux structures, qui partageront les installations jusqu’à la fin de la convention actuelle courant 2026.
Une situation qui satisfait également Bernard Cochet, figure historique du football spiripontain. « Depuis 1955 à l’Indépendante, j’ai suivi toute l’évolution du club. Voir qu’il n’y avait plus de matchs à Pont, c’était difficile », confie-t-il.
Le retour des vétérans de Pont au sein de la nouvelle structure symbolise cette volonté de renouer avec l’identité locale. Le club pourra aussi compter sur le soutien d’un parrain de renom : Éric Bauthéac, ancien joueur professionnel passé notamment par Nice, Lille ou encore Brisbane Roar.
Avec cette renaissance, l’Indépendante de Pont-Saint-Esprit espère désormais écrire une nouvelle page de son histoire, plus de vingt-cinq ans après sa disparition des terrains.



