Passerelle sur la Cèze : Pascale Bordes « les sommes engagées auraient été plus utiles pour répondre aux besoins urgents »

Alors que la structure métallique principale de la future passerelle sur la Cèze a été posée ce mercredi 26 août, Pascale Bordes a vivement dénoncé le coût et la priorité accordée à cet équipement par la précédente municipalité. La nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze ne remet pas en cause la qualité architecturale de l’ouvrage, mais estime que les sommes engagées auraient été plus utiles pour répondre aux besoins urgents des écoles et des équipements sportifs de la ville.
C’est donc en ce mercredi 26 août, jour symbolique marqué par la pose de la structure métallique principale de la passerelle au-dessus de la Cèze, que Pascale Bordes a choisi d’exprimer sa colère. Alors que le chantier franchit une étape particulièrement visible avec la mise en place de l’élément majeur de l’ouvrage, la nouvelle maire entend remettre au centre du débat la question de son coût et des priorités d’investissement de la commune.
« Je suis furieuse contre mon prédécesseur d’avoir priorisé ce projet hors de prix pour Bagnols alors qu’il y avait tellement d’autres choses plus urgentes », lance Pascale Bordes.
Plus de 4,2 millions d’euros HT
Selon les chiffres communiqués par la maire, le coût actuel du projet s’établit à 4 216 500 euros HT, dont 1 525 768 euros à la charge de la collectivité. Pascale Bordes rappelle que, pendant la campagne électorale, un montant d’environ 400 000 euros avait été avancé concernant le reste à charge.
Sur le plan esthétique, la maire ne veut toutefois pas faire de procès à l’ouvrage. « Je n’ai pas de critique sur l’aspect architectural. D’après la vue 3D que j’ai pu voir, ce sera un bel ouvrage », reconnaît-elle. Elle se montre davantage interrogative sur la teinte rouille de la structure, appelée, selon les explications techniques, à brunir progressivement.
Mais pour Pascale Bordes, le débat essentiel est ailleurs : fallait-il consacrer autant d’argent à cette passerelle ? « J’entends ceux qui disent que c’est bien d’avoir une passerelle pour les piétons et les cyclistes. Mais est-ce que cela vaut ce prix-là ? »
La maire relève également qu’il n’existe actuellement « ni piste cyclable avant la passerelle, ni après », ce qui nourrit ses interrogations sur l’intérêt immédiat de l’équipement.
« Avec 1,5 million, on aurait pu climatiser les trois grands groupes scolaires »
Pour illustrer ses critiques, Pascale Bordes établit directement le parallèle avec la situation des écoles bagnolaises. Certaines salles de classe atteignent actuellement des températures proches de 30 degrés, au point que la maire indique s’interroger sur les conditions dans lesquelles pourra se dérouler la rentrée si les fortes chaleurs persistent.
« Avec 1,5 million d’euros, on aurait pu doter les trois grands groupes scolaires de climatisations et éviter des fermetures d’écoles ou un report de rentrée scolaire », estime-t-elle. « Cela aurait été mieux employé dans l’intérêt de nos enfants. »
La municipalité a choisi de commencer son programme de rénovation par l’école Jean-Macé, où doivent notamment ouvrir une classe pour les tout-petits et une unité destinée à l’accueil d’enfants autistes. Une enveloppe d’environ 22 000 euros doit permettre l’installation de quatre climatiseurs.
Pour Pascale Bordes, ces investissements illustrent l’écart entre les priorités qu’elle souhaite désormais donner à la ville et celles retenues précédemment. « Les écoles, cela fait vingt ans, voire plus, qu’elles n’ont pas changé », déplore-t-elle. La rénovation énergétique des groupes scolaires figure parmi les engagements qu’elle entend conduire au cours du mandat.

Les écoles et les équipements sportifs avant la passerelle
Au-delà des établissements scolaires, la maire cite également l’état de plusieurs équipements sportifs. Certaines halles nécessiteraient, selon elle, des interventions particulièrement lourdes, pouvant aller jusqu’à leur démolition et leur reconstruction.
« Le bien-être de nos enfants et de la communauté éducative n’a pas été la priorité », juge Pascale Bordes, qui veut désormais concentrer les capacités financières limitées de la commune sur les bâtiments scolaires et sportifs.
La passerelle deviendra par ailleurs un équipement municipal, avec un entretien qui sera donc à la charge de la commune. Les caractéristiques du matériau employé doivent en théorie permettre d’éviter d’avoir à repeindre régulièrement la structure, mais la maire préfère attendre de constater son évolution face aux conditions climatiques.
Quant à son appellation, Pascale Bordes indique qu’elle ne souhaite pas donner de nom à la passerelle. Sur les documents techniques, l’ouvrage apparaît sous l’appellation « passerelle MAÏA ». « Ceux qui l’utiliseront l’appelleront comme ils le voudront », résume-t-elle.
Pascale Bordes n’assistera pas à l’inauguration
La rupture avec le projet porté sous le précédent mandat sera également symbolique : Pascale Bordes annonce qu’elle ne participera pas à l’inauguration de la passerelle.
La maire attend désormais la restitution, prévue à la fin de la semaine prochaine, de l’audit portant sur la situation de la commune. Ses conclusions devraient permettre d’obtenir une vision plus précise des marges de manœuvre financières dont dispose la nouvelle équipe municipale.
Pascale Bordes prévoit de revenir sur ces éléments lors du conseil municipal du 23 septembre, puis au cours d’une réunion publique durant laquelle l’audit sera présenté par son auteur.
La maire s’interroge enfin sur les aménagements paysagers accompagnant le chantier, notamment le reboisement des secteurs concernés : « J’espère que c’est compris dans les quatre millions d’euros. »



