Pont-Saint-Esprit : la fontaine de la Borne retrouve son eau grâce aux Foulées du patrimoine

Après plusieurs années de silence, la fontaine de la Borne coule à nouveau au cœur du centre ancien de Pont-Saint-Esprit. Une renaissance rendue possible grâce à la mobilisation de la municipalité, des services techniques, de mécènes locaux et de l’association Frontale et Boussole, organisatrice des Foulées du patrimoine.
La remise en eau de cet ouvrage du XXe siècle a été officiellement présentée ce jeudi en présence de Jérôme Carminati, adjoint aux travaux de la Ville de Pont-Saint-Esprit, des représentants de l’association et des partenaires ayant contribué au financement du projet.
« L’idée est de travailler chaque année sur une fontaine », explique Jérôme Carminati. Pour l’élu, cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de redonner vie au patrimoine hydraulique spiripontain. « Pont-Saint-Esprit a été une ville portuaire très importante, avec de nombreux hôpitaux. C’est une ville dont l’histoire est intimement liée à l’eau. Il était triste de voir ces fontaines à l’arrêt. »
À l’arrivée de la nouvelle équipe municipale, il y a deux ans, un travail de fond a été engagé afin de remettre en eau plusieurs ouvrages historiques de la commune. La fontaine de la Borne, inactive depuis plusieurs années, avait peu à peu perdu son rôle d’élément central de la place. « Cette place avait perdu son attrait. Nous cherchons à remettre de la vie dans le centre-ville », souligne l’adjoint aux travaux.
Six mois de travaux menés en interne
Les travaux ont été réalisés principalement par les services techniques municipaux. Ils ont nécessité la mise en place d’une pompe et d’un système en circuit fermé, des travaux d’étanchéité, le nettoyage de la façade ainsi que plusieurs aménagements paysagers. Des pots fleuris et un contour végétalisé ont également été installés afin de valoriser le site.
« Il fallait que le décor suive », poursuit Jérôme Carminati. L’arche de la fontaine a également été abaissée afin d’améliorer son intégration dans l’espace public.
Le chantier a mobilisé les équipes municipales pendant près de six mois. L’élu a tenu à remercier les agents techniques pour leur implication dans cette opération menée majoritairement en régie. À proximité, un mur voisin a été repeint et plusieurs graffitis ont été effacés afin d’améliorer l’environnement immédiat du monument.
Une restauration financée par les Foulées du patrimoine
Cette remise en eau est également le fruit d’une mobilisation citoyenne. Dès la première édition des Foulées du patrimoine, l’association Frontale et Boussole aux côtés de la municipalité avait décidé de consacrer les bénéfices de l’événement à la restauration de la fontaine.
« Au moment de la course, nous avons rappelé aux participants qu’ils couraient pour la remise en eau de cette fontaine », rappelle Paul Hernandez, représentant de l’association.
Grâce à la participation des coureurs, des marcheurs et au soutien de plusieurs mécènes, les fonds récoltés ont permis de financer une partie importante du chantier. Après un premier versement de 1 200 euros en 2025, l’édition 2026 a permis d’apporter 2 427 euros supplémentaires à la cagnotte dédiée à la restauration du patrimoine.
L’association a salué le soutien de nombreux partenaires privés parmi lesquels Kaseo, Carelia, Renovat, Charpentier, Sport 2000, Broc et Vigne ainsi que Chapus et Duarte.
Paul Hernandez a également tenu à remercier les 70 bénévoles mobilisés pour l’organisation des Foulées du patrimoine ainsi que les services municipaux, notamment les équipes techniques et le service Vie associative.
Cap sur la fontaine Saint-Jacques

La restauration de la fontaine de la Borne n’est qu’une première étape. La municipalité et les associations patrimoniales travaillent déjà sur un nouveau projet : la remise en état de la fontaine Saint-Jacques financée cette fois ci par la deuxième édition des Foulées du Patrimoine.
Cet ouvrage historique du XVIIIe siècle était autrefois alimenté par la noria de la Fermière. Cette ressource en eau desservait également le lavoir, la fontaine Saint-Jacques et la place de l’Encre.
« Faire à nouveau couler ces fontaines représente beaucoup de travail », reconnaît Jérôme Carminati. Le chantier s’annonce plus complexe et nécessitera un important travail de recherche historique mené avec l’association Renaissance du Vieux Pont ainsi qu’avec les Architectes des Bâtiments de France.
Selon Éloïse Auboiron, entre 15 000 et 20 000 euros seront nécessaires pour mener à bien cette nouvelle restauration. À ce jour, environ 6 000 euros ont déjà été collectés. Un appel à la générosité des entreprises et des particuliers est lancé, avec la possibilité de bénéficier d’avantages fiscaux.
Une nouvelle étape dans la valorisation du patrimoine spiripontain, démontrant que la sauvegarde des fontaines historiques peut aussi devenir une aventure collective associant habitants, bénévoles, entreprises et collectivités.



