Clean Up Day 2026 : le Gard rhodanien poursuit sa mobilisation contre les déchets

Le Gard rhodanien se prépare une nouvelle fois à se mobiliser massivement à l’occasion du World Clean Up Day. Présentée cette semaine par l’Agglomération du Gard rhodanien et ses partenaires, l’édition 2026 entend poursuivre une dynamique engagée depuis plusieurs années autour du ramassage des déchets, de la sensibilisation du public et de l’économie circulaire. Plus de 25 événements sont d’ores et déjà programmés sur le territoire, sans compter les opérations organisées dans le cadre du « Knethon ».
Laurent Nadal, vice-président de l’Agglomération en charge des déchets, a tenu à remercier les communes engagées dans cette nouvelle édition, ainsi que Knet Partage, « partenaire historique » de l’opération sur le territoire. Une mobilisation qui, dans certaines communes, dépasse désormais largement le cadre de la journée mondiale.
À Verfeuil notamment, les actions de nettoyage sont menées tout au long de l’année. « Ils n’attendent pas cette journée pour agir », a ainsi été rappelé lors de la présentation.
Sébastien Corba, conseiller communautaire délégué à l’économie circulaire et adjoint au maire de Verfeuil, a lui aussi salué l’implication des 44 communes de l’Agglomération, mais également celle des écoles, des associations et des habitants.
La participation ne cesse d’ailleurs de progresser. Selon les chiffres présentés, le territoire était passé d’environ 1 500 participants en 2022 à 6 000 en 2025, dont plus de 5 000 enfants. Un enjeu majeur pour les organisateurs, qui souhaitent sensibiliser les plus jeunes aux conséquences des déchets abandonnés dans la nature.
23 tonnes de canettes valorisées
Le partenariat avec Knet Partage constitue également l’un des piliers du dispositif. L’association récupère et valorise les canettes en aluminium afin de financer ensuite des projets solidaires.
En décembre dernier, 11 541 euros ont ainsi été remis à Knet Partage, correspondant à la valorisation de 23 tonnes de canettes collectées. Une somme ensuite redistribuée en faveur d’associations ou de familles dans le besoin.
La progression est significative : environ 15 tonnes étaient récupérées en 2022 contre 23 tonnes aujourd’hui.
« Ce sont autant de contenants qui ne se retrouvent plus dans les sacs noirs », a souligné Sébastien Corba.
En 2025, 23 écoles avaient participé à cette collecte. Le « Knethon » se poursuivra cette année jusqu’au 8 octobre pour les établissements scolaires.
Laurent Gauthier, représentant de Knet Partage, a rappelé toute l’importance de cette démarche. L’objectif généralement fixé autour du World Clean Up Day consiste à mobiliser environ 5 % de la population. Sur le Gard rhodanien, cela représenterait environ 3 580 personnes. Un objectif désormais largement dépassé au regard des niveaux de participation enregistrés ces dernières années.
« Un déchet ne devrait jamais être là à polluer notre environnement », a-t-il insisté, rappelant également la nécessité de préserver les paysages pour « nos enfants et nos petits-enfants ».
Malvoyant, Laurent Gauthier a également livré un témoignage personnel : « Je perds la vue, mais je sais où je mets les pieds ». Une manière de rappeler combien un environnement propre et débarrassé de ses déchets représente aussi un enjeu très concret d’accessibilité et de sécurité.
14,8 tonnes de déchets collectées
Les précédentes éditions ont permis de mesurer l’ampleur du phénomène. Sébastien Corba a notamment évoqué 34 000 canettes ramassées, 14 000 mégots et près de 14,8 tonnes de déchets collectées lors des différentes opérations.
Pour accompagner les participants, 75 rouleaux de sacs et plusieurs centaines de paires de gants ont été distribués. Selon les responsables présents, le Gard rhodanien a même été la première agglomération française à fournir directement ce matériel aux participants.
Sur le plan national, le World Clean Up Day représente chaque année plusieurs centaines de tonnes de déchets récupérés et des millions de mégots retirés de l’environnement.
Une attention particulière est cette année encore portée aux bonbonnes de protoxyde d’azote. Celles-ci doivent impérativement être isolées des autres déchets. Lorsqu’elles arrivent dans les installations de traitement, elles peuvent représenter un risque important d’explosion dans les fours.
Au-delà du problème environnemental, les élus ont rappelé la dimension sanitaire liée à l’usage détourné du protoxyde d’azote, devenu particulièrement accessible.
Des progrès sur le tri
Cette mobilisation s’inscrit plus largement dans la politique de réduction des déchets engagée par l’Agglomération. Les élus ont rappelé que la mise en place de la redevance incitative avait contribué à améliorer le tri sélectif tout en diminuant le taux de refus, qui avoisine désormais 12 % dans certains villages.
Le territoire constate également une baisse de près de 50 % des ordures ménagères parallèlement à une hausse équivalente du tri. Une évolution qui aurait permis de maîtriser les forfaits liés à la redevance incitative.
L’Agglomération poursuit également ses expérimentations à Orsan et Chusclan, où les collectes d’ordures ménagères sont testées avec un passage tous les quinze jours. Les résultats doivent permettre de déterminer si ce fonctionnement peut être étendu ailleurs, avec l’objectif d’éviter de faire circuler des camions de collecte lorsqu’ils ne sont pas nécessaires.
Malgré les progrès, les élus reconnaissent que l’on retrouve encore trop souvent dans les déchets résiduels du verre ou des matières qui auraient dû être orientées vers les filières de tri.
Pour les organisateurs, le Clean Up Day conserve donc toute son utilité. Au-delà du volume de déchets collectés, la journée doit surtout permettre de faire évoluer les comportements.
« Communiquer permet de toucher des personnes qui n’ont parfois pas conscience des conséquences d’un geste aussi simple que jeter un déchet par terre », a résumé Sébastien Corba.
Une fois récupérées et correctement triées, certaines matières peuvent d’ailleurs retrouver une véritable valeur. À l’image des canettes collectées par Knet Partage : elles ne sont alors « plus un déchet, mais une véritable matière » pouvant servir à financer des projets solidaires, parmi lesquels des actions d’équithérapie menées notamment à Paris, Saint-Denis, Amiens ou Strasbourg.



